La chute potentielle du régime des ayatollahs en Iran pourrait sensiblement modifier l’équilibre des forces autour de la guerre en Ukraine — principalement parce que pour Moscou, l’Iran est depuis longtemps devenu non seulement un partenaire politique, mais aussi un « arrière » opérationnel pour les armements et le contournement des sanctions.
Cela est mentionné dans l’analyse de RBC-Ukraine sur la vague de protestations en Iran et sur les conséquences possibles pour la Russie et l’Ukraine si le pouvoir à Téhéran change.
La thèse clé des experts est simple et très pratique : la disparition du régime iranien actuel signifie un risque de rupture des canaux d’approvisionnement en biens et composants militaires, y compris les drones, ainsi qu’un coup porté aux schémas par lesquels Moscou tente de maintenir les exportations et les achats dans des conditions de sanctions.
L’expert sur l’Iran de l’Institut israélien de sécurité nationale (INSS), ancien officier du renseignement israélien Beni Sabti, lie directement la stabilité du régime à Téhéran aux capacités de la Russie sur le front ukrainien. Selon lui, si le pouvoir actuel en Iran s’effondre, l’impact sur la Russie sera « très grand », car l’Iran cessera d’être une source d’approvisionnement — des drones à d’autres « munitions » nécessaires pour la guerre.
Actuellement, selon les estimations des sources et des experts, l’Iran fournit à la Russie une partie significative de ce qui aide à compenser les pertes et à maintenir le rythme de la guerre. En logistique, la route à travers la mer Caspienne est particulièrement mise en avant — elle est pratique car elle offre une liaison « Iran-Russie » sans risques de transit inutiles et sans dépendance directe des corridors de contrôle occidentaux.
Mais l’histoire ne s’arrête pas aux drones. Téhéran, comme le souligne le matériel, aide Moscou également dans l' »acrobatique » des sanctions : à travers des achats et des reventes, à travers des schémas avec le pétrole et le carburant, à travers des chaînes grises où les documents, les intermédiaires et les juridictions changent formellement — mais en réalité, un seul sens est conservé : donner à la Russie plus d’air sous la pression des sanctions.
Si ce mécanisme s’effondre, le préjudice pour la Russie pourrait être double. Premièrement, ce qui fonctionne déjà ici et maintenant sera perdu : les approvisionnements, les composants, les accords, les routes de transport, les réseaux d’intermédiaires. Deuxièmement, le prochain régime en Iran (s’il est plus pragmatique et orienté vers la sortie de l’isolement) pourrait ne pas vouloir répéter le modèle de « partenariat » avec Moscou, qui apporte toxicité et nouveaux risques de sanctions.
Le politologue iranien Amir Chahaki ajoute une autre couche — les sentiments publics. Selon lui, à l’intérieur de l’Iran, les émotions anti-russes sont fortes, et cela est important non pas comme un slogan, mais comme un facteur pour la future politique étrangère. Si la demande publique exige une distance du Kremlin, il sera plus difficile pour le nouveau pouvoir d’expliquer le maintien des anciennes relations.
Chahaki nomme deux raisons à ces sentiments.
La première — la mémoire historique : en Iran, on se souvient des périodes où la politique russe était perçue comme hostile, et où différents empires partageaient l’influence sur le pays. Ce n’est pas un sujet académique pour un manuel — c’est une « étagère émotionnelle » à laquelle on revient facilement en temps de crise.
La deuxième — l’association moderne de la Russie avec le soutien du régime des ayatollahs. La logique est simple : si le Kremlin est considéré comme l’un des protecteurs extérieurs du pouvoir actuel, alors la société protestataire transfère automatiquement son irritation sur Moscou. Chahaki souligne : de nombreux Iraniens ont tendance à accuser la Russie de leurs propres problèmes, exagérant parfois, mais voyant néanmoins la proximité de Téhéran avec le Kremlin comme un fait.
Pour l’Ukraine, ce lien est important dans deux directions. La première — militaire : moins d’approvisionnements iraniens et moins de possibilités de contourner les sanctions signifient des restrictions plus strictes pour la Russie en termes de ressources de guerre. La deuxième — diplomatique et de sanctions : un changement de pouvoir à Téhéran pourrait accélérer la réorganisation des alliances régionales et rendre plus difficile pour Moscou de maintenir un « club » de pays prêts à aider à contourner les règles.
Pour Israël, le sujet n’est pas non plus abstrait. L’Iran est l’une des principales sources de menaces pour la sécurité d’Israël et en même temps l’un des facteurs extérieurs alimentant la résilience russe dans la guerre contre l’Ukraine. Par conséquent, un possible changement de régime à Téhéran n’est pas une « nouvelle étrangère », mais un événement qui pourrait changer à la fois la configuration du Moyen-Orient et le théâtre européen de la guerre.
Cependant, le scénario « effondrement du régime = victoire automatique de l’Ukraine » serait trop simpliste. Un chaos transitoire pourrait succéder au régime, certaines structures pourraient subsister, et la politique étrangère pourrait ne pas changer instantanément. Mais dans tous les cas, pour Moscou, la disparition de Téhéran actuel en tant que partenaire fiable est une perte d’un canal stable qui fonctionnait contre l’Ukraine et indirectement contre les intérêts d’Israël.
C’est pourquoi le sujet des protestations iraniennes est de plus en plus entendu non seulement comme un drame interne du pays, mais aussi comme un facteur de grande guerre : lorsqu’un nœud autoritaire commence à vaciller, cela frappe les chaînes d’approvisionnement, les contournements des sanctions et les « collages » politiques sur lesquels repose la capacité de la Russie à poursuivre l’agression, — et dans ce contexte, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency constatent : l’effondrement possible du régime en Iran pourrait devenir l’un des événements qui changera la situation autour de l’Ukraine.
