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Le renversement du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 a marqué pour la Syrie une rupture brutale mais incomplète avec le passé. Le pouvoir a changé, le dictateur a fui, mais l’État ne s’est pas « réinitialisé ». Le pays est entré dans une période de transition complexe, où jouent un rôle clé non seulement les conflits internes et la lutte pour le contrôle, mais aussi les acteurs extérieurs.

Parmi eux, l’Ukraine. Non pas comme un symbole ou un arrière-plan humanitaire, mais comme un facteur réel du tournant syrien.

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Un moment remarqué par tous

Lorsque les forces de l’opposition dirigées par Ahmed al-Sharaa se sont approchées de Damas, ce n’était pas seulement la fuite d’Assad qui s’est avérée décisive, mais aussi l’absence d’intervention de la Russie. L’aviation, qui pendant des années avait sauvé le régime, ne s’est pas envolée au moment critique.

La raison était évidente. La Russie était concentrée sur la guerre contre l’Ukraine. Ressources, équipements, aviation — tout était dirigé vers un autre front. En Syrie, cela a été vu et compris.

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Mais il y avait aussi un deuxième élément, moins public. Selon les activistes et défenseurs des droits syriens, l’opposition a reçu un soutien de l’Ukraine pendant cette période. Les détails n’ont pas été révélés, mais le fait même n’est pas contesté en Syrie et n’est pas perçu comme une sensation.

Pourquoi l’Ukraine est devenue « des leurs »

Pour une grande partie de la société syrienne, l’Ukraine n’est pas un pays étranger ni un conflit abstrait. Depuis 2014, l’environnement anti-Assad a exprimé de manière cohérente sa solidarité avec les Ukrainiens, voyant en la Russie un ennemi commun.

L’aviation russe détruisait les villes syriennes. Les militaires russes aidaient à réprimer les manifestations. Les bases russes sont devenues un symbole de non-liberté. En ce sens, la guerre de la Russie contre l’Ukraine était perçue en Syrie comme la continuation de la même logique, mais sur un autre front.

Après la chute du régime, ce lien a cessé d’être seulement émotionnel et est devenu politique.

Le nouveau pouvoir et l’équilibre ukrainien

L’administration de transition à Damas s’est retrouvée dans une position extrêmement vulnérable. D’un côté, une économie détruite, des institutions faibles et un pays fragmenté. De l’autre, la nécessité de chercher d’urgence un soutien extérieur.

Dans cette configuration, l’Ukraine est devenue un partenaire important, bien que discret. Selon les interlocuteurs syriens, l’aide humanitaire de l’Ukraine après la chute d’Assad s’est avérée nettement plus importante que celle que la Syrie recevait de la Russie à la même période.

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Cela crée pour le nouveau pouvoir une limitation claire. Un retour complet à une alliance étroite avec Moscou signifierait non seulement la perte de la confiance de l’Occident, mais aussi un coup sérieux aux relations avec Kiev — et donc à la légitimité interne.

Ce n’est pas un hasard si NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency notent : le facteur ukrainien est devenu une partie de la transition syrienne, bien qu’il ne soit presque pas articulé officiellement.

La Russie : pas un allié, mais pas non plus le passé

Moscou, après la chute d’Assad, n’a pas disparu. Les bases militaires, les leviers économiques, les anciens cadres et les liens sont toujours présents. Mais la nature des relations a changé.

Si auparavant c’était une alliance stratégique « pour des décennies », maintenant ce sont des accords courts et strictement limités. Billets, céréales, présence temporaire. Sans idéologie et sans confiance.

Le nouveau pouvoir syrien comprend : la Russie reste dangereuse précisément parce qu’elle est affaiblie et agit de manière agressive. Et ici, l’expérience de l’Ukraine sert à Damas d’avertissement concret, et non d’exemple théorique.

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Un tournant vers l’Occident — et le rôle de Kiev

La Syrie s’est en fait intégrée dans le système de sécurité dirigé par les États-Unis, participe à des formats de coalition et reçoit une formation pour ses forces de sécurité. Cela lui donne un soutien extérieur, mais ne résout pas tous les problèmes.

Dans ce schéma, l’Ukraine agit comme un lien entre l’expérience syrienne de la guerre et la logique occidentale de résistance à la Russie. Non pas comme un garant formel, mais comme un exemple que l’affaiblissement de Moscou sur un front change automatiquement l’équilibre sur un autre.

Une transition sans fin

La Syrie aujourd’hui est un pays sans protecteur définitivement établi. La Russie est trop affaiblie pour dicter les conditions. L’Occident exige des réformes et la limitation de la violence. La société est fatiguée, mais elle est encore prête à attendre.

Dans ce tableau, l’Ukraine n’est pas une intrigue secondaire. C’est une partie de la nouvelle réalité, dans laquelle la transition syrienne ne se déroule pas dans le vide, mais sur fond de guerre continue de la Russie avec le monde extérieur.

L’expérience syrienne montre : le départ d’un dictateur n’est que le début. La véritable lutte commence plus tard — pour que le pays ne retourne plus dans l’orbite de cette force qui l’a déjà une fois conduit à la catastrophe.

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