Le mystère sur lequel des générations de chercheurs se sont penchées a enfin été débloqué. Les scientifiques ont réussi à lire l’un des derniers textes cryptés des manuscrits de la mer Morte — des écrits créés il y a plus de deux mille ans et découverts dans des grottes sur la rive occidentale.
Il s’agit des manuscrits cryptiques dits de type B — deux fragments fortement endommagés, considérés pendant des décennies comme illisibles. Leur déchiffrement a été rendu possible grâce au travail du chercheur Emmanuel Oliveira de l’Université de Groningue aux Pays-Bas.
Pourquoi ces textes étaient considérés comme «illisibles»
Les fragments, connus sous les noms de 4Q362 et 4Q363, représentaient un ensemble de symboles étranges, ressemblant plus à des signes abstraits qu’à un texte cohérent. La taille minuscule des fragments — parfois seulement quelques millimètres — aggravait la situation.
Pendant des décennies, les scientifiques ont supposé qu’il s’agissait soit d’une langue inconnue, soit d’un code complexe sans clé. Cependant, la réalité s’est avérée différente et, paradoxalement, plus simple.
Oliveira a prouvé que chaque signe correspondait systématiquement aux lettres de l’hébreu. Le code lui-même n’était pas compliqué, mais sa «dissimulation» — des formes de lettres intentionnellement déformées, des contours doubles, une écriture irrégulière — a trompé les chercheurs pendant plus de 70 ans.
Ce que cachaient les lignes cryptées
Après le déchiffrement, il est devenu clair : les textes ont été créés par les membres de la communauté de Qumrân — une secte juive connue pour ses rituels stricts et sa vision apocalyptique du monde.
Les fragments mentionnent des concepts et des noms bibliques clés : Elohim, Israël, Jacob, Juda. Les thèmes centraux sont le jugement divin, le Messie à venir et la restauration des villes détruites.
Les chercheurs ont trouvé des parallèles avec les prophéties de Jérémie et de Malachie — principalement avec les motifs de fidélité à la communauté et de renaissance future d’Israël.
Pas une langue, mais un rituel
L’intérêt particulier réside dans la forme même de l’écriture. Le cuir sur lequel les inscriptions ont été faites a noirci et craquelé, et l’encre noire s’est déposée de manière inégale, créant l’illusion d’un alphabet «étranger».
Selon Oliveira, la police compliquée a été choisie délibérément. Ce mode d’écriture pouvait souligner le caractère sacré du texte et en limiter l’accès — seuls les initiés, peut-être les membres de l’élite sacerdotale, pouvaient le lire.
En d’autres termes, ce n’était pas un moyen de cacher le sens aux ennemis, mais une forme de code rituel interne.
Les énigmes qui demeurent
Même après le déchiffrement, les textes conservent des éléments de mystère. Ils mentionnent une tombe inconnue et certains «indicateurs» — peut-être des pierres tombales, dont la description ne correspond à aucune source biblique connue.
Cependant, les scientifiques n’ont découvert aucun «message mystique caché». La valeur de la découverte réside non pas dans les sensations, mais dans une compréhension plus profonde de la manière dont les anciennes communautés ont consigné leur foi, leurs peurs et leur attente de l’avenir.
Pourquoi c’est important aujourd’hui
Le déchiffrement des manuscrits cryptiques est une étape importante pour la bibliologie, l’histoire des religions et la compréhension des origines du judaïsme. Il confirme que même les fragments microscopiques du passé peuvent changer notre perception de la vie spirituelle et intellectuelle du monde ancien.
Une histoire de 70 ans s’est terminée non pas par une révélation fracassante, mais par un travail scientifique précis — et c’est là sa principale valeur. De telles découvertes et leur signification pour le présent sont suivies de près par НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency.
