À Jérusalem, l’un des projets archéologiques les plus longs des dernières décennies a été achevé. Après près de vingt ans de recherches, la Route des pèlerins, une rue en escalier vieille d’environ deux mille ans, directement liée à la vie religieuse et urbaine de l’époque du Second Temple, est ouverte au public.
Il s’agit d’un itinéraire d’environ 600 mètres reliant le bassin de Siloé dans la partie sud de la ville ancienne au Mont du Temple. Aujourd’hui, une grande partie de cette route passe sous terre — sous les quartiers résidentiels du quartier de Silwan. Pour préserver les constructions modernes, l’itinéraire est renforcé par des structures d’ingénierie spéciales en béton et en métal.
Selon les estimations de l’Autorité des antiquités d’Israël, la construction de la route a eu lieu dans les premières décennies de notre ère, pendant la période de domination romaine et le gouvernorat de Ponce Pilate. La largeur initiale de la rue atteignait huit mètres, et le revêtement était constitué de dalles de pierre herodiennes massives, posées avec une grande précision et conçues pour un flux piétonnier intense.
Comme le souligne НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, cette route n’était pas simplement un élément de l’infrastructure urbaine, mais un axe clé de Jérusalem religieux. C’est par elle que des centaines de milliers de pèlerins juifs montaient au Temple pendant Pessah, Chavouot et Souccot, parcourant le chemin de la purification — de la source d’eau au centre de la vie spirituelle.
Le haut degré de conservation du revêtement en pierre s’explique par un tournant tragique de l’histoire. Après la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 de notre ère, la route a cessé d’être utilisée, a été recouverte de débris et de couches de terre, et a été pratiquement conservée pendant près de deux mille ans.
Lors des fouilles le long de l’itinéraire, les archéologues ont découvert les vestiges de boutiques desservant les pèlerins, ainsi que des éléments d’infrastructure publique et cultuelle. Parmi les découvertes clés, une petite mikvé, un bassin rituel pour la purification, utilisé avant de monter au Temple.
Un intérêt particulier est suscité par un podium en pierre trouvé près de la route. Les chercheurs supposent qu’il était utilisé comme tribune pour des annonces officielles, des cérémonies religieuses ou des lectures publiques des rouleaux de la Torah, soulignant l’importance publique de cet espace.
Actuellement, les visiteurs peuvent emprunter l’itinéraire restauré du bassin ancien de Siloé au parc archéologique de Jérusalem près du Mur occidental. Seule une partie de la largeur initiale de la rue est exposée, mais elle permet néanmoins de ressentir l’échelle et la logique de la ville ancienne.
L’ouverture de la Route des pèlerins rétablit le lien spatial perdu entre les sanctuaires clés de Jérusalem. Pour la première fois depuis deux mille ans, ce chemin est à nouveau accessible — non pas comme un schéma ou une reconstruction, mais comme un espace réel que l’on peut parcourir de ses propres pas.
