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Forum de Kiev, le prince Harry et la discussion sur la responsabilité morale

L’aumônier militaire de la Fédération des communautés juives d’Ukraine Yakov Sinyakov a participé au 18ème Forum annuel de sécurité de Kiev. Le panel dans lequel il est intervenu était consacré à la paix, à la solidarité et à la responsabilité morale — des thèmes qui, aujourd’hui, ne résonnent pas pour l’Ukraine comme une diplomatie abstraite, mais comme une réalité quotidienne de la guerre.

Yakov Sinyakov représente la FCJU en tant qu’aumônier militaire et sert également comme aumônier du 7ème corps des troupes d’assaut aéroportées des forces armées ukrainiennes. Sa participation au forum a été un signal important : le soutien spirituel aux militaires, la résilience morale de la société et la défense du pays ne sont plus considérés séparément, mais comme des parties d’un même système de résistance.

Parmi les participants au forum se trouvait le prince Harry, duc de Sussex, fondateur de la Fondation des Invictus Games. Après sa visite à Kiev, il a qualifié l’Ukraine d’exemple de « leadership en temps réel » et a souligné que l’expérience ukrainienne de résilience, d’aide aux vétérans et de soutien aux militaires blessés établit de nouvelles normes internationales.

Pour le public israélien, ce sujet est particulièrement compréhensible.

Israël vit également dans une réalité où la sécurité, l’armée, la solidarité sociale et le soutien psychologique aux militaires ne sont pas une théorie. C’est pourquoi l’expérience ukrainienne de la guerre, de l’aumônerie et du travail avec les vétérans est aujourd’hui importante non seulement pour l’Europe, mais aussi pour les pays qui connaissent eux-mêmes le prix de la défense.

Les Tehilim en ukrainien comme signe de soutien spirituel

L'aumônier militaire de la FCJU Yakov Sinyakov au forum de Kiev : la paix exige non seulement des mots, mais aussi de la force
L’aumônier militaire de la FCJU Yakov Sinyakov au forum de Kiev : la paix exige non seulement des mots, mais aussi de la force

Lors du forum, Yakov Sinyakov a remis au prince Harry une édition de poche des Tehilim en ukrainien. Cette édition a été réalisée par le Centre d’édition de la FCJU, et le livre lui-même est distribué parmi les militaires ukrainiens comme source de soutien spirituel.

Ce geste est important non seulement symboliquement. Les Tehilim — un livre auquel la tradition juive se réfère dans les moments d’anxiété, de douleur, de danger et d’espoir. Dans le contexte militaire ukrainien, une telle édition devient une partie du soutien aux soldats qui traversent le front, les pertes, la fatigue et la tension constante.

La langue ukrainienne a aussi son importance ici. Ce n’est pas une traduction pour la forme, mais une tentative de parler aux militaires dans la langue du pays qu’ils défendent. Pour les juifs ukrainiens et pour les communautés juives d’Ukraine, c’est une autre façon de montrer : la participation à la défense du pays peut être à la fois militaire, spirituelle et sociale.

Un livre sur la défense de l’Europe et l’expérience ukrainienne de la guerre

Dans le cadre du forum, il y a également eu la présentation de l’édition ukrainienne du livre « Si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre. Plan de défense de l’Europe ». Rob Bauer, président du Comité militaire de l’OTAN de 2021 à 2025, et Eleonora Russell, conseillère en communication stratégique, sont venus personnellement à Kiev.

Leur participation souligne que la guerre ukrainienne a depuis longtemps cessé d’être seulement un sujet ukrainien. L’Ukraine est aujourd’hui à l’avant-garde d’une grande discussion sur la sécurité de l’Europe, la préparation des pays démocratiques à la défense et la capacité des sociétés à supporter une longue guerre.

Le sens de cette discussion est dur, mais réaliste : la paix ne vient pas d’elle-même. Elle exige de la force, de l’ordre, des alliés, de la préparation, des institutions solides et la volonté de défendre ses propres frontières.

Dans ce contexte, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency attire l’attention sur un détail important : l’expérience ukrainienne est de plus en plus discutée non seulement comme une tragédie de guerre, mais aussi comme une école pratique de survie pour d’autres pays. Pour Israël, où les questions de sécurité sont toujours liées à la vie des citoyens, cette perspective est particulièrement pertinente.

Pourquoi les paroles de Sinyakov sont importantes pour l’Ukraine et Israël

Lors de la discussion, Yakov Sinyakov a souligné que la paix exige non seulement de la diplomatie. Selon lui, pour une véritable paix, il faut de la force, de l’ordre et de la responsabilité.

C’est une position qui s’accorde bien avec l’expérience ukrainienne des dernières années. Quand un pays fait face à l’agression, les appels à la paix ne suffisent pas. Il faut une armée, des alliés, une unité intérieure, une clarté morale et la volonté de la société de ne pas transférer la responsabilité uniquement aux politiciens ou aux militaires.

Sinyakov a également souligné la dimension spirituelle de la lutte ukrainienne. La défense du pays, selon lui, n’est pas seulement une tâche militaire, mais aussi un devoir moral. Cette approche est importante pour comprendre le rôle des aumôniers en temps de guerre : ils ne remplacent pas les commandants et ne résolvent pas les tâches de combat, mais aident les gens à ne pas perdre leur soutien intérieur là où la pression devient presque inhumaine.

Pour Israël, cette discussion n’est pas étrangère non plus. Ici, on comprend bien que l’armée ne repose pas seulement sur la technique et les ordres. Elle repose sur la motivation, le lien avec le peuple, la mémoire, la foi, la responsabilité mutuelle et la compréhension de la raison pour laquelle une personne porte l’uniforme.

« Commencer par soi-même » : la principale conclusion de l’intervention

En conclusion, Yakov Sinyakov a formulé une pensée qui semble simple, mais qui prend un poids particulier en temps de guerre. Il a dit qu’il fallait commencer par soi-même — et commencer non pas plus tard, mais aujourd’hui.

« Nous devons commencer par nous-mêmes. Quand ? Justement aujourd’hui. L’avenir n’existe pas encore, hier est terminé, aujourd’hui est un cadeau du Très-Haut. C’est pourquoi aujourd’hui, il faut faire une bonne action », a résumé Sinyakov.

Dans cette phrase, il n’y a pas de rhétorique politique bruyante. Il y a ce qui s’avère souvent plus fort que les slogans : la responsabilité personnelle. Faire une bonne action aujourd’hui, soutenir un militaire, aider une famille, ne pas ignorer la douleur d’autrui, préserver la dignité, dire la vérité, ne pas s’habituer à la guerre comme à un arrière-plan.

C’est précisément à partir de telles actions que se construit la résilience de la société.

Le Forum de sécurité de Kiev est devenu une plateforme où la stratégie militaire, le soutien aux vétérans, la solidarité internationale et la responsabilité spirituelle se sont retrouvés dans une même conversation. La participation de Yakov Sinyakov a montré que la communauté juive d’Ukraine ne reste pas à l’écart de la guerre et de ses conséquences.

Elle aide, parle, soutient les militaires et rappelle : la défense du pays n’est pas seulement une question d’armes. C’est aussi une question d’esprit, de mémoire, de foi et de choix quotidien.