En Iran, sur fond de manifestations massives, une panne sévère de Starlink a été enregistrée : selon Iran Wire et des observateurs spécialisés, le pays a trouvé un moyen de bloquer le signal de l’internet par satellite. Simultanément, les autorités ont coupé les réseaux de communication internationaux et internes, y compris les services d’accès par satellite, pour limiter la diffusion de l’information.
L’élément clé de cette histoire est la nature des interférences. Le chercheur en internet Amir Rashidi a déclaré qu’au début, environ 30 % du trafic de Starlink avait été interrompu, puis le chiffre a grimpé à plus de 80 %. Ce ne sont plus des interruptions « ordinaires », mais des signes de blocage systématique et à grande échelle.
Technologie de brouillage qualifiée de « niveau militaire »
Rashidi souligne qu’il s’agit d’interférences similaires au fonctionnement d’équipements de classe militaire, et auparavant, de tels signaux contre Starlink n’avaient pas été enregistrés en Iran. Selon lui, la technologie utilisée est complexe, nécessite le déploiement de nombreuses sources d’interférences et ne ressemble pas à une improvisation de fortune.

Une version distincte concerne l’origine : soit la solution a été développée en Iran, soit l’équipement et les compétences ont pu être obtenus de l’extérieur — la Russie ou la Chine étant mentionnées en premier lieu. Il est également noté que les « brouilleurs » sont répartis de manière inégale dans le pays, de sorte que la qualité de Starlink peut varier considérablement selon l’endroit : dans certains endroits, la connexion passe encore, tandis qu’ailleurs, elle disparaît presque complètement.
Pourquoi Starlink est devenu un nœud critique
Dans le contexte des coupures de l’internet ordinaire, Starlink était perçu comme le « dernier canal » par lequel les gens pouvaient accéder à un réseau non contrôlé, transmettre des vidéos, confirmer des événements, coordonner l’aide. Selon les estimations, le nombre d’abonnés Starlink en Iran a atteint 40 à 50 000 personnes.
À l’été 2025, lorsque l’Iran limitait déjà l’accès à l’internet, certains utilisateurs parvenaient à obtenir un accès non censuré précisément via le service par satellite. Par conséquent, la panne actuelle semble être une tentative de fermer cette échappatoire — non plus par des blocages administratifs des fournisseurs, mais par une action physique sur le canal radio.
Contexte des manifestations et du blocus de l’information
Les manifestations en Iran se poursuivent, les manifestants descendent dans les rues des grandes villes, y compris Téhéran et Mashhad. Il est rapporté que le nombre de morts dépasse la centaine et que des arrestations massives ont lieu. Les autorités avertissent parallèlement les États-Unis et Israël de ne pas intervenir et profèrent des menaces de représailles.
En raison de la coupure des communications et de l’accès externe au réseau, il devient de plus en plus difficile d’évaluer l’ampleur des manifestations et le niveau de violence. C’est pourquoi à l’étranger, on craint que le blocus de l’information ne crée des conditions pour des répressions plus sévères : lorsqu’il n’y a pas de vidéos, pas de confirmations, pas de chroniques indépendantes — la réalité est plus facile à « réécrire ».
Le président des États-Unis, Donald Trump, a publiquement exprimé son soutien aux manifestants, utilisant des formulations sur la « liberté » de l’Iran et la volonté des États-Unis d’aider. Dans le contexte de cette déclaration, Téhéran renforce sa rhétorique sur « l’ingérence extérieure », et la lutte technologique autour des communications devient une partie de l’escalade politique.
Chine, Russie et « essais sur le terrain » sur le territoire iranien
Dans le domaine de l’information, une version est discutée selon laquelle l’Iran pourrait être devenu une plateforme où sont testées en pratique des méthodes de suppression des communications par satellite. Selon une ligne de messages, la Russie pourrait avoir fourni l’équipement, et la Chine — des recherches et des instructions appliquées pour supprimer le signal dans la bande Ku.
Il est souligné séparément qu’il existait auparavant une opinion répandue : les satellites en orbite terrestre basse sont plus difficiles à « brouiller », et le réajustement fréquentiel de Starlink le rend résistant. Mais l’épisode actuel remet en question cette conviction, car l’ampleur de la panne semble être une preuve de l’efficacité de l’approche.
Une autre conclusion importante est la différence entre la protection logicielle et matérielle. SpaceX avait précédemment adapté le logiciel en Ukraine pour contrer les interférences, mais dans le cas iranien, le problème, selon la version discutée, pourrait être plus profond — au niveau matériel et de la densité des sources de brouillage au sol.
Ce que cet épisode signifie au-delà de l’Iran
L’histoire de Starlink en Iran ne concerne pas seulement la censure et les manifestations. C’est un signal que l’internet par satellite, qui était perçu comme « inarrêtable », peut se révéler vulnérable en présence de ressources, de technologies et de volonté politique.
Pour la région, cela signifie une augmentation du rôle des communications en tant qu’arme : d’abord, on éteint les fournisseurs, puis on écrase les réseaux mobiles, puis on s’attaque au canal satellite. Et pour le monde extérieur — le risque d’une nouvelle norme, où les régimes ne se contenteront pas de bloquer les sites, mais tenteront de supprimer physiquement l’infrastructure de communication.
C’est pourquoi cette histoire dépasse le cadre de la « nouvelle technique » : sur fond de manifestations, de menaces et d’isolement informationnel, l’Iran montre un modèle que d’autres pourraient vouloir reproduire — et en ce sens, NAnovosti — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency constate que la lutte pour la communication devient l’un des principaux fronts des crises modernes.