Dans le nord d’Israël, il existe un endroit où la guerre avec le Hezbollah se voit non pas à travers les déclarations des politiciens, mais à travers le fer. Là-bas, on rassemble les armes trouvées et capturées par Tsahal dans le sud du Liban : mitrailleuses, mortiers, roquettes, lance-grenades, drones, munitions, ceintures de kamikazes, gilets pare-balles et équipements.
Le 8 mai 2026, le portail israélien « Vesti » a rapporté sur le centre des armes trophées de la Direction des technologies et de la logistique de Tsahal. Le tableau que le correspondant militaire Yair Kraus y a vu ressemble à une histoire condensée de tous les ennemis d’Israël à la fois : armes nazies, traces soviétiques, systèmes antichars russes, fournitures iraniennes et composants chinois.
Ce n’est pas un musée. C’est un centre de travail d’analyse du renseignement.
Chaque unité d’arme ici répond à une question simple : qui, avec quoi et comment a préparé le Hezbollah pour le prochain coup sur le nord d’Israël. Et plus il y a de trophées qui arrivent au centre, plus il devient clair que désarmer le Hezbollah avec des mots, des promesses ou des résolutions ne fonctionnera pas.
Ce que Tsahal a trouvé dans le sud du Liban
Le lieutenant-colonel de réserve Idan Ketler sert depuis environ 20 ans au centre de collecte des armes trophées de Tsahal. Il connaît les arsenaux du Hezbollah non pas par les rapports, mais par des échantillons concrets que les combattants ramènent des grottes, des maisons, des entrepôts, des hôpitaux et des installations civiles dans le sud du Liban.
Selon lui, en une seule semaine, environ 1000 unités d’armes ont été livrées au centre, découvertes par la brigade « Givati » dans l’une des grottes de la région de Bint Jbeil — à environ quatre kilomètres de la frontière israélienne.
Cette distance pour les habitants du nord d’Israël ne sonne pas abstraitement. Quatre kilomètres, ce n’est pas « quelque part là-bas, au Liban ». C’est presque à côté des maisons, des écoles, des kibboutzim, des routes, des fermes et des communautés évacuées de Galilée.
Depuis le 1er mars 2026, lorsque les combats au Liban ont repris après que le Hezbollah s’est rangé du côté de l’Iran dans le cadre de l’opération « Rugissement du Lion », plus de 7500 unités d’armes ont été livrées au centre. Et cela, comme le soulignent les militaires, n’est qu’une partie de ce qui a été trouvé.
Parmi les trophées, il y a des caisses de munitions, des armes légères, des fusils de sniper, des mitrailleuses, des lance-grenades, des missiles antichars « Kornet » et « Fagot », des drones d’attaque, des uniformes, des gilets pare-balles, des casques et des équipements de combat modernes.
L’origine parle d’elle-même : Iran, Chine, Russie.
Une mitrailleuse du Troisième Reich — et des traces de l’armée soviétique
L’un des exposants les plus symboliques est la mitrailleuse MG-34, adoptée par la Wehrmacht en 1934. Idan Ketler montre l’année de fabrication et le marquage nazi.
Sa phrase sonne presque comme une ironie historique amère : « Salut du Troisième Reich ».
La mitrailleuse est ancienne, mais, selon l’officier, elle est en excellent état. Elle a été trouvée dans le sud du Liban. Et le simple fait que des armes de l’époque de l’Allemagne nazie se retrouvent entre les mains d’une organisation terroriste chiite aux frontières d’Israël ne semble pas seulement étrange, mais symboliquement sombre.
L’arme porte un cachet indiquant qu’elle était en possession de l’armée soviétique. Il est probable que cette mitrailleuse ait été un trophée, puis soit passée de main en main pendant des décennies pour finalement se retrouver au Liban — à travers des livraisons militaires, de vieux entrepôts, de la contrebande ou des chaînes de « fraternité ».
Pour Israël, un État créé après la Shoah du judaïsme européen, une telle découverte a une signification particulière. Une arme qui a servi l’armée de Hitler se retrouve presque un siècle plus tard à nouveau près des communautés juives — cette fois entre les mains du Hezbollah.
Pourquoi les trophées du Hezbollah ne sont pas simplement un entrepôt d’armes
Le centre des armes trophées de Tsahal ne fonctionne pas comme une exposition, mais comme un système analytique. Chaque découverte est triée par type, modèle, pays d’origine, état technique et itinéraire possible de livraison.
L’analyse technique est effectuée, entre autres, par le sergent-chef de réserve Ziv de l’unité spéciale YAHALOM. Sa tâche est de vérifier l’échantillon pour les pièges, la fonctionnalité, l’origine et la valeur de renseignement.
Parfois, l’arme semble typique, mais les détails révèlent beaucoup plus : marquage, modification, méthode de stockage, traces de réparation, emballage, éléments électroniques, type de détonateur, méthode de connexion au système de lancement.
Les échantillons particulièrement intéressants sont envoyés au laboratoire. Là, ils sont étudiés plus en profondeur, car certaines choses ne peuvent pas être comprises par l’apparence.
Comme le dit Ziv, on y trouve des choses que « vous ne verrez dans aucun catalogue ». Et c’est une phrase importante. Le Hezbollah ne reçoit pas seulement des armes prêtes à l’emploi. Il les adapte, les cache, les modifie, les combine et les intègre dans l’environnement civil.
Pour les lecteurs de NANouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, ce sujet est important non seulement comme reportage militaire. Le nord d’Israël vit depuis de nombreux mois dans une réalité où la menace du Liban n’est pas une théorie. Les trophées du sud du Liban montrent que derrière chaque sirène, chaque coup et chaque évacuation se cache une énorme infrastructure de terreur armée.
L’armée libanaise « n’a pas vu » ce que Tsahal a trouvé
L’évaluation du lieutenant-colonel Ketler sur le rôle de l’armée libanaise est particulièrement sévère dans ce matériel. Selon lui, c’est elle qui s’est engagée à désarmer le Hezbollah, mais n’a pas réussi à accomplir cette tâche.
« Ce que nous voyons ici, c’est une arme que l’armée libanaise n’a pas vue », explique l’officier.
La phrase sonne sobrement, mais le sens est direct : si Israël ne sort pas ces armes lui-même, personne ne le fera.
C’est une conclusion clé pour le public israélien. Les accords internationaux, les promesses de Beyrouth et les formulations diplomatiques ne détruisent pas une roquette dans une maison, un mortier dans une grotte ou une position de lancement derrière un mur de parpaings. Seule une opération sur le terrain les détruit.
Des armes dans les hôpitaux, les maisons et les jardins d’enfants
Le commandant adjoint de la brigade « Givati », le lieutenant-colonel C., parle franchement : il y a des armes partout dans le sud du Liban. Pas seulement dans les entrepôts et les caches, mais aussi dans l’infrastructure civile.
Selon lui, la plupart des échantillons trouvés étaient cachés parmi des objets qui devaient extérieurement ressembler à une vie ordinaire : maisons, hôpitaux, jardins d’enfants, locaux utilitaires.
L’officier donne un exemple : une mitrailleuse a été découverte lors de l’inspection d’un hôpital dans le sud du Liban. Ailleurs, en entrant dans un bâtiment, les militaires ont vu une roquette pratiquement dans un espace résidentiel. Un mur de parpaings, quelques coups de marteau — et la position est prête pour le lancement.
Ce n’est pas le chaos ni le hasard. C’est un système.
Le Hezbollah a construit pendant des années une infrastructure militaire de telle sorte que l’armée israélienne se retrouve à chaque fois face à un double piège. D’une part, une menace réelle pour les habitants du nord d’Israël. D’autre part, une enveloppe civile qui peut ensuite être utilisée dans la guerre de l’information contre Israël lui-même.
Où ces roquettes étaient-elles dirigées
Le plus difficile dans cette histoire n’est pas la quantité d’armes, mais la direction de leur utilisation possible.
Les militaires expliquent : par la position de la position, on peut tracer une ligne et comprendre sur quelle localité israélienne la roquette ou l’obus devait voler. Ce n’est plus une menace abstraite pour le « nord ». Ce sont des villages concrets, des maisons concrètes, des familles concrètes.
Le lieutenant-colonel de réserve Y., commandant du 7056e bataillon de la 146e division, vit lui-même à Kiryat Shmona. Pour lui, les armes trophées ne sont pas simplement un sujet d’analyse. Il comprend qu’une partie de ces systèmes pourrait avoir été dirigée vers sa maison.
C’est pourquoi ses mots sonnent particulièrement personnellement. Pour obtenir un résultat opérationnel complet, des mois de travail sont nécessaires. Et, selon lui, il est regrettable de voir que le leadership libanais ne fait pas ce qu’il était censé faire.
Tant que les armes restent dans les maisons, les hôpitaux, les grottes et les jardins d’enfants du sud du Liban, il n’y aura pas de sécurité dans le nord d’Israël.
Pourquoi « de nouvelles armes arriveront toujours »
La phrase selon laquelle de nouvelles armes arriveront toujours sonne comme l’une des conclusions les plus désagréables du reportage. Le Hezbollah perdra une partie de son arsenal — et tentera de le reconstituer à nouveau. Ils trouveront un entrepôt — un autre apparaîtra. Ils détruiront un lot — un nouveau arrivera.
C’est ainsi que fonctionne une organisation terroriste qui a des protecteurs extérieurs, des routes d’approvisionnement, une base idéologique et une infrastructure militaire intégrée au territoire libanais.
L’Iran reste la principale source stratégique de force pour le Hezbollah. Les échantillons russes et soviétiques, les éléments chinois, les vieux trophées européens et les drones modernes ne font que montrer à quel point le marché des armes qui alimente la menace aux frontières d’Israël est devenu large.
C’est pourquoi la question n’est pas seulement de savoir combien d’unités d’armes Tsahal a sorties cette semaine. La question est de savoir combien sont encore cachées, combien sont déjà en route sur les routes d’approvisionnement et combien seront cachées dans de nouvelles caches si la pression diminue.
Pour Israël, cela signifie une réalité dure : la sécurité des communautés du nord ne peut pas être externalisée. Ni au Liban, ni aux médiateurs internationaux, ni aux promesses, ni aux documents.
Les trophées du sud du Liban ne sont pas simplement des preuves du passé. C’est un avertissement pour l’avenir.
Une mitrailleuse du Führer, un mortier de Poutine, des roquettes d’Iran et des chaînes d’armes à travers différents pays se combinent en un seul tableau : contre Israël, ce n’est pas un entrepôt séparé du Hezbollah qui fonctionne, mais tout un système où les anciennes guerres, les nouvelles livraisons et l’infrastructure terroriste se rejoignent à la frontière même.
Et si Tsahal ne découvre pas ces caches, ne vérifie pas les grottes, n’entre pas dans les bâtiments et n’évacue pas les armes, elles resteront là où elles ont été cachées : près des maisons israéliennes, dirigées vers le nord du pays.