Le rapport du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, présenté aux membres du Conseil de sécurité le 28 mai 2026, n’a pas été pour Israël un simple conflit supplémentaire avec l’organisation internationale. Pour la première fois, les forces de sécurité israéliennes ont été incluses dans la liste annuelle des structures qui, selon l’ONU, sont impliquées dans la violence sexuelle dans les zones de conflit armé.
Dès le 29 mai 2026, les détails du document sont devenus l’un des sujets marquants de l’actualité israélienne. La raison est claire : dans la même liste que le Hamas, l’État islamique, les armées du Soudan, de la Somalie et de la Russie, sont désormais nommés Tsahal, l’administration pénitentiaire israélienne — SHABAS, ainsi que l’unité spéciale de la police des frontières YAMAM.
Pour la société israélienne, c’est un sujet douloureux et explosif. Israël cherche depuis près de trois ans à obtenir la reconnaissance mondiale des crimes sexuels du Hamas le 7 octobre 2023 et de la violence subséquente contre les otages. Désormais, l’ONU forme un tableau où les accusations sont déjà dirigées contre les structures israéliennes.
Que dit exactement le rapport de l’ONU du 28 mai 2026
Le rapport indique que les forces de sécurité israéliennes sont responsables de crimes sexuels contre des prisonniers et détenus palestiniens. Les auteurs du document affirment séparément qu’une « culture de l’impunité » s’est enracinée dans le système, et que les coupables ne seraient pas pleinement tenus responsables.
Selon les données de l’ONU pour 2025, les structures de défense des droits de l’organisation ont vérifié 31 cas de violence sexuelle en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Ces cas sont répartis de manière inégale dans le temps. Selon l’ONU, 13 incidents se rapportent à l’année 2025. 18 autres cas ont été enregistrés pendant la période 2023-2024, c’est-à-dire après le début de la guerre qui a commencé après l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.
Parmi les victimes nommées dans le rapport figurent 14 hommes, 7 femmes, 9 garçons et 1 fille. Il est également affirmé que des journalistes et défenseurs des droits palestiniens ont été victimes.
Quelles violations décrit le document
L’ONU décrit non pas un type de violence, mais toute une chaîne d’actions : menaces de nature sexuelle, dénudement forcé, fouilles invasives injustifiées, blessures, viols collectifs, ainsi que viols avec des objets étrangers.
Le document mentionne également des cas de tirs sur les organes génitaux.
Pour Israël, c’est une partie particulièrement lourde du rapport. De telles formulations dépassent instantanément le cadre d’une enquête interne et deviennent un matériau pour la pression politique, juridique et médiatique internationale.
Où, selon l’ONU, les crimes ont-ils eu lieu
La liste des lieux où, selon l’ONU, les crimes auraient pu se produire, inclut la base militaire de Sde-Teiman, le centre de détention de la brigade territoriale « Etzion » et le poste de police de Gush Etzion.
Le rapport mentionne également les prisons de SHABAS : Megiddo, Ofer, Ramla, Ha-Sharon, Shita, Nafha et Damon.
Il est également question des points de contrôle et des opérations de sécurité en Cisjordanie. C’est un détail important : les accusations ne se limitent pas uniquement aux installations pénitentiaires fermées. L’ONU affirme en fait que le problème pourrait se manifester à différents points du système de détention, de contrôle et de détention des Palestiniens.
Pourquoi Sde-Teiman est-il devenu le symbole central des accusations
L’un des principaux épisodes du rapport est le camp de Sde-Teiman. C’est autour de lui que, même avant la publication du document actuel, de lourdes accusations de mauvais traitements envers les prisonniers palestiniens ont émergé après le début de la guerre.
Les auteurs du rapport se réfèrent à une enquête dans laquelle, selon eux, il existait des enregistrements vidéo, des témoignages médicaux et des données sur de graves blessures rectales. Cependant, le parquet, selon le matériel, n’a pas inclus dans l’acte d’accusation des articles sur la violence sexuelle ou le viol.
La date clé ici est mars 2026.
C’est alors que les poursuites pénales contre les militaires pour cet épisode ont été complètement abandonnées. Pour la Commission d’enquête indépendante de l’ONU, cela est devenu l’un des principaux arguments en faveur de la thèse de la « culture de l’impunité ».
Pour Israël, la situation est différente. À Jérusalem, on souligne traditionnellement que l’armée et les structures étatiques agissent dans des conditions de guerre contre une organisation terroriste, et que les décisions juridiques doivent être prises sur la base de preuves, et non sous la pression internationale.
Mais c’est ici que commence le principal conflit d’interprétations. L’ONU parle d’un problème systémique. Israël parle d’une tentative de créer une fausse symétrie entre une armée d’État et des terroristes.
Comment le rapport de B’Tselem de janvier 2026 s’inscrit-il dans ce tableau
En janvier 2026, l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a publié une mise à jour de sa grande étude de juillet 2024 « Bienvenue en enfer ». Ce rapport était consacré à la situation des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes et les centres de détention militaire d’octobre 2023 au début de janvier 2026.
La conclusion principale des défenseurs des droits était extrêmement sévère : ils affirmaient que les établissements pénitentiaires civils et militaires israéliens avaient été transformés en « réseau de camps de torture ».
Le rapport parlait de décès de prisonniers, d’interrogatoires sévères, de négligence médicale, de privation d’eau, de mauvaise alimentation, d’une épidémie de gale, de menottes en plastique serrées et de cas de blessures graves qui, selon les défenseurs des droits, conduisaient parfois à des amputations.
Au milieu de cette histoire, il est important de voir non seulement le scandale diplomatique, mais aussi le contexte israélien interne. NANouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency examine ces sujets précisément à travers ce cadre complexe : les crimes du Hamas du 7 octobre 2023 ne peuvent être effacés, mais les accusations contre les structures étatiques israéliennes ne peuvent être réduites à des slogans et des accusations mutuelles.
Réaction d’Israël : un débat non seulement sur les faits, mais aussi sur le cadre moral
Jérusalem officiel a réagi vivement. Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que les actions du secrétaire général de l’ONU étaient une « tentative cynique » de créer une symétrie fausse et artificielle entre les actions d’une armée d’État légitime et les atrocités sexuelles réelles et documentées des terroristes du Hamas.
C’est l’argument central d’Israël.
Du point de vue israélien, l’inclusion de Tsahal, SHABAS et YAMAM dans la même liste que le Hamas et l’État islamique détruit la frontière morale entre un État qui combat après le plus grand massacre de Juifs depuis l’Holocauste, et un mouvement terroriste qui, le 7 octobre 2023, a tué, violé, enlevé et maltraité des civils.
L’ONU, pour sa part, construit le document selon une autre logique. Il ne s’agit pas de comparer les idéologies, les objectifs ou la nature des parties, mais de la catégorie des crimes — la violence sexuelle en situation de conflit armé.
C’est pourquoi le débat autour du rapport est si aigu. Israël y voit une attaque politique et une tentative d’égaliser la victime avec le terroriste. L’ONU affirme qu’elle enregistre des violations concrètes, indépendamment de qui les commet.
Janvier 2025 : pourquoi la visite de Pramila Patten a échoué
Le rapport mentionne également une autre date importante — janvier 2025. C’est alors que la visite répétée de la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Pramila Patten, a échoué.
Ce n’est pas une figure aléatoire dans cette histoire. Auparavant, Patten avait participé à la préparation d’un rapport clé où les faits de violence sexuelle par le Hamas le 7 octobre 2023 étaient reconnus. Elle prévoyait ensuite de poursuivre l’enquête, y compris sur le traitement des prisonniers palestiniens.
Cependant, les autorités israéliennes, selon les données présentées, ne lui ont pas accordé l’accès aux installations de détention des Palestiniens.
Pour Israël, un tel refus pourrait faire partie d’une politique de méfiance envers les structures de l’ONU, que Jérusalem accuse depuis longtemps de partialité. Pour l’ONU, cela est devenu un obstacle à l’enquête et un autre argument en faveur de la conclusion sur la fermeture du système.
Que signifie le gel des contacts avec Guterres
Après l’apparition des premières fuites sur les ressources israéliennes ynet et The Jerusalem Post, la réaction de Jérusalem a été rapide. Le représentant permanent d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, avec le ministère des Affaires étrangères, a annoncé un gel complet des contacts avec António Guterres.
La partie israélienne a laissé entendre que les contacts officiels avec les structures du secrétaire général seraient suspendus jusqu’à la fin de son mandat et la nomination d’un nouveau chef de l’ONU.
Ce n’est plus simplement un scandale d’information. C’est une rupture diplomatique au sein de relations déjà tendues entre Israël et l’ONU.
Un autre aspect du problème est les données sur le nombre de Palestiniens dans les prisons israéliennes. Selon les informations présentées dans le matériel, malgré la libération de 1968 Palestiniens dans le cadre de l’accord d’octobre avec le Hamas, plus de 9000 personnes restent dans les prisons israéliennes. Environ 4000 d’entre eux sont détenus en détention administrative sans inculpation.
Ces chiffres renforcent l’intérêt international pour le sujet des prisons et des centres de détention.
Plus le système est fermé, plus les structures de défense des droits de l’homme ont des soupçons. Plus les rapports de l’ONU sont sévères, plus Israël répond vivement, rappelant le Hamas, le 7 octobre, les otages et le parti pris de longue date des organisations internationales.
La conclusion finale ici est désagréable pour toutes les parties. Israël se retrouve dans une situation où il doit simultanément défendre son armée, débattre avec l’ONU, répondre aux accusations concernant les prisons et ne pas permettre au monde d’oublier les crimes sexuels du Hamas le 7 octobre 2023.
Le rapport du 28 mai 2026 est important pour cette raison. Il n’est pas seulement devenu un document supplémentaire d’une organisation internationale, mais une partie d’une grande guerre pour le cadre moral : qui a le droit de parler au nom du droit, où se situe la frontière entre l’autodéfense et l’abus de pouvoir, et pourquoi même dans une guerre contre des terroristes, le système étatique ne peut se permettre de perdre sa responsabilité.