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Le Kremlin voulait montrer la peur. L’effet inverse s’est produit

La Russie a de nouveau tenté de parler au monde avec le langage des menaces.

Cette fois, le signal est venu du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov. Après une conversation avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, il est devenu connu que la partie russe avait averti les ambassades étrangères que Kiev deviendrait prétendument « un endroit très dangereux » et avait recommandé aux diplomates, aux membres des missions et aux citoyens américains de quitter la capitale ukrainienne.

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Mais à Kiev, cet avertissement n’a pas eu l’effet escompté par Moscou.

Washington n’a pas annoncé d’évacuation. L’Union européenne n’a pas couru pour faire ses valises. Les diplomates occidentaux sont restés dans la ville, qui vit depuis cinq ans sous les missiles russes, les drones, les sirènes et les explosions nocturnes.

Marco Rubio a répondu presque froidement. Selon lui, Lavrov lui a parlé des avertissements que Moscou avait envoyés aux ambassades. Mais Kiev lui-même, a rappelé le secrétaire d’État américain, est depuis longtemps un endroit dangereux — non pas à cause d’un appel de Moscou, mais à cause de la guerre russe elle-même.

Et dans cette phrase résidait le sens principal.

La Russie n’a pas révélé une nouvelle menace au monde. Elle a simplement reconnu une fois de plus qu’elle continue le terrorisme contre la capitale d’un État européen.

« Nous n’irons nulle part » : l’Europe a répondu sans panique

La position de l’ambassadrice de l’Union européenne en Ukraine, Katarina Mathernova, a été encore plus ferme. Elle a déclaré que la Russie menaçait à nouveau les diplomates et les étrangers, les exhortant à quitter Kiev, mais que la mission européenne ne comptait pas partir.

Ce n’était pas une longue déclaration diplomatique. Plutôt — une réponse directe au chantage du Kremlin.

Moscou voulait créer une image : les ambassades étrangères ferment, les voitures avec des plaques diplomatiques quittent Kiev, les Ukrainiens voient que les partenaires ont peur. C’est ainsi que fonctionne la partie psychologique de la guerre russe. Le coup doit commencer non seulement dans le ciel, mais aussi dans la tête.

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D’abord — l’avertissement.

Ensuite — l’alarme.

Ensuite — les rumeurs, la panique, les rues vides, la sensation que la ville est laissée seule face aux missiles.

Mais cette fois, le Kremlin a obtenu une image complètement différente. Kiev n’est pas restée sans présence occidentale. Les diplomates ne sont pas devenus des participants à la mise en scène russe. Et la menace de Lavrov s’est transformée non pas en une démonstration de force, mais en une nouvelle preuve que Moscou mise de plus en plus sur la peur, car elle ne peut pas obtenir de victoire politique autrement.

Pour le public israélien, ce scénario est particulièrement compréhensible. Les Israéliens savent ce que c’est que de vivre sous la menace de frappes de missiles, lorsque l’ennemi frappe non seulement les bâtiments, mais aussi la stabilité sociale. Le terrorisme compte toujours sur une deuxième vague — non explosive, mais psychologique.

C’est pourquoi НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère cette histoire non seulement comme un épisode de querelle diplomatique entre Washington, Bruxelles et Moscou. C’est un exemple de la façon dont le terrorisme d’État tente de devenir un outil de politique internationale : menacer la capitale, faire pression sur les diplomates, effrayer les alliés de l’Ukraine et forcer l’Occident à la prudence là où la fermeté est nécessaire.

La menace de Lavrov n’est pas une force, mais un geste nerveux

Si l’on regarde la situation sans le bruit du Kremlin, l’image devient assez claire.

La Russie attaque déjà régulièrement l’Ukraine. Kiev et d’autres villes ont déjà subi des frappes massives de missiles, de « Shaheds », de balistique, d’attaques nocturnes combinées. Pour les Ukrainiens, ce n’est pas une théorie ni une nouvelle. C’est une réalité dans laquelle les gens se réveillent au son des sirènes, vérifient les messages sur les impacts, vont dans le métro, descendent dans les abris, et le matin retournent au travail, à l’école, à l’hôpital, au bénévolat et à l’armée.

C’est pourquoi la phrase « Kiev deviendra un endroit dangereux » sonne presque cynique.

Il est déjà dangereux — parce que la Russie l’a rendu ainsi.

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Mais le Kremlin ne voulait pas seulement avertir. Il voulait renforcer l’effet. Faire de la menace une nouvelle distincte. Forcer les capitales mondiales à discuter non pas de la défaite russe, ni de la résilience de l’Ukraine, ni de la nécessité de la défense aérienne, mais de la question : « N’est-il pas temps de quitter Kiev ? »

Cela n’a pas fonctionné.

Les missions occidentales sont restées. Et cela est devenu une réponse politique sans mots superflus.

Des missiles au lieu de la victoire : pourquoi Moscou choisit à nouveau le terrorisme

L’armée russe n’a pas pu briser rapidement l’Ukraine. Elle n’a pas pu prendre Kiev en 2022. Elle n’a pas pu transformer l’État ukrainien en ruine, gouvernée depuis Moscou. Elle n’a pas pu forcer les Ukrainiens à accepter l’occupation comme « nouvelle réalité ».

C’est pourquoi le système poutinien revient à l’ancienne méthode : frapper les villes et attendre que la société civile se fatigue avant l’armée.

Ce n’est pas une stratégie militaire de vainqueur. C’est la logique des terroristes qui tentent de compenser les échecs sur le front par des frappes sur la capitale, l’énergie, les quartiers résidentiels et les infrastructures.

Oui, la Russie est encore capable de produire des missiles. Oui, elle a encore des réserves. Oui, elle peut concentrer des moyens de frappe pour des vagues d’attaques distinctes. Et oui, de nouvelles attaques massives sur Kiev sont tout à fait probables.

Mais l’important est autre chose : il n’y a rien de fondamentalement nouveau là-dedans.

L’Ukraine est déjà passée par des nuits où le ciel au-dessus des villes était rempli de drones. Par des hivers où Moscou a tenté de laisser les gens sans lumière et sans chaleur. Par des frappes sur des immeubles résidentiels, des gares, des hôpitaux, des universités, des centres commerciaux. Par des tentatives de rendre la vie impossible.

Et chaque fois, le calcul était le même : que les gens aient plus peur qu’ils ne haïssent l’agresseur.

Poutine n’a jamais compris l’essentiel. Les frappes sur les villes ukrainiennes ne forcent pas les gens à « se rendre ». Elles rendent la société plus dure, plus rassemblée et plus en colère. Chaque maison détruite devient une preuve supplémentaire que les concessions au terrorisme ne l’arrêtent pas.

Ce que l’Occident doit comprendre

L’histoire des menaces de Lavrov est aussi un test pour les alliés de l’Ukraine.

Le problème n’est pas seulement que la Russie menace Kiev. Le problème est qu’elle teste jusqu’où elle peut aller si l’Ukraine manque de systèmes de défense aérienne, de missiles intercepteurs et de soutien politique pour une longue guerre.

Si Moscou voit un déficit d’aide occidentale, elle renforce le terrorisme. Si elle voit des hésitations, elle augmente les enjeux. Si elle entend des discussions sur un « gel » sans responsabilité de l’agresseur, elle le perçoit comme une invitation à faire pression davantage.

C’est pourquoi la réponse ne doit pas être l’évacuation des diplomates, mais le renforcement de la protection du ciel ukrainien.

Kiev a besoin non pas de formulations compatissantes après chaque attaque, mais de défense aérienne, de missiles pour les systèmes Patriot, de moyens modernes d’interception, de renseignements, de sanctions contre l’industrie militaire russe et d’un signal politique clair : le terrorisme n’apportera pas à Moscou une victoire de négociation.

Pour Israël, cette logique est également importante. Une région où la menace de missiles est depuis longtemps une partie de la sécurité comprend bien le prix des signaux faibles. Lorsque la tactique terroriste donne des résultats, elle se répète. Lorsque le chantage rencontre une réponse ferme, l’espace de manœuvre de l’agresseur se rétrécit.

Kiev est resté sur place — et c’est déjà une réponse à Moscou

Le Kremlin voulait que la menace de Lavrov soit le début d’une grande inquiétude.

Il en est sorti autrement.

Kiev continue de vivre. Les diplomates restent. L’Ukraine ne semble pas abandonnée. Et la rhétorique russe montre à nouveau l’essentiel : Moscou essaie toujours de gagner non pas par la force de l’avenir, mais par la peur du passé — avec des missiles, du chantage, des frappes nocturnes et l’habitude de parler aux voisins comme à des otages.

Mais la peur n’est pas devenue une capitulation.

Les ambassades occidentales n’ont pas quitté la capitale ukrainienne. Et ce fait est plus important que de nombreuses déclarations. Parce que dans la guerre des nerfs, parfois l’action la plus forte est simplement de rester là d’où l’on essaie de vous chasser par des menaces.

La Russie peut frapper à nouveau Kiev.

Mais elle n’a pas réussi à faire disparaître Kiev de la carte politique de l’Europe.