Le matin du mercredi 28 janvier 2026, le ministère de la Santé d’Israël a publié un rapport sommaire sur le fonctionnement du système de santé pendant plus de deux ans de guerre. Formellement — des statistiques. En réalité — un document qui fixe le moment de la rupture et le prix que la société continue de payer.
Les premières heures de l’attaque du 7 octobre sont décrites dans le rapport sans euphémismes. Les médecins admettent franchement : le système n’a pas fonctionné. Il n’y avait pas de vision d’ensemble de la situation, pas de compréhension de l’ampleur, le mécanisme d’action en situation d’urgence ne s’est pas enclenché. Les médecins et les hôpitaux ont dû improviser, réagissant non pas selon des plans, mais au flux des blessés arrivant.
La communication avec le Sud du pays était absente à un moment critique. Les services médicaux ne savaient pas ce qui se passait exactement, combien de blessés attendre et où précisément. Les décisions étaient prises « sur le fait » — au fur et à mesure de l’arrivée des personnes aux urgences, sans données préalables ni coordination.
Le rapport mentionne séparément le travail du Centre de médecine légale. Pendant la période de guerre, 1 765 procédures d’identification y ont été effectuées. Parmi elles — 86 otages. C’est un chiffre sec, derrière lequel se cachent des mois d’incertitude pour les familles et la charge sur les spécialistes travaillant à la limite des capacités humaines.
Les hôpitaux du pays ont accueilli et soigné environ 24 000 blessés pendant la guerre. Il ne s’agit pas d’une aide à court terme, mais d’un traitement complet — opérations, réhabilitation, suivi médical prolongé. Le système a résisté au choc physique, mais le rapport montre clairement : les conséquences de la guerre ne s’arrêtent pas là.
Le bloc le plus préoccupant du document — la santé mentale. En 2025, 435 000 personnes ont été traitées dans les cliniques psychiatriques d’Israël. C’est 30 % de plus qu’avant la guerre, en 2022. Au cours de la même période, les spécialistes ont mené environ 3,5 millions de séances thérapeutiques — avec la participation de psychiatres, psychologues, travailleurs sociaux et art-thérapeutes. L’augmentation par rapport à la période d’avant-guerre est de 42 %.
Ces données montrent la guerre sans bulletins de front. À travers des cliniques surchargées, des files d’attente pour les spécialistes, l’épuisement du personnel médical et des personnes qui, formellement « à l’arrière », vivent dans un état de tension constante. C’est précisément cette couche de conséquences qui devient aujourd’hui un défi clé pour le système de santé — et pour l’État dans son ensemble.
Le rapport du ministère de la Santé fixe non seulement le passé, mais aussi les bases pour l’avenir : sans conclusions et changements systémiques, la prochaine situation d’urgence pourrait à nouveau prendre le pays au dépourvu. Et dans ce contexte, les statistiques cessent d’être un ensemble de chiffres et se transforment en un avertissement qu’on ne peut ignorer — tant pour la société que pour ceux qui prennent les décisions. НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency