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À Tchernivtsi, un événement s’est produit qui est important non seulement pour la communauté juive de Bucovine, mais aussi pour toute l’Ukraine. Dans la synagogue « Israël » située rue Ukrainienne, 2, une plaque commémorative a été inaugurée pour la première fois dans la ville en l’honneur des Bucoviniens reconnus comme Justes parmi les Nations — des personnes qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont sauvé des Juifs de l’extermination.

Noms des Justes parmi les Nations de Bucovine

Sur la plaque commémorative à Tchernivtsi sont gravés les noms de 12 Bucoviniens qui, pendant l’Holocauste, ont sauvé des Juifs sur le territoire de la région de Tchernivtsi. Leur acte est devenu une partie de la mémoire vivante de la Bucovine et un signe important de gratitude de la part de la communauté juive.

  • Boiko Vasyl (Boiko Vasyl)
  • Boiko Yevdokiia (Boiko Yevdokiia)
  • Vasylkovska Vaselena (Vasylkovska Vaselena)
  • Vasylkovskyi Yozef (Vasylkovskyi Yozef)
  • Zelisko Mariia (Zelisko Mariia)
  • Kovtsun Vasil (Kovtsun Vasil)
  • Kovtsun Kateryna (Kovtsun Kateryna)
  • Kurish Hrygorii (Kurish Hrygorii)
  • Kurish Mykola (Kurish Mykola)
  • Kurish Oleksandra (Kurish Oleksandra)
  • Popovych Trajan (Popovych Trajan)
  • Shcherbanovych Ivan (Shcherbanovych Ivan)

Ces noms sont importants non seulement comme un enregistrement historique. Derrière chacun d’eux se cache un choix humain fait pendant les années de terreur, lorsque l’aide aux Juifs pouvait coûter la vie au sauveteur lui-même et à sa famille. C’est pourquoi la plaque commémorative à Tchernivtsi est devenue non seulement un signe de mémoire, mais aussi un témoignage que la Bucovine se souvient des personnes qui, dans les temps les plus sombres, ont préservé leur conscience et leur dignité.

Cela a été rapporté par Mykhailo Krasovskyi dans « Czernowitzer Zeitung » – journal juif de Tchernivtsi / Ukraine » le 16 mai 2026.

Les noms de 12 habitants de Bucovine sont gravés sur la plaque. Pendant l’Holocauste, ils ont risqué leur propre vie et celle de leurs familles, cachant, nourrissant, avertissant, aidant à fuir et à survivre ceux que la machine nazie condamnait à mort.

Ce n’est pas simplement un signe commémoratif.

C’est le retour des noms du silence.

À la cérémonie solennelle ont participé des dirigeants et des militants d’organisations juives et de sociétés nationales et culturelles, des représentants de diverses confessions religieuses, des personnalités publiques, des historiens locaux, des enseignants d’établissements d’enseignement supérieur, des étudiants universitaires, des journalistes.

Pourquoi l’inauguration à Tchernivtsi est devenue historique

En Ukraine, ce jour-là, au niveau de l’État, on a honoré les personnes qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont sauvé des Juifs. Au total, plus de 2600 citoyens ukrainiens ont le titre de « Juste parmi les Nations » — l’une des plus hautes reconnaissances morales décernées par le mémorial de l’Holocauste israélien « Yad Vashem ».

Pour Tchernivtsi, cette date a pris un sens particulier. La ville, où pendant des siècles ont vécu côte à côte des Ukrainiens, des Juifs, des Roumains, des Allemands, des Polonais, des Arméniens et d’autres peuples, a reçu pour la première fois un signe commémoratif distinct en l’honneur des Justes de Bucovine.

À la cérémonie étaient présents des représentants d’organisations juives, de sociétés nationales et culturelles, de confessions religieuses, des personnalités publiques, des historiens locaux, des enseignants, des étudiants et des journalistes.

Et c’est important.

La mémoire des Justes parmi les Nations n’appartient pas à une seule communauté. Elle unit les gens là où l’histoire pourrait diviser. Elle contient de la douleur, de la gratitude, de la dignité humaine et une question qui résonne particulièrement fort pendant toute guerre : que fait une personne lorsque le mal devient un système ?

Qui sont les Justes parmi les Nations

Le titre de « Juste parmi les Nations » est décerné aux non-Juifs qui, pendant l’Holocauste, ont sauvé des Juifs sans attendre de récompense et en risquant tout.

Dans l’Europe occupée, un tel choix signifiait souvent un danger mortel. Pour avoir caché des Juifs, on pouvait fusiller non seulement le sauveteur lui-même, mais aussi toute sa famille. Pour un morceau de pain, un abri, le silence ou l’aide à la fuite, une personne pouvait payer de sa propre vie.

Et pourtant, de telles personnes existaient.

Elles ne se demandaient pas s’il était avantageux d’aider. Elles ne calculaient pas les conséquences politiques. Elles n’attendaient pas que quelqu’un d’autre fasse le premier pas. Elles comprenaient simplement qu’elles avaient devant elles une personne qu’il fallait sauver.

C’est pourquoi les noms des Justes de Bucovine sur la plaque commémorative à Tchernivtsi ne sont pas seulement une référence historique. C’est une norme morale.

Bucovine, l’Holocauste et la mémoire qui ne doit pas rester dans les archives

Tchernivtsi a toujours été une ville de mémoire complexe. Ici, différentes cultures ne faisaient pas que coexister — elles formaient le tissu urbain, le langage des rues, les histoires familiales, la musique, les écoles, les synagogues, les temples, les marchés et l’environnement universitaire.

Mais le XXe siècle a apporté à la Bucovine non seulement un essor culturel, mais aussi une catastrophe.

Pendant l’Holocauste, la population juive de la région a subi des déportations, des meurtres, des ghettos, des camps, la peur et la destruction de mondes familiaux entiers. De nombreuses histoires sont restées non racontées. Certaines ont été préservées uniquement dans la mémoire des enfants qui ont vu la mort de leurs parents et qui, pendant des décennies, n’ont pas pu en parler sans douleur.

C’est pourquoi la plaque commémorative dans la synagogue « Israël » n’est pas une formalité ni un « événement urbain ».

C’est un signe que la mémoire doit avoir un lieu, une adresse et des noms. Pas seulement dans les livres, pas seulement dans les documents d’archives, pas seulement dans les récits familiaux qui disparaissent progressivement avec les générations de témoins.

Maintenant, ces noms existent dans l’espace urbain.

Pourquoi c’est important pour Israël

Pour le public israélien, l’inauguration d’une telle plaque à Tchernivtsi a une signification particulière.

Israël est construit autour de la compréhension que la mémoire de l’Holocauste n’est pas le passé, mais une partie de la conscience nationale, de la sécurité et de la responsabilité morale. Mais à côté de la mémoire des victimes se tient toujours la mémoire de ceux qui ont sauvé.

Les Justes parmi les Nations rappellent : même dans les temps les plus sombres, l’homme n’est pas complètement privé de choix.

On peut se taire. On peut fermer la porte. On peut se dire que ce n’est « pas ma famille » et « pas mon risque ». Ou on peut cacher un enfant, apporter du pain, avertir d’une rafle, ouvrir une cave, falsifier un document, faire passer une frontière ou simplement ne pas dénoncer.

Au cœur de ce sujet pour NAnewsNouvelles d’Israël | Nikk.Agency, il est particulièrement important de souligner le sens ukraino-israélien de l’événement. Aujourd’hui, alors que l’Ukraine traverse à nouveau la guerre et qu’Israël vit avec son propre traumatisme et une menace constante pour sa sécurité, les histoires des Justes deviennent un pont entre les peuples. Elles parlent non pas le langage de la diplomatie, mais celui de la conscience humaine.

Le signe commémoratif comme réponse à l’indifférence

L’auteur de l’article, Mykhailo Krasovskyi du journal juif de Tchernivtsi « Czernowitzer Zeitung », écrit que l’idée de la plaque commémorative est née d’une demande concrète. Le représentant de la communauté juive de Munich, Viktor Fishman, voulait trouver la maison de la famille Kovtsun, qui avait sauvé des Juifs à Tchernivtsi, pour y installer un signe commémoratif.

La maison n’a pas pu être trouvée.

Mais l’idée elle-même n’a pas disparu. Elle a été élargie : au lieu de la mémoire de deux sauveteurs, il a été décidé de parler de tous les Justes de Bucovine. Ainsi, une initiative privée s’est transformée en un acte de mémoire urbain.

C’est une logique très précise pour un tel sujet. La mémoire commence souvent non pas par de grandes décisions, mais par un nom, une maison, une famille, une question : pourquoi sait-on si peu de choses sur ces personnes ?

C’est ainsi que naissent les mémoriaux qui sont vraiment nécessaires.

Pas de haut en bas, pas pour un rapport, mais par le besoin intérieur de dire : ces personnes ont existé, elles ont sauvé, elles ont pris des risques, et la ville doit se souvenir de leurs noms.

La mémoire pendant une nouvelle guerre

Aujourd’hui, cette plaque à Tchernivtsi résonne particulièrement fort, car l’Ukraine vit à nouveau en temps de guerre. Des civils meurent à nouveau. Des maisons sont à nouveau détruites. La société est à nouveau confrontée à la question de la solidarité, de l’aide, de la peur, du choix et du prix de la dignité humaine.

Les histoires des Justes parmi les Nations n’offrent pas de consolation facile.

Elles ne disent pas que le bien triomphe toujours rapidement. Elles disent autre chose : même lorsque le mal semble total, l’homme peut rester humain.

C’est une leçon importante pour l’Ukraine, pour Israël, et pour toute société confrontée à la guerre, à la haine, à la propagande et à la tentative de dévaloriser la vie d’autrui.

À Tchernivtsi, il y a maintenant un lieu où les noms des Justes de Bucovine sont gravés dans la pierre. Mais le véritable sens de ce signe n’est pas seulement dans la pierre.

Il est dans le fait que ces noms continuent de résonner.

Dans les écoles, dans les communautés, dans les familles, dans les universités, dans les conversations entre Ukrainiens et Juifs, entre Tchernivtsi et Israël, entre le passé et le présent.

Parce qu’un peuple qui se souvient de ses Justes préserve non seulement l’histoire. Il préserve le fondement moral.