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Le monde est arrivé à une limite dangereuse, où parler de catastrophe nucléaire ne semble plus être un scénario abstrait du siècle dernier. Le célèbre physicien théoricien italien Carlo Rovelli, dans son livre «85 secondes avant minuit», avertit : le niveau actuel de menace nucléaire pourrait être le plus élevé de toute l’histoire de l’humanité.

Rovelli est connu non seulement pour ses travaux dans le domaine de la gravité quantique à boucles, mais aussi pour sa capacité à parler de science en termes simples. Cette fois, son sujet dépasse largement le cadre de la physique. Il parle de politique, de peur, de méfiance entre les États et de la rapidité avec laquelle le monde peut perdre le contrôle de la logique de dissuasion.

Selon The Guardian, l’idée clé de Rovelli est que les dirigeants modernes manquent de prudence et de vision stratégique que les politiciens de l’époque de la guerre froide démontraient. À cette époque, le monde était également au bord du gouffre, mais il y avait une compréhension entre les superpuissances : une guerre nucléaire ne peut avoir de vainqueur.

Aujourd’hui, selon le scientifique, cette compréhension est devenue plus faible.

Pourquoi Rovelli critique-t-il la nouvelle course aux armements

Carlo Rovelli s’oppose à l’accumulation d’armes en Europe et estime que le principal risque ne naît pas seulement de la puissance des armées, mais de la peur mutuelle. Lorsque les États cessent de se faire confiance, chaque nouvel armement est expliqué par la défense, mais pour l’autre partie, il semble être une préparation à l’attaque.

Le physicien évalue particulièrement sévèrement les discussions sur une possible invasion massive de la Russie en Europe. Selon lui, ces craintes sont exagérées. Rovelli rappelle que la Russie n’a pas pu atteindre rapidement ses objectifs même en Ukraine, et que les dépenses militaires combinées de l’OTAN dépassent largement celles de la Russie.

Cependant, sa position n’annule pas le fait de l’agression russe contre l’Ukraine. Il s’agit d’autre chose : le scientifique tente de montrer que la panique et la logique de renforcement constant peuvent conduire à une spirale encore plus dangereuse.

Le danger n’est pas seulement dans la guerre, mais dans les arsenaux nucléaires

La principale source d’inquiétude est les énormes stocks d’armes nucléaires. La Russie possède des milliers d’ogives nucléaires, et les États-Unis maintiennent également un arsenal important et le droit de riposte. Parmi les trois plus grandes puissances nucléaires, seule la Chine adhère officiellement au principe de non-utilisation en premier des armes nucléaires.

Rovelli estime que la situation est devenue particulièrement instable après que les armes occidentales ont commencé à être utilisées contre des cibles sur le territoire russe. Il s’inquiète de la possibilité même que Moscou puisse interpréter les frappes de missiles britanniques comme des frappes directes du Royaume-Uni.

Dans l’ancienne logique de dissuasion nucléaire, il existait une règle tacite : si un État possède des armes nucléaires, son territoire n’est pas bombardé directement. Maintenant, selon Rovelli, cette frontière s’estompe.

Pour Israël, cette discussion n’est pas quelque chose de lointain. La sécurité régionale, le programme nucléaire iranien, les guerres au Moyen-Orient, les frappes sur les infrastructures et la menace constante d’escalade font de la dissuasion nucléaire une partie de l’agenda politique réel. C’est pourquoi НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère ces avertissements non pas comme une discussion européenne abstraite, mais comme un signal pour le public israélien : l’instabilité mondiale se reflète rapidement au Moyen-Orient.

Qu’est-ce qui est commun entre l’Europe, le Moyen-Orient et la logique de la peur

Rovelli écrit que la militarisation est souvent alimentée non par la force, mais par le sentiment de vulnérabilité. Lorsque la société est convaincue que « si nous ne les détruisons pas, ils nous détruiront », l’espace pour la diplomatie se rétrécit brusquement.

Il établit des parallèles historiques avec l’agression du Troisième Reich et les conflits modernes au Moyen-Orient, soulignant : la violence renforce souvent la peur, et la peur justifie ensuite une nouvelle violence. Dans cette logique, chaque partie se considère comme défensive, même lorsqu’elle fait des pas qui rapprochent la catastrophe.

Pour le lecteur israélien, c’est une formule particulièrement reconnaissable. Israël vit dans un environnement où la sécurité n’est pas une théorie, mais une nécessité quotidienne. Mais c’est précisément pourquoi il est important de distinguer la véritable défense, l’hystérie politique et les décisions qui peuvent rendre la région et le monde moins sûrs.

«85 secondes avant minuit» : pourquoi cela sonne comme un avertissement

Le titre du livre de Rovelli est lié à la décision du « Bulletin des scientifiques atomiques » : en 2026, l’Horloge de l’Apocalypse a été réglée à 85 secondes avant minuit. C’est l’indicateur le plus inquiétant de l’histoire.

Le physicien ne tient pas une seule nation pour responsable, mais l’ensemble du cercle des dirigeants modernes — des dirigeants des États-Unis et de l’OTAN à la Russie, l’Iran et Israël. Selon lui, le monde manque de politiciens prêts à penser non seulement en termes de renforcement national, mais aussi en termes de survie de l’humanité.

Rovelli rappelle que ce sont précisément les scientifiques qui ont créé les armes nucléaires à l’époque. Mais il souligne également : la voix de la communauté scientifique a aidé les politiciens de la guerre froide à chercher une issue à la confrontation dangereuse. Un exemple de cela est le traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et plus courte, lié à l’époque de Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Nouvelle menace : les armes nucléaires dans l’espace

Dans le contexte de ces avertissements, le sujet du possible déploiement d’armes nucléaires en orbite est particulièrement notable. Le commandant du Commandement spatial de la Bundeswehr, le général de division Michael Traut, a déclaré que la Russie pourrait développer des technologies pour déployer des armes nucléaires dans l’espace.

Selon Politico, une explosion nucléaire en orbite ne ressemblerait pas à une frappe habituelle sur une ville ou une base militaire, mais pourrait désactiver une partie importante des satellites en orbite terrestre basse. Les conséquences d’un tel scénario seraient globales : la communication, la navigation, la coordination militaire, les systèmes financiers et l’infrastructure civile dépendent des satellites bien plus qu’il ne le semble à une personne ordinaire.

Un risque distinct est l’effet Kessler. C’est une réaction en chaîne de formation de débris spatiaux, où les collisions de débris créent de nouveaux débris, et certaines zones orbitales peuvent devenir inutilisables pendant des décennies.

C’est pourquoi l’Allemagne renforce déjà sa défense spatiale, développant des systèmes de brouillage, des technologies laser et son propre réseau de communication par satellite sécurisé pour la Bundeswehr.

La question finale de Rovelli ne sonne pas comme une formule scientifique, mais comme un défi politique : quel leader est prêt aujourd’hui à dire qu’au lieu de renforcer sans fin son pays, il veut rendre l’humanité plus sûre ?

Pour un monde où l’Ukraine continue de vivre sous les frappes, Israël fait face à des menaces sur plusieurs fronts, et l’Iran reste une partie de l’agenda nucléaire, cette question ne peut plus être considérée comme philosophique. Elle est devenue pratique.

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