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La banque américaine JPMorganChase, dans son rapport de mai 2026 de son Center for Geopolitics intitulé « Ukraine Endgame: The Path to an Imperfect Peace », a décrit l’une des options les plus sensibles pour mettre fin à la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Selon les analystes, le modèle le plus probable n’est ni une victoire rapide ni une capitulation complète, mais ce qu’on appelle le « scénario finlandais » : l’Ukraine conserve sa souveraineté et son orientation occidentale, mais doit vivre avec les conséquences des pertes territoriales et des garanties de sécurité incomplètes.

Cela ne ressemble pas à la paix au sens habituel.

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Il s’agit plutôt d’une pause difficile après une grande guerre, où le front peut se figer, mais la menace elle-même ne disparaît pas. Pour Israël, cette logique est particulièrement compréhensible : la sécurité de l’État ne se définit pas seulement par des documents signés, mais par le fait qu’il dispose d’une armée, d’alliés, d’une économie, de technologies et du droit de répondre de manière autonome aux menaces futures.

Pourquoi JPMorgan parle-t-il précisément du modèle « finlandais »

Le rapport de JPMorganChase indique que la position de l’Ukraine s’est améliorée par rapport au début de 2025 grâce à un soutien européen plus fort et à l’avancement des garanties de sécurité occidentales. Cependant, les analystes soulignent que ces améliorations restent fragiles, et l’état final le plus probable de la guerre est un accord ressemblant au modèle finlandais, avec des concessions territoriales douloureuses, mais avec le maintien de la souveraineté ukrainienne et de l’intégration à l’Ouest.

Le sens de cette formule est désagréable pour Kiev.

L’Ukraine ne retourne pas dans l’orbite russe, ne devient pas un vassal de Moscou et ne perd pas sa subjectivité politique. Mais elle n’obtient pas non plus immédiatement le niveau de sécurité qui éliminerait définitivement le risque d’une nouvelle guerre.

C’est pourquoi le titre du rapport — « Le chemin vers une paix imparfaite » — ne sonne pas comme une métaphore diplomatique, mais comme un avertissement. La paix peut arrêter une partie des combats, mais ne résoudra pas nécessairement la question des territoires occupés, de l’avenir de l’armée ukrainienne, des garanties occidentales et de la dissuasion à long terme de la Russie.

La Finlande comme analogie historique, et non comme une recette prête à l’emploi

La comparaison avec la Finlande renvoie à la situation d’après-guerre, lorsque le pays, après des conflits avec l’URSS, a perdu une partie de son territoire, mais a conservé son indépendance, son système démocratique, son économie de marché et ses liens avec l’Occident.

Cependant, l’Ukraine n’est pas la Finlande du milieu du XXe siècle.

Elle a déjà traversé une invasion à grande échelle, des frappes massives sur les villes, la destruction des infrastructures, des millions de réfugiés et une lutte quotidienne pour le droit de rester un État indépendant. C’est pourquoi pour la société ukrainienne, toute option où la Russie conserve le contrôle d’une partie des territoires conquis sera perçue non pas comme un compromis prudent, mais comme un prix lourd et dangereux.

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Cependant, JPMorgan ne décrit pas un scénario souhaité, mais la trajectoire la plus probable du point de vue des risques géopolitiques. C’est là que réside le principal nerf du rapport : les analystes ne fixent pas la justice morale, mais l’équilibre des forces, de l’argent, des armes, de la diplomatie et de la volonté politique des alliés.

La guerre ne se limite pas seulement au front, mais aussi à la force de négociation

JPMorganChase part du principe que la guerre entre de plus en plus dans un état de confrontation prolongée, où la ligne de front ne change pas radicalement, et que l’issue future sera déterminée non seulement sur le champ de bataille. Plusieurs « théâtres » deviennent décisifs : diplomatique, militaire, financier et politique.

Cela ne signifie pas que le front a cessé d’avoir de l’importance.

Au contraire, chaque ville, chaque système de défense aérienne, chaque paquet de munitions et chaque frappe sur l’infrastructure militaire russe influencent la position de négociation de l’Ukraine. Mais si la guerre s’éternise, une autre question se pose : qui pourra maintenir le plus longtemps les alliés, le financement, la production de défense et la résilience intérieure.

Pour la Russie, il est important de pouvoir déclarer toute concession comme une victoire. Pour l’Ukraine, il s’agit d’éviter que le cessez-le-feu ne devienne un piège gelé, après lequel Moscou reconstituera ses forces et tentera à nouveau.

C’est pourquoi dans un tel scénario, la question des garanties de sécurité devient centrale. Sans elles, la « paix imparfaite » pourrait ne pas être la fin de la guerre, mais une station intermédiaire avant la prochaine escalade.

Ce qu’Israël doit voir ici

Pour le public israélien, ce sujet n’est pas une analyse européenne lointaine.

Israël sait bien que l’absence formelle de grande guerre ne signifie pas toujours une véritable sécurité. Un État peut vivre dans des conditions de menace constante, renforcer son armée, développer des technologies, dépendre du soutien des alliés et comprendre que si la dissuasion s’affaiblit, l’ennemi testera à nouveau les frontières.

C’est pourquoi le rapport de JPMorgan mentionne également un « scénario israélien » pour l’Ukraine. Ce modèle suppose un État fort, armé, soutenu de manière stable, sans extension directe de la protection complète de l’OTAN et sans présence militaire étrangère importante. Mais la probabilité de ce scénario, selon les analystes, est nettement inférieure à celle du « scénario finlandais ».

Au milieu de cette discussion, НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency voit la question principale non seulement pour Kiev, mais aussi pour Jérusalem : un pays sous menace constante peut-il conserver sa liberté d’action si les garanties internationales restent incomplètes et si l’ennemi perçoit le compromis comme une faiblesse ?

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La réponse à cette question sera importante non seulement pour l’Ukraine.

Elle concerne tout le système de sécurité dans lequel vivent les petits et moyens États à côté de régimes agressifs.

Cinq scénarios : du sud-coréen au biélorusse

JPMorganChase envisage plusieurs modèles possibles pour l’avenir de l’Ukraine. Dans l’évaluation publiée, le « scénario finlandais » a obtenu la plus grande probabilité — 50 %. Le « scénario géorgien » est évalué à 30 %, le « scénario israélien » à 10 %, et les variantes de type Corée du Sud et Biélorussie à 5 % chacune.

Le scénario le plus fort pour l’Ukraine est le sud-coréen.

Il implique des garanties de sécurité strictes, un véritable parapluie militaire occidental et une architecture de protection telle qu’une nouvelle attaque de la Russie serait trop risquée. Mais JPMorgan évalue cette voie comme peu probable, car elle nécessite des États-Unis et de l’Europe une position beaucoup plus résolue.

Le « scénario israélien » semble plus proche de la réalité d’un État fort armé, vivant dans un environnement dangereux, mais recevant un soutien à long terme, modernisant son armée et créant sa propre dissuasion.

Le « scénario géorgien » est plus dangereux. Il ne signifie pas une capitulation immédiate, mais un affaiblissement progressif : une zone grise, la fatigue des alliés, le ralentissement de la reconstruction, l’instabilité intérieure et le risque de retour de l’Ukraine dans l’orbite de l’influence russe.

Le scénario le plus sombre est le biélorusse.

Ce n’est plus un compromis, mais une perte effective de subjectivité. L’Ukraine dans ce modèle devient un territoire dépendant de Moscou, et l’Occident reconnaît son incapacité à maintenir le système de sécurité après la plus grande guerre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pourquoi le « scénario finlandais » ne doit pas être confondu avec un plan de paix

Le rapport de JPMorgan n’est pas une proposition pour que l’Ukraine accepte la perte de territoires et n’est pas un document diplomatique déjà sur la table des négociations. C’est une carte analytique des risques, écrite pour évaluer la fin possible de la guerre et ses conséquences pour l’Europe, les États-Unis et la sécurité mondiale.

Kiev parle toujours de souveraineté et d’intégrité territoriale.

Moscou tente de consolider les résultats de l’agression et de présenter toute concession de l’Ukraine comme une preuve de sa propre force. L’Europe, selon les conclusions de JPMorgan, a renforcé son soutien à Kiev, mais n’a pas encore créé un système de garanties qui transformerait le cessez-le-feu en une paix véritablement durable.

C’est là que réside le principal problème.

Si l’agresseur obtient une partie de ce qu’il souhaite, même sans obtenir une victoire complète, d’autres régimes étudient attentivement cette expérience. Ils regardent jusqu’où ils peuvent aller, combien l’Occident peut supporter, où se situe la limite du soutien et quelles concessions peuvent être arrachées sous la menace d’une guerre future.

Pour Israël, cela résonne particulièrement fort. La sécurité régionale repose toujours non pas sur l’espoir que l’ennemi change d’avis, mais sur la capacité de le convaincre qu’une nouvelle attaque coûtera trop cher.

C’est pourquoi le débat sur le « scénario finlandais » n’est pas seulement une discussion sur l’avenir de l’Ukraine. C’est une question de savoir quel sera l’ordre mondial après cette guerre : un système qui arrête l’agresseur, ou un système qui apprend à la victime à vivre avec les conséquences de l’agression, en appelant cela une « paix imparfaite ».