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La huitième conférence générale du Fatah s’est terminée à Ramallah — le plus grand mouvement palestinien, qui reste l’épine dorsale politique de l’Organisation de libération de la Palestine et domine effectivement les structures de l’Autorité nationale palestinienne en Cisjordanie.

La huitième conférence générale du Fatah s’est tenue du 14 au 16 mai 2026 à Ramallah, au siège présidentiel de l’Autorité palestinienne. Des sessions parallèles ont été organisées à Gaza, au Caire et à Beyrouth pour connecter les délégués de différentes parties de l’espace politique palestinien. La conférence s’est terminée le 16 mai par l’annonce des résultats des élections au Comité central du Fatah et au Conseil révolutionnaire.

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Formellement, il s’agissait d’élections internes : les délégués élisaient le Comité central du Fatah et le Conseil révolutionnaire. Mais en réalité, la conférence est devenue une démonstration de force avant la question principale de la politique palestinienne : qui dirigera le système après Mahmoud Abbas.

Pour Israël, ce n’est pas une bureaucratie interne palestinienne. La composition de la direction du Fatah influence la sécurité de la Cisjordanie, les relations de l’ANP avec Israël, l’avenir de la coordination en matière de sécurité, ainsi que le scénario possible du retour de l’ANP dans la bande de Gaza, où depuis 2007 le pouvoir est détenu par le groupe terroriste Hamas.

Le premier congrès depuis une décennie et la réélection d’Abbas

La conférence du Fatah s’est tenue pour la première fois depuis près de dix ans. Selon l’agence palestinienne WAFA, environ 2 580 membres du mouvement y ont participé, et le travail s’est déroulé non seulement à Ramallah, mais aussi à travers des plateformes parallèles à Gaza, au Caire et à Beyrouth. La participation aux élections aux organes dirigeants, selon les organisateurs, a atteint 94,64%.

Mahmoud Abbas a été réélu à l’unanimité président du Fatah. Il reste également à la tête de l’OLP et de l’Autorité nationale palestinienne. Cette décision n’a pas été une surprise : il n’y avait pas de réelle concurrence pour le poste supérieur à la conférence, et la procédure elle-même a plutôt consolidé la verticale du pouvoir existante.

Mais derrière l’unité apparente se cachait un autre processus. Les délégués ont voté pour des personnes qui pourraient à l’avenir faire partie de la structure de transition après le départ d’Abbas de la scène politique.

C’est pourquoi le principal résultat de la conférence n’a pas été la réélection d’Abbas lui-même, mais la composition du Comité central du Fatah.

Pourquoi c’est important maintenant

Le système palestinien est depuis longtemps en pause politique. Les élections présidentielles n’ont pas eu lieu depuis de nombreuses années, la vie parlementaire est pratiquement gelée, et l’ANP traverse une crise de confiance, une pression financière et une concurrence avec le Hamas.

Dans ce contexte, tout congrès interne du Fatah devient plus qu’un événement partisan.

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Pour le public israélien, la question pratique est importante : qui prendra les décisions à Ramallah demain, si le modèle actuel de pouvoir cesse de fonctionner. Cela pourrait affecter la sécurité en Judée et Samarie, les contacts avec Israël, et les négociations internationales autour de l’avenir de Gaza.

Qui s’est renforcé : Barghouti, Faraj, Rajoub et al-Sheikh

La principale intrigue de la conférence était liée à Hussein al-Sheikh. Beaucoup le considéraient comme l’un des successeurs les plus probables d’Abbas — au moins dans le système de l’OLP et de l’ANP. En avril de l’année dernière, Abbas a nommé al-Sheikh vice-président de l’ANP et vice-président du comité exécutif de l’OLP, ce qui en faisait effectivement l’une des figures clés de la période de transition.

Cependant, les résultats du vote ont montré que ses positions au sein du Fatah ne sont pas incontestées.

Selon les données rapportées dans les médias palestiniens et régionaux, al-Sheikh a obtenu 1 570 voix et s’est classé seulement quatrième sur la liste des élus au Comité central. Pour une personne considérée comme un successeur systémique, ce n’est pas une défaite, mais ce n’est pas non plus un triomphe.

En première position est arrivé Marwan Barghouti — l’un des leaders les plus populaires du Fatah parmi les Palestiniens. Il est en prison en Israël depuis 2002 et purge cinq peines de réclusion à perpétuité pour le meurtre d’Israéliens, ainsi qu’une peine supplémentaire pour participation à la préparation d’attentats.

Son résultat — 1 877 voix — est devenu un signal politique.

Barghouti reste un symbole pour une grande partie de la société palestinienne, malgré son emprisonnement. Pour Israël, sa figure a un tout autre sens : ce n’est pas un politicien abstrait, mais une personne condamnée pour terrorisme et meurtres. Par conséquent, toute discussion sur sa possible libération sera inévitablement perçue en Israël de manière extrêmement douloureuse.

Faraj et Rajoub : le centre de pouvoir au sein du Fatah

Le deuxième résultat a été obtenu par Majed Faraj — chef des renseignements palestiniens. Son élection au Comité central le propulse pour la première fois à un nouveau niveau de légitimité partisane. Reuters a également noté que Faraj faisait partie des nouveaux membres de la direction du Fatah.

Faraj est important non pas comme orateur public, mais comme homme du système de sécurité. Il est lié depuis de nombreuses années à l’appareil de renseignement de l’ANP, aux contacts avec des acteurs extérieurs et à la gestion pratique de la Cisjordanie.

Le troisième était Jibril Rajoub — secrétaire général du CC du Fatah et ancien chef du service de sécurité palestinien. C’est une figure ancienne, reconnaissable et dure, bien connue de la partie israélienne.

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Cette configuration montre que le bloc de sécurité au sein du Fatah conserve un poids important. Barghouti est le symbole de la rue et de la « résistance », Faraj est l’appareil de sécurité, Rajoub est un joueur politico-sécuritaire expérimenté, al-Sheikh est le successeur officiel sur la ligne d’Abbas. Ensemble, ils ne forment pas une équipe unie, mais un champ de lutte future.

Nouveaux visages et anciennes questions sur l’avenir de l’ANP

Parmi les nouvelles figures notables se trouve Yasser Abbas — fils de Mahmoud Abbas, homme d’affaires qui n’a jusqu’à présent occupé aucun poste officiel au sein du Fatah ou de l’ANP. Son élection au Comité central a déjà suscité des discussions sur le fait que l’entourage du président tente de lui préparer un rôle politique. Reuters écrit que l’apparition de Yasser Abbas dans la direction du parti a renforcé les spéculations sur la lutte pour la succession du pouvoir au sein de l’ANP.

C’est un sujet sensible.

La politique palestinienne est depuis longtemps confrontée à des accusations de fermeture, de corruption et de logique familiale-clanique. Abbas lui-même et son entourage rejettent ces accusations, mais l’apparition du fils du président dans l’organe supérieur du parti sera inévitablement perçue comme faisant partie de la lutte pour le contrôle du futur système.

Zakaria Zubeidi — ancien commandant des « Brigades des martyrs d’Al-Aqsa » à Jénine — a également été élu au Comité central. Il a passé de nombreuses années dans les prisons israéliennes, s’est échappé de la prison de Gilboa en 2021 par un tunnel, a été capturé quelques jours plus tard et libéré en janvier 2025 dans le cadre d’un accord pour la libération d’otages israéliens.

Une autre figure notable est Taysir al-Bardini. Il a été condamné pour des activités liées à la branche armée du Fatah et à l’implication dans le meurtre d’un Israélien, puis libéré en 2011 dans le cadre de l’échange de Gilad Shalit.

Il y a aussi une figure civile : le docteur Laila Ghannam, première femme gouverneur de Ramallah. Sa présence dans la liste montre que le Fatah tente de maintenir au moins un équilibre partiel entre les figures de sécurité, les anciens combattants, les apparatchiks et les gestionnaires.

La principale conclusion pour Israël

Les résultats des élections au Fatah montrent : après Abbas, il n’y a pas de successeur incontesté. Il y a plusieurs centres de pouvoir, et chacun d’eux repose sur sa propre légitimité — apparatchik, sécuritaire, familiale, de rue ou symbolique.

Pour Israël, cela signifie de l’incertitude.

D’une part, le Fatah reste le principal contrepoids au Hamas dans la politique palestinienne. D’autre part, dans sa nouvelle direction, on remarque des figures liées à la lutte armée, au passé carcéral et à une symbolique anti-israélienne dure. Cela influencera toute future négociation, échange d’accords et scénarios de gestion de Gaza après la guerre.

Dans ce sens, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère la conférence du Fatah non pas comme une nouvelle interne palestinienne, mais comme un événement qui concerne directement la sécurité israélienne et la politique régionale.

Le signal le plus fort du congrès est le résultat de Marwan Barghouti. Sa première place en fait un facteur que la nouvelle direction du Fatah ne pourra plus ignorer. Même s’il reste en prison en Israël, son nom résonnera dans les futurs arrangements palestiniens, dans les discussions sur le successeur d’Abbas et dans les tentatives possibles de pression sur Israël pour sa libération.

Al-Sheikh a conservé sa place au sommet, mais n’a pas obtenu le résultat qui ferait de lui un successeur évident. Faraj s’est renforcé. Rajoub est resté dans le jeu. Yasser Abbas est entré en politique formelle.

Ce n’est pas la fin de la lutte pour le pouvoir.

C’est seulement son début officiel.