Le Venezuela, tout comme l’Iran, se trouve depuis longtemps dans le même camp géopolitique que la Russie. C’est pourquoi les discussions sur le «droit international» dans ce contexte semblent déconnectées de la réalité — c’est précisément Moscou qui l’a systématiquement détruit pendant des années. De ce point de vue, l’opération des États-Unis contre le régime de Nicolás Maduro est perçue non pas comme une action de force abstraite, mais comme un facteur affaiblissant les positions de la Russie sur la scène mondiale. Ce qui signifie — indirectement renforcer la résistance de l’Ukraine.
La logique ici est simple et rigide. Plus vite les régimes amis de Moscou au Venezuela et en Iran s’effondrent, plus la limite stratégique pour la Russie elle-même se rapproche. Non pas pour des raisons morales, mais en raison de la perte de points d’appui et de ressources d’influence. C’est ainsi que le voient de nombreux analystes, indépendamment de leur opinion sur la personnalité de Donald Trump.
אמן.
Dans ce contexte, la réaction mondiale aux actions des États-Unis au Venezuela s’est avérée hétérogène. Le ministère des Affaires étrangères d’Israël s’est abstenu de commenter jusqu’à la fin du sabbat, mais dans les cercles diplomatiques, il n’y a aucun doute : la direction israélienne soutient globalement les actions militaires américaines contre le régime de Maduro. Cela s’inscrit dans un contexte plus large de confrontation avec l’axe irano-russe.
L’Afrique du Sud a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Cependant, les critiques réelles à l’égard de Washington n’ont été exprimées que par un nombre limité d’États. La plupart ont préféré des formulations prudentes ou une position attentiste.
La semaine dernière encore, la Russie et la Chine montraient leur volonté de soutenir Maduro dans sa confrontation avec les États-Unis. Il a été rapporté que peu avant le début de l’opération américaine, le président vénézuélien avait rencontré le représentant spécial de la Chine pour l’Amérique latine. Cependant, il est aujourd’hui évident qu’aucune action réelle n’a suivi les déclarations. Pékin garde le silence, et Moscou parle avec une extrême prudence, ne souhaitant manifestement pas entrer en confrontation directe avec Washington à cause du Venezuela.
Le ministère des Affaires étrangères de la Russie a néanmoins officiellement qualifié les actions des États-Unis d’« acte d’agression armée ». La déclaration parle de « raisons inventées et infondées » pour l’arrestation de Maduro et souligne la nécessité de garantir « le droit du Venezuela à l’autodétermination ». Moscou soutient la convocation du Conseil de sécurité de l’ONU et déclare sa solidarité avec le peuple vénézuélien — une rhétorique bien connue dans d’autres crises.
Parallèlement, aux États-Unis, la procureure générale Pam Bondi a annoncé des accusations contre Maduro dans une affaire de « narco-terrorisme ». Cette démarche fait passer la situation du plan purement militaire au plan juridico-politique et élargit le champ de pression sur le régime.
La réaction d’autres pays s’est avérée révélatrice. La Turquie, qui avait précédemment soutenu Maduro de manière cohérente, évite cette fois une défense directe. La déclaration du ministère turc des Affaires étrangères ne parle que de la nécessité de stabilité et de bien-être pour le peuple vénézuélien — sans la rhétorique tranchante d’autrefois.
Dans l’Union européenne, on souligne que Maduro ne possède pas de légitimité démocratique. Bruxelles ne condamne pas directement les actions des États-Unis, mais exprime son inquiétude quant à l’état de l’ordre juridique international. La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que l’UE suit attentivement l’évolution des événements et insiste sur le respect des normes du droit international.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mis l’accent sur la nécessité de soutenir le peuple vénézuélien et d’assurer une transition pacifique du pouvoir, soulignant l’importance des procédures juridiques — une formule qui reflète l’équilibre traditionnel européen entre principes et politique réelle.
Dans certains pays d’Europe, les réactions varient. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné avec émotion que Londres ne participe pas à l’opération des États-Unis, rappelant l’importance du droit international. L’Espagne a proposé une médiation pour résoudre la crise. En Allemagne, les positions divergent : certains parlementaires critiquent vivement Trump, tandis que la ligne officielle du ministère des Affaires étrangères reste non exprimée.
L’Ukraine a adopté une position attendue. Le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha a déclaré soutenir le droit des peuples à la liberté et à la démocratie, soulignant les violations systématiques du régime de Maduro. Kiev souligne l’importance du droit international, mais voit clairement le lien entre l’affaiblissement des alliés de Moscou et sa propre sécurité.
L’Iran réagit avec retenue. Le guide suprême Ali Khamenei s’est limité à des formulations générales sur le « soutien au peuple » et l’espoir de salut face à « l’ennemi », évitant les menaces directes à l’égard des États-Unis ou la défense ouverte de Maduro. Ce silence est tout aussi révélateur que des déclarations bruyantes.
L’opération des États-Unis au Venezuela est déjà devenue non seulement un épisode régional, mais un élément d’une réorganisation plus large des forces. Les réactions des pays montrent que le monde parle de moins en moins le langage unique des principes et de plus en plus celui des intérêts et des calculs. C’est dans cette logique qu’on considère aujourd’hui les événements en Israël, en Ukraine, et bien au-delà — comme l’écrivent régulièrement НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency.
