Les dirigeants européens ont publiquement rejeté la tentative de pression des États-Unis après la déclaration de Donald Trump concernant l’imposition de nouveaux tarifs en raison du refus de soutenir l’idée d’acheter le Groenland. La formule clé de la réponse a été claire : aucune intimidation n’affectera la position de l’Europe — ni en ce qui concerne l’Ukraine, ni en ce qui concerne le Groenland.
Le prétexte a été le décret de Donald Trump imposant des tarifs de 10 % sur les importations en provenance du Danemark et de sept autres pays européens. La liste comprend la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande. Si un accord sur « l’achat complet et définitif du Groenland » n’est pas atteint d’ici le 1er juin, la Maison Blanche a promis d’augmenter les tarifs à 25 %.
Dans une publication du 17 janvier 2025 sur Truth Social, Trump a déclaré que « la Chine et la Russie veulent le Groenland », et que le Danemark, selon lui, « ne peut rien y faire ». Il a également souligné que seuls les États-Unis « sous la direction du président Donald J. Trump » sont capables d’agir efficacement dans cette situation. Les formulations ont été perçues en Europe comme une pression politique directe, déguisée en politique commerciale.
La réaction de Paris a été la plus ferme. Le président de la France Emmanuel Macron a écrit que les menaces tarifaires sont inacceptables et inappropriées, soulignant :
«Aucune intimidation et menace ne nous affectera — ni en Ukraine, ni au Groenland, ni ailleurs dans le monde».
Selon lui, en cas de confirmation des sanctions, l’Europe répondra « de manière unanime et coordonnée ».
Berlin a réagi de manière plus mesurée, mais sans illusions. Un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que l’Allemagne avait « pris note » des déclarations de Washington et décidera des mesures à prendre « en temps voulu ». Dans le même temps, l’association de l’industrie automobile allemande VDA a averti que des tarifs supplémentaires auraient un coût élevé pour l’industrie européenne et affecteraient les chaînes d’approvisionnement dans une période déjà difficile.
Copenhague a qualifié la décision des États-Unis d’inattendue. Le ministre des Affaires étrangères du Danemark, Lars Løkke Rasmussen, a souligné que le renforcement discuté de la présence militaire au Groenland vise à renforcer la sécurité dans l’Arctique, et non à revoir la souveraineté. Le même jour, des manifestations de masse ont eu lieu dans la capitale danoise : des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue avec des slogans « Le Groenland n’est pas à vendre » et « Make America Go Away ».
Londres a mis l’accent sur la logique alliée. Le Premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, a déclaré que le Groenland fait partie du Royaume du Danemark et que son avenir doit être décidé par les Groenlandais et les Danois eux-mêmes. Il a également noté que la sécurité dans l’Arctique est une question pour l’ensemble de l’OTAN, et que l’application de tarifs aux alliés pour leur contribution à la sécurité collective est une erreur.
Le contexte économique rend la situation encore plus aiguë. Les nouveaux tarifs sont annoncés dans un contexte de pression interne aux États-Unis en raison de l’augmentation du coût de la vie. Les économistes avertissent que les tarifs pourraient entraîner une hausse des prix d’une large gamme de produits — des médicaments aux composants aéronautiques. L’Allemagne, en tant que l’un des principaux fournisseurs de produits industriels et pharmaceutiques aux États-Unis, se trouve dans la zone d’impact direct.
Un aspect juridique ajoute une intrigue supplémentaire. Trump s’appuie sur la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale, mais la Cour suprême des États-Unis doit bientôt déterminer s’il est permis de l’appliquer contre certains pays de cette manière. Cette décision pourrait soit légitimer l’escalade tarifaire, soit la transformer en un geste politique sans base juridique solide.
Dans ce contexte, Bruxelles accélère la diversification du commerce extérieur. La signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du MERCOSUR a été un signal : l’Europe se prépare à établir des liens économiques en contournant la pression américaine. Ursula von der Leyen a qualifié le document de choix pour un « commerce équitable au lieu de tarifs » et un partenariat à long terme.
L’histoire avec le Groenland ressemble de moins en moins à une initiative excentrique et de plus en plus à un test de la capacité de l’Europe à répondre au marchandage de force. Pour l’instant, les capitales européennes montrent une rare unité dans les formulations. La question est de savoir si les mots selon lesquels « aucune intimidation n’affectera » se transformeront en actions concertées — ou si le levier tarifaire deviendra la nouvelle norme des relations transatlantiques, suivies de près en Israël, dans l’UE et aux États-Unis sur les pages de НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency.