Le gouvernement allemand, avec les principales institutions mémorielles dédiées à la mémoire des victimes de l’Holocauste, a publiquement interpellé les plateformes sociales pour exiger un renforcement de la lutte contre les images falsifiées créées à l’aide de l’intelligence artificielle. Il s’agit de contenu visuel qui remplace ou déforme les événements de la Seconde Guerre mondiale et détruit l’exactitude historique.
Le problème n’est plus marginal. Selon les estimations des centres mémoriels eux-mêmes, ces images se répandent massivement, souvent sous couvert de « reconstructions » ou « illustrations », et sont de plus en plus utilisées à des fins commerciales et politiques.
Vague de contenu IA déformant l’histoire
Les complexes mémoriels sur les sites des anciens camps nazis signalent une augmentation de ce qu’on appelle le AI Slop — un contenu visuel de mauvaise qualité qui exploite la tragédie de l’extermination de plus de six millions de Juifs. Ces images sont souvent créées pour des clics et des revenus publicitaires, mais elles contribuent parallèlement à brouiller les faits et alimentent des récits révisionnistes.
Les centres mémoriels de Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau et plusieurs autres institutions ont signé l’appel. Leur position est claire : les images falsifiées liées à l’Holocauste doivent soit être clairement marquées comme générées par IA, soit être supprimées, et leur monétisation bloquée.
Soutien étatique aux exigences des mémoriaux
Le ministre de la Culture et des Médias d’Allemagne, Wolfram Weimer, a publiquement exprimé sa solidarité avec l’initiative des institutions mémorielles. Il a déclaré que la question du marquage et de la suppression du contenu IA déformant l’Holocauste dépasse le cadre d’une discussion technique.
Selon lui, c’est une question de respect pour la mémoire des millions de victimes du régime nazi et de responsabilité des plateformes numériques pour les conséquences de la diffusion de ce type de contenu. Dans certains cas, a souligné le ministre, la suppression doit être sans alternative.
Contexte : scandale autour d’une vente aux enchères
Dans le contexte de la discussion sur la responsabilité de la mémoire historique, un autre épisode douloureux a refait surface. À l’automne, il a été révélé que la maison de vente aux enchères allemande Felzmann prévoyait de mettre aux enchères une collection privée d’objets liés aux victimes des crimes nazis.
La situation a pris une dimension interétatique. Le ministre des Affaires étrangères de Pologne, Radosław Sikorski, a discuté de la question avec son homologue allemand, Johann Wadephul, insistant sur le transfert des artefacts à Auschwitz-Birkenau.
Wadephul a fermement condamné l’idée même de cette vente aux enchères, soulignant l’inadmissibilité de la commercialisation de la tragédie et de la transformation de la mémoire des crimes nazis en objet de commerce.
Ensemble, ces événements montrent que la lutte pour la vérité historique se mène aujourd’hui non seulement dans les musées et les archives, mais aussi dans l’espace numérique, où les algorithmes peuvent amplifier les distorsions plus rapidement que jamais. C’est pourquoi la question de la responsabilité des plateformes devient cruciale — pour l’Europe et pour tous ceux qui considèrent la mémoire de l’Holocauste non comme un sujet d’interprétation, mais comme un fait historique.
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