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La question de la reprise des liaisons aériennes civiles en Ukraine est de retour dans le débat public. Dans le contexte de la guerre à grande échelle, ces discussions sont prudentes mais persistent : le système aéronautique ukrainien se prépare à l’avenir, et les experts comparent de plus en plus le scénario ukrainien possible à l’expérience d’Israël.

À première vue, l’exemple d’Israël semble effectivement convaincant. Le pays vit depuis des décennies sous la menace de tirs de roquettes, fait face périodiquement à des escalades, mais l’aéroport international Ben Gourion reste une porte d’entrée aérienne cruciale pour le pays.

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Cependant, la comparaison directe entre Israël et l’Ukraine en matière d’aviation civile en temps de guerre est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Le cas ukrainien est lié non seulement à la menace de missiles, mais aussi à une guerre à grande échelle contre un État qui utilise des missiles de croisière, des balistiques, des drones, de l’aviation et des moyens de frappe à longue portée.

Pourquoi l’exemple d’Israël est important, mais ne peut être copié automatiquement

L’expert en aviation civile, l’entrepreneur ukraino-américain Mikhaïl Kouratchenko explique le 27 mai 2026 : le simple fait qu’Israël continue d’effectuer des vols internationaux pendant les crises militaires ne signifie pas que ce modèle peut être simplement transféré en Ukraine.

Selon lui, Israël montre que l’aviation civile peut fonctionner même sous des menaces constantes. Mais cela n’est possible que sous plusieurs conditions simultanées : une défense aérienne à plusieurs niveaux, une réaction rapide aux menaces, une coordination claire entre les structures militaires et civiles, ainsi qu’une confiance des transporteurs aériens internationaux dans le système de sécurité.

Pour Israël, ce n’est pas une théorie, mais une pratique de longue date. L’aéroport Ben Gourion fonctionne dans un pays où la sécurité aérienne est depuis longtemps devenue une partie de l’infrastructure nationale, et non une mesure de crise distincte en cas d’escalade.

Ce que montre l’expérience de Ben Gourion

Même après les attaques massives du Hamas en 2023 et les frappes des Houthis yéménites en 2024-2025, Israël n’a pas renoncé complètement aux liaisons aériennes internationales. Les vols ont été réduits, certaines compagnies aériennes ont temporairement annulé des vols, des pauses ont eu lieu après des incidents dangereux, mais le système a continué de reprendre son activité.

En mai 2025, une frappe près du territoire de l’aéroport Ben Gourion a entraîné une brève interruption des vols et l’annulation de certains vols internationaux. Cependant, le fonctionnement de l’aéroport a été rapidement rétabli.

C’est précisément cet épisode que les partisans de l’ouverture progressive du ciel ukrainien citent souvent. Ils voient en Israël un exemple de pays qui ne permet pas à la guerre de paralyser complètement l’aviation civile.

Mais il y a ici une différence fondamentale. Israël vit dans des conditions de risques élevés, mais le ciel ukrainien est fermé en raison d’une guerre d’une tout autre ampleur. L’Ukraine fait face non seulement à la menace de frappes de missiles isolées, mais à des attaques régulières sur l’ensemble du territoire du pays, y compris sur les infrastructures, l’énergie, la logistique et les villes.

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La principale barrière pour l’Ukraine — ce ne sont pas seulement les aéroports, mais aussi l’assurance

Kouratchenko souligne : même si l’Ukraine prépare techniquement certains aéroports à accueillir des passagers, cela ne suffira pas. L’importance cruciale résidera non seulement dans la sécurité des pistes, des terminaux et des itinéraires, mais aussi dans la volonté du marché de l’assurance de prendre en charge les risques.

L’avion peut être en bon état. L’aéroport peut passer toutes les procédures de préparation. Les services de contrôle aérien peuvent être prêts à fonctionner.

Mais si les compagnies d’assurance internationales ne sont pas prêtes à couvrir ces vols, les liaisons aériennes régulières ne démarreront pas. Pour un transporteur aérien, voler dans une zone de risque militaire élevé n’est pas seulement une question d’itinéraire, mais aussi une question de responsabilité juridique, financière et réputationnelle.

C’est pourquoi, dans le cas ukrainien, la sécurité et l’assurance deviennent en fait un seul nœud. On ne peut pas ouvrir le ciel par une simple décision politique si les compagnies aériennes et les assureurs ne voient pas un modèle de protection clair.

Pourquoi l’Ukraine diffère d’Israël aux yeux du marché aérien

Pour les transporteurs internationaux et les assureurs, il est important non seulement d’avoir une défense aérienne, mais aussi de connaître la nature de la menace. Israël dispose d’un système de protection unique, de procédures éprouvées et d’une longue expérience de travail dans des conditions d’escalades périodiques.

L’Ukraine, quant à elle, est en état de guerre à grande échelle avec la Russie. Cela signifie un autre niveau d’incertitude : la portée des frappes, l’ampleur des attaques, l’intensité de l’utilisation des drones et des missiles, le risque de changement soudain de la situation.

Pour le public israélien, cette nuance est particulièrement compréhensible. Les Israéliens savent bien que même un système de sécurité solide n’élimine pas complètement le risque. Il ne fait que le rendre gérable — si l’État, l’armée, les aéroports, les compagnies aériennes et les partenaires internationaux agissent dans une logique commune.

L’Ukraine doit prouver précisément cela : qu’un certain corridor aérien ou un aéroport spécifique peut être protégé non pas en paroles, mais dans un modèle opérationnel réel.

L’Ukraine prépare déjà l’avenir de l’aviation

Malgré le ciel fermé, le système aéronautique ukrainien n’est pas en pause. Un des signes importants de la préparation à la reprise future des vols est la participation de « Ukraerorukh » au projet européen Flight Centric ATC dans le cadre du programme SESAR, lié au concept de « Ciel unique européen ».

L’essence de l’approche réside dans l’abandon du modèle classique où l’espace aérien est divisé en secteurs rigides. Au lieu de cela, le contrôleur accompagne un vol spécifique indépendamment des frontières géographiques du secteur.

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Ce système aide à répartir plus efficacement la charge entre les contrôleurs, à construire des itinéraires plus flexibles et à réduire la consommation de carburant. Pour l’Ukraine, cela ne signifie pas une ouverture immédiate de l’espace aérien, mais crée une base pour une intégration plus rapide dans le système aéronautique européen après la fin de la phase active de la guerre.

Dans ce contexte, НАновости — Новости Израиля | Nikk.Agency considère l’expérience israélienne non pas comme un manuel prêt à l’emploi pour Kiev, mais comme un repère important : l’aviation en temps de menace n’est possible que là où la sécurité est transformée en un système compréhensible non seulement pour l’État, mais aussi pour les partenaires extérieurs.

Quel scénario semble le plus réaliste

La plupart des spécialistes évaluent prudemment les perspectives de reprise rapide des vols en Ukraine. Le scénario le plus discuté reste le lancement d’un nombre limité de vols internationaux depuis les régions occidentales du pays.

Cette option semble théoriquement plus réaliste, car l’ouest de l’Ukraine est plus éloigné de la ligne de front et plus proche de l’infrastructure de transport européenne. Mais même dans ce cas, il faudra une combinaison de plusieurs facteurs : garanties militaires, préparation technique des aéroports, coordination avec les régulateurs internationaux, soutien des compagnies aériennes et couverture d’assurance.

Sans cela, l’ouverture du ciel pourrait rester une déclaration politique, et non un modèle opérationnel.

Cependant, la préparation elle-même a déjà de l’importance. Plus l’Ukraine s’intègre dans les normes européennes de gestion du trafic aérien maintenant, plus elle pourra rétablir rapidement des liaisons aériennes complètes une fois que des conditions sûres seront réunies.

Ce qu’Israël peut apporter à l’Ukraine comme exemple

L’expérience israélienne montre l’essentiel : l’aviation civile en temps de guerre est possible, mais seulement si l’État est capable de convaincre le marché que le risque est contrôlé. Pour le passager, cela ressemble à un billet, un embarquement, un vol et une arrivée. Pour le système — c’est la défense aérienne, le renseignement, les contrôleurs, les protocoles de crise, les assureurs, les compagnies aériennes et la confiance en chaque maillon.

L’Ukraine peut utiliser cette expérience, mais ne pas la copier mécaniquement. Différentes échelles de territoire, différents types de menaces, différentes intensités de guerre et différentes géographies de l’espace aérien rendent la tâche ukrainienne beaucoup plus complexe.

Néanmoins, le simple fait que Kiev continue de se préparer à un avenir aéronautique est important. Cela montre que l’Ukraine pense non seulement à survivre à la guerre, mais aussi à revenir à une économie normale, à la mobilité internationale et aux connexions avec le monde.

Pour Israël, ce sujet n’est pas non plus abstrait. Il y a un intérêt direct : le ciel ukrainien, la sécurité des vols internationaux, les liens entre Israël et l’Ukraine, les voyages des rapatriés, les affaires, les itinéraires humanitaires, les familles de part et d’autre de la frontière.

C’est pourquoi la question ne se pose pas comme un détail technique aéronautique, mais comme une partie d’un tableau plus large : l’Ukraine pourra-t-elle, en combattant la Russie, créer un système de confiance tel que les vols internationaux redeviennent possibles.