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Ce matériel est basé sur le reportage de Édouard Dox, le 28 janvier 2026, spécialement pour la publication «Vesti», préparé à Kiev. La rédaction retranscrit et structure les témoignages des témoins oculaires, en préservant la texture et les voix des personnes qui se sont retrouvées au cœur de la crise énergétique.

L’histoire d’Evguenia Besfamilnaïa — une retraitée de Kiev ayant survécu à l’Holocauste et décédée dans son propre appartement le 27 janvier — est devenue le symbole de ce qu’est devenue l’hiver en Ukraine. Après cette tragédie, la discussion sur la guerre a cessé d’être uniquement militaire. Elle est devenue domestique, glaciale et mortellement concrète.

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En hiver 2026, l’Ukraine traverse la crise énergétique la plus grave depuis le début de la guerre à grande échelle. Les frappes systématiques de l’armée russe sur les infrastructures civiles ont privé des millions de personnes d’électricité, de chaleur et d’eau. Ces choses de base ne sont plus perçues comme une norme — elles sont devenues une variable dépendant de la prochaine attaque.

Cela se ressent particulièrement à Kharkiv et Odessa — des villes avec une géographie de guerre différente, mais des conséquences humanitaires tout aussi lourdes.

À Kharkiv, la situation reste l’une des plus difficiles du pays. Après de nouvelles frappes nocturnes sur les infrastructures énergétiques, jusqu’à 80 % de la ville s’est retrouvée sans approvisionnement électrique stable. Les arrêts de transport, les interruptions d’eau et de communication, l’absence de chauffage dans les quartiers résidentiels sont devenus partie intégrante du quotidien.

Les équipes d’urgence travaillent 24 heures sur 24. Des sources d’alimentation de secours sont utilisées, mais la restauration est constamment perturbée par de nouvelles frappes. La ville vit dans un rythme répétitif : attaque — restauration — nouvelle attaque. Les autorités demandent d’économiser les ressources et de suivre les informations officielles, comprenant que la situation change littéralement d’heure en heure.

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Dans ce contexte, les communautés jouent un rôle particulier. La communauté juive de Kharkiv soutient depuis quatre ans de guerre les personnes âgées, les familles avec enfants et ceux qui n’ont pas pu partir. Les classes d’apprentissage dans le sous-sol de la synagogue, les colis alimentaires, les vestes chaudes et les couvertures sont aujourd’hui plus importants que tout rapport formel.

Selon les représentants de la communauté, le générateur diesel de la synagogue devient souvent la seule source de lumière et de chaleur. En même temps, le travail des énergéticiens et des services publics de Kharkiv est souligné : malgré les frappes constantes, ils relèvent encore et encore le système détruit.

À Odessa, le tableau est différent en forme, mais pas en substance. La ville est loin de la ligne de front, mais subit des frappes régulières. Après l’une des dernières frappes, des habitations du centre ont été endommagées, des dizaines de personnes ont été blessées. Les frappes ont touché les infrastructures énergétiques, entraînant des coupures massives.

Dans plusieurs quartiers, la lumière, le chauffage, l’eau et la communication disparaissent simultanément. L’approvisionnement électrique est fourni selon des schémas de secours, avec des interruptions constantes. Les infrastructures critiques ont la priorité, mais pour les appartements ordinaires, cela signifie froid et obscurité.

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Les personnes âgées et les déplacés sont les plus vulnérables. Semion Vainblat, un poète et traducteur de 89 ans d’Odessa, se souvient que la lumière dans son quartier n’est fournie que quelques heures par jour. Les radiateurs sont à peine tièdes, l’eau doit être économisée, et il faut se réchauffer en portant des vêtements chauds et sous plusieurs couvertures.

Il se souvient bien de la Seconde Guerre mondiale, mais reconnaît que l’actuelle se distingue par l’ampleur des technologies de destruction. Les missiles balistiques, les drones, les frappes ciblées sur les infrastructures font de l’hiver une arme. Dans son quartier, il n’y a pas d’abris, donc lui et sa femme respectent la règle des « deux murs », restant à la maison même pendant les alertes.

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La survie est aidée par l’aide des organisations caritatives : nourriture, médicaments, et là où c’est possible — charbon et bois. Après une récente opération, Semion sort à peine de chez lui, et toute la vie quotidienne repose sur les épaules de son épouse.

Parmi les habitants d’Odessa, il y a beaucoup de déplacés. Vladimir et Tatiana Fedorov ont quitté Kherson à l’automne 2022, après des mois de vie sous occupation. Leur maison a été endommagée par les frappes, et leur chien est mort d’une crise cardiaque à cause des explosions constantes. À Odessa, ils prévoyaient de rester peu de temps, mais ils y vivent depuis quatre ans.

Aujourd’hui, leurs pensions suffisent à peine pour le loyer et les services publics. Le transport gratuit pour les retraités ne fonctionne pas à cause de la crise énergétique, et les minibus sont devenus un luxe. Il y a eu des cas où l’électricité a été coupée pendant quatre jours d’affilée — avec des températures négatives dans l’appartement. Ils se réchauffent avec des bouteilles d’eau chaude, des bouillottes et ce qu’ils peuvent cuisiner sur la cuisinière — la nourriture est aussi devenue un moyen de se réchauffer.

Marguerite, une habitante d’Odessa, confirme : de nombreux quartiers sont sans lumière et sans chaleur, les femmes remplissent elles-mêmes les générateurs — il manque d’hommes. Les magasins permettent de recharger les téléphones et de boire du thé chaud. C’est souvent le seul soutien.

Elle admet que l’aide de l’État est presque imperceptible. Les pannes de services publics se produisent constamment, et il est difficile de les réparer à cause des frappes et du manque de spécialistes. « La ville tient grâce aux gens et à l’entraide. Mais pour combien de temps ? » — cette question est de plus en plus posée ici.

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La guerre énergétique a transformé l’hiver en un test de résistance, où la ligne de front passe par les cuisines, les chambres et les entrées. Ce texte est un récit du reportage de Édouard Dox pour « Vesti », complété par un contexte éditorial pour le public israélien. Ce sont précisément ces histoires humaines qui expliquent pourquoi ce qui se passe en Ukraine ne peut être perçu comme une géopolitique abstraite, comme le racontent systématiquement NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency.

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