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Les drones changent la carte de la guerre : ce qu’a déclaré Robert Brovdi « Madyar »

Le commandant des Forces des systèmes sans pilote des Forces armées ukrainiennes, Robert Brovdi, connu sous le nom de « Madyar », a déclaré que la Russie avait pratiquement perdu la notion de l’arrière sécurisé. Selon lui, les drones ukrainiens sont déjà capables d’opérer à une distance de 1500 à 2000 km à l’intérieur du territoire russe, frappant des cibles militaires, des installations de production et des infrastructures qui aident à financer la guerre contre l’Ukraine.

Cette déclaration a été faite lors d’une interview avec BBC News Ukraine et est devenue un signal important non seulement pour Kiev et Moscou, mais aussi pour les pays qui suivent de près l’évolution de la nature de la guerre moderne.

Il ne s’agit pas simplement d’une augmentation technique de la portée des drones. L’Ukraine montre que la profondeur du territoire russe ne garantit plus la sécurité des objets liés à l’armée, à la logistique, à l’énergie et à l’exportation de ressources.

Pourquoi la phrase sur « l’arrière pacifique » est-elle si importante

« Le territoire à une distance de 1500 à 2000 km à l’intérieur de la Russie n’est plus un “arrière pacifique”. L’“oiseau” ukrainien épris de liberté vole là où et quand il le souhaite », a déclaré Brovdi.

Le sens de cette phrase est que la guerre a cessé d’être pour la Russie quelque chose qui se passe uniquement sur la ligne de front ou dans les territoires occupés de l’Ukraine. Si une usine, une raffinerie de pétrole, un entrepôt, une logistique portuaire ou une infrastructure militaire travaillent pour l’agression russe, ils peuvent se retrouver en zone de risque.

Pour le public israélien, cette conclusion est particulièrement compréhensible. Israël vit depuis des décennies dans une réalité où la distance n’est plus toujours une protection : les missiles, les drones, les groupes proxy et les systèmes à longue portée changent le concept même de sécurité. C’est pourquoi l’expérience ukrainienne est actuellement étudiée attentivement non seulement par les analystes militaires, mais aussi par les États confrontés aux menaces de l’Iran et de ses alliés.

Frappes sur le pétrole : pourquoi l’Ukraine frappe-t-elle l’infrastructure énergétique de la Russie

Selon Brovdi, l’une des principales directions des frappes ukrainiennes est devenue les installations énergétiques russes liées à l’exportation. Ce n’est pas un choix de cibles aléatoire, mais une partie de la stratégie de pression sur la base économique de la guerre.

La Russie vend des ressources naturelles, reçoit des devises et transforme cet argent en missiles, drones, munitions et nouvelles attaques contre l’Ukraine. Dans cette logique, les raffineries de pétrole et l’infrastructure d’exportation deviennent non seulement des objets industriels civils, mais des éléments de la machine de guerre.

Brovdi a expliqué directement ce lien : Poutine extrait des ressources naturelles, les transforme en « dollars sanglants », puis ces fonds reviennent sur le champ de bataille sous forme de « Shaheds » et de missiles balistiques.

Quand une usine devient une cible militaire

La position ukrainienne repose sur une logique simple : si un objet aide à financer l’agression, il devient partie de l’infrastructure militaire. Cela concerne les entreprises, les nœuds logistiques et les capacités qui permettent à la Russie de maintenir des revenus d’exportation et de poursuivre la guerre.

Au milieu de cette histoire, il y a une leçon distincte pour Israël. НАновости — Новости Израиля | Nikk.Agency ont déjà attiré l’attention sur le fait que l’économie de guerre est tout aussi importante que le front : un missile commence non seulement à l’usine, mais aussi dans la chaîne de l’argent, des matières premières, de la logistique, des ports, des intermédiaires et des décisions politiques.

C’est pourquoi les frappes sur la logistique pétrolière de la Russie ont non seulement une signification militaire, mais aussi politique. Elles montrent que l’agresseur peut perdre de l’argent loin du front, et pas seulement de l’équipement et des forces vives sur la ligne de confrontation.

Ce que cela signifie pour la Russie, l’Ukraine et Israël

Selon les données précédemment annoncées par Brovdi, les frappes des Forces des systèmes sans pilote, du SBU, des Forces d’opérations spéciales et de la Direction principale du renseignement sur la logistique pétrolière de la Russie entraînent des pertes quotidiennes d’environ 100 millions de dollars. Il a également été signalé une réduction de l’expédition quotidienne de 880 000 barils, soit environ 120 000 tonnes.

Converti, cela représente environ 2000 wagons-citernes par jour. Pour l’économie russe, construite sur l’exportation de matières premières, de telles pertes deviennent un coup sensible.

Moscou tente de rediriger les flux, de chercher de nouvelles routes et d’adapter la logistique. Mais la nécessité même de réorganiser constamment le système d’exportation montre déjà que les frappes ukrainiennes changent les règles du jeu.

Pourquoi Israël devrait-il regarder attentivement cette expérience

Pour Israël, la campagne ukrainienne de drones à longue portée est importante pour plusieurs raisons.

Premièrement, elle montre comment un pays, sous des frappes constantes de missiles et de drones, peut développer une réponse asymétrique. Il n’est pas nécessaire d’avoir une énorme puissance aérienne pour créer une menace pour l’infrastructure de l’ennemi en profondeur.

Deuxièmement, cela concerne l’Iran. Les « Shaheds » russes sont directement liés aux technologies et aux approvisionnements iraniens, et le modèle même de la guerre par drones est depuis longtemps devenu un problème commun pour l’Ukraine et Israël.

Troisièmement, l’expérience ukrainienne démontre que la lutte contre l’agresseur ne se déroule pas seulement sur le champ de bataille. Les frappes sur l’économie, la logistique et l’exportation peuvent faire partie d’une stratégie défensive si ces ressources sont utilisées pour poursuivre la guerre.

La Russie avait l’habitude de considérer sa profondeur comme un avantage. Désormais, cette profondeur cesse d’être une garantie de sécurité. Et plus les drones ukrainiens augmentent la portée, la précision et l’intensité des frappes, moins Moscou a d’espace où la guerre semble lointaine.

Conclusion principale

La déclaration de Robert Brovdi « Madyar » n’est pas simplement une phrase accrocheuse pour les titres. C’est la description d’une nouvelle phase de la guerre, dans laquelle le territoire russe à une distance allant jusqu’à 2000 km n’est plus perçu comme une zone fermée hors de portée.

Pour l’Ukraine, c’est un moyen de réduire le potentiel militaire et économique de l’agresseur. Pour la Russie, c’est un signal que la guerre, commencée contre un pays voisin, revient par des frappes sur l’infrastructure qui alimente cette guerre.

Et pour Israël, c’est un autre rappel : à l’ère des drones, des missiles et des guerres hybrides, la sécurité ne se mesure plus seulement en kilomètres. Elle se mesure par la capacité à comprendre à l’avance la menace, à détruire les chaînes de financement de l’agression et à ne pas permettre à l’ennemi de se sentir impuni dans l’arrière profond.