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La vidéo de Ayder Muzhdabaev du 19 mai 2026 sur le thème «L’arme pro-palestinienne» de la Russie. «From the river to the sea» — partie de l’axe du Kremlin» est construite autour d’une idée forte : l’hystérie anti-israélienne moderne en Europe, selon l’auteur, n’existe pas indépendamment de la propagande russe, mais fonctionne comme une partie d’une guerre de l’information plus large contre l’Ukraine, Israël et les sociétés occidentales.

Ce n’est pas simplement une discussion sur les slogans, les manifestations ou les débats autour de Gaza.

Muzhdabaev relie plusieurs processus : les tentatives des médias occidentaux d’égaliser la victime et l’agresseur, la montée des mouvements d’extrême gauche et d’extrême droite, la propagande sur TikTok, les anciens schémas antisionistes soviétiques et les récits actuels du Kremlin. Au centre de sa réflexion se trouve la question de savoir pourquoi Israël et l’Ukraine se retrouvent de plus en plus souvent dans la même zone d’attaque de la part de ceux qui parlent d’humanisme mais qui, en pratique, répètent des formules avantageuses pour Moscou.

De quoi parle cette vidéo

Ayder Muzhdabaev commence par un sujet qui est aujourd’hui douloureusement compréhensible pour les Ukrainiens et les Israéliens : comment les médias peuvent changer l’optique de la société.

Après les attaques sur le territoire russe, dit-il, une partie des médias occidentaux commence à écrire sur les souffrances des Russes comme s’il n’y avait pas de lien de cause à effet, pas d’invasion à grande échelle, pas de villes ukrainiennes détruites par des missiles russes, et pas de droit de la victime à résister.

C’est ici que l’auteur établit un parallèle avec Israël.

Selon sa logique, un mécanisme similaire est utilisé contre Israël : d’abord, l’agression et le terrorisme sont mis entre parenthèses, puis l’attention est déplacée uniquement sur les actions de réponse, après quoi la victime commence progressivement à être dépeinte comme le « nouvel agresseur ». Ainsi apparaît une formule pratique pour la propagande : l’Ukraine « est elle-même coupable », Israël « utilise une force disproportionnée », et la véritable source de violence disparaît du cadre.

Pourquoi « Free Palestine » est comparé au « monde russe »

La principale ligne provocatrice de la vidéo est la comparaison du slogan « Free Palestine » dans le format actuel des rues européennes avec l’idéologie du « monde russe ».

Muzhdabaev ne parle pas du droit des gens à compatir avec les civils. Sa critique est dirigée vers une autre construction : lorsque, sous couvert de défense de la Palestine, se répand la haine envers Israël, le déni de la sécurité israélienne, la justification du Hamas ou la tentative de présenter une structure terroriste comme un analogue de l’Ukraine.

Pour l’auteur, c’est un mélange fondamentalement inacceptable.

L’Ukraine, selon lui, se défend contre l’agression russe. Israël se défend contre des forces qui ne reconnaissent pas son droit à exister. Et la tentative de placer l’Ukraine à la place de Gaza, et Israël à la place de la Russie, ressemble à une substitution consciente, avantageuse pour le Kremlin.

L’axe du Kremlin : extrême gauche, extrême droite et ancienne matrice soviétique

L’une des idées centrales de la vidéo est le rapprochement des extrêmes politiques.

Muzhdabaev compare l’extrême gauche et l’extrême droite à deux têtes d’un même aigle impérial. Formellement, ils se querellent entre eux, mais sur les questions de la Russie, de l’Ukraine, d’Israël et de l’agenda anti-occidental, ils commencent de manière inattendue à sonner presque de la même manière.

L’extrême droite promeut souvent la sympathie pour Poutine, l’isolationnisme et le slogan « il ne faut pas aider l’Ukraine ».

L’extrême gauche, selon l’auteur, agit différemment : à travers des slogans pacifistes, des marches anti-israéliennes, une rhétorique antisioniste et une demande constante d’« arrêter la guerre » sans distinction entre l’agresseur et la victime.

Au final, les deux courants travaillent vers un même objectif — affaiblir la capacité des sociétés occidentales à distinguer la défense de l’attaque, le droit à l’autodéfense de l’agression, un pays démocratique d’un projet terroriste ou impérial.

Pourquoi c’est important pour Israël et l’Ukraine

Pour le public israélien, ce sujet est particulièrement aigu.

Israël a déjà été confronté à une situation où, après une attaque terroriste, l’attention internationale se déplace progressivement du crime de l’agresseur aux actions du pays qui répond. L’Ukraine voit un processus similaire : l’agression russe continue, mais de plus en plus de publications et de commentaires apparaissent, où l’on ne discute plus de la cause de la guerre, mais de la réponse « trop dure » de Kiev.

Dans ce contexte, NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère la vidéo de Muzhdabaev comme une partie d’une discussion plus large sur la façon dont la propagande russe fonctionne non seulement à travers les canaux directs du Kremlin, mais aussi à travers des slogans étrangers, des protestations étrangères, une fatigue médiatique étrangère et une émotivité étrangère.

Le principal coup, dont parle l’auteur, n’est pas seulement dirigé contre un pays spécifique.

Il est dirigé contre la capacité de la société à maintenir une clarté morale.

Ce qu’essaie de montrer Ayder Muzhdabaev

La vidéo est construite comme un avertissement.

Muzhdabaev dit que la jeunesse est particulièrement vulnérable face aux courtes vidéos émotionnelles, aux récits TikTok et aux slogans simples, où une guerre complexe se transforme en image : « faible contre fort », « victime contre armée », « peuple contre État ».

Le problème est qu’une telle image devient facilement un outil de manipulation.

Si l’on retire le contexte du 7 octobre, le rôle du Hamas, l’invasion russe en Ukraine, les attaques de missiles, les enlèvements, le terrorisme et l’idéologie de destruction, alors on peut vendre au spectateur n’importe quel schéma inversé. Dans un tel schéma, Israël devient un « agresseur colonial », l’Ukraine — une « nouvelle menace pour la paix », et la Russie a la possibilité de paraître non pas comme la source de la guerre, mais comme l’une des parties d’un conflit global.

C’est précisément ce que l’auteur appelle une dangereuse perte de lien de cause à effet.

Le sens final de la vidéo

La principale conclusion de Muzhdabaev peut être formulée ainsi : le mensonge ronge la société comme un acide.

D’abord, il change le langage.

Ensuite, il change l’émotion.

Puis il change la carte morale : l’agresseur devient une « partie complexe du conflit », la victime — « trop dure », les terroristes — « résistance », et les pays qui se défendent commencent à être accusés d’avoir osé se défendre.

C’est pourquoi la vidéo est importante non seulement comme polémique autour du slogan « From the river to the sea ». Elle est importante comme discussion sur la façon dont le Kremlin peut utiliser des protestations étrangères, des médias étrangers et une naïveté étrangère pour un seul objectif — affaiblir le soutien à l’Ukraine, diaboliser Israël et brouiller la frontière entre le bien et le mal.

Pour l’Ukraine et Israël, cette frontière n’est pas théorique.

Elle passe par le front, les otages, les missiles, les familles des victimes, les villes sous les bombardements et le droit du peuple à ne pas disparaître sous la pression de ceux qui veulent réécrire la réalité par la force.

Qui est Ayder Muzhdabaev et pourquoi sa position est importante pour Israël

Ayder Muzhdabaev est un journaliste ukrainien, publiciste, gestionnaire de médias et l’une des voix tatares de Crimée les plus remarquables dans l’espace d’information ukrainien. Il est né le 8 mars 1972 à Tambov, est d’origine tatare de Crimée, et après le début de l’agression russe contre l’Ukraine, il a pris une position anti-Kremlin cohérente. En 2015, il a déménagé en Ukraine et est devenu directeur adjoint de la chaîne de télévision tatare de Crimée ATR.

Avant de déménager à Kiev, Muzhdabaev a travaillé de nombreuses années dans la presse russe, notamment au journal « Moskovsky Komsomolets », où il était rédacteur en chef adjoint. Son départ du milieu médiatique russe n’a pas été simplement un tournant professionnel, mais un choix politique et moral sur fond d’annexion de la Crimée, de guerre de la Russie contre l’Ukraine et de transformation des médias russes en outil de propagande du Kremlin.

En Ukraine, Muzhdabaev est devenu l’une des voix publiques qui parlent constamment de la Crimée, des Tatars de Crimée, de l’occupation russe, de la guerre, de la propagande et de la responsabilité des sociétés démocratiques face à l’agression. Pour lui, le sujet de la Russie n’est pas une géopolitique abstraite, mais un système de pression, de mensonge et de violence, qui est également dangereux pour l’Ukraine, Israël et l’Europe.

Le lien de Muzhdabaev avec Israël ne semble pas non plus être fortuit. Le 29 janvier 2026, une rencontre créative a eu lieu à Tel Aviv au Centre culturel ukrainien, qui est lié à l’Ambassade d’Ukraine en Israël. La rencontre était consacrée à la guerre, à la Crimée, à la résistance tatare de Crimée, à la propagande russe et à la collecte de dons volontaires pour le bataillon nommé d’après Devlet I Giray.

Pour le public israélien, une telle rencontre avait un sens particulier. Muzhdabaev s’adressait à des personnes qui vivent elles-mêmes dans un pays avec une menace constante de guerre, de terrorisme et de pression internationale. C’est pourquoi sa discussion sur l’Ukraine, la Crimée et la propagande du Kremlin à Tel Aviv ne sonnait pas comme un sujet de politique étrangère lointain, mais comme une partie de la lutte commune des sociétés qui défendent leur droit à l’existence et à la sécurité.

Muzhdabaev a également une ligne personnelle israélienne.

Dans l’un de ses textes, il a écrit que sa sœur Sonia a déménagé en Israël, s’est mariée avec un Israélien originaire de Kiev, et que son enfant a commencé à étudier dans une école israélienne. C’est un détail important : Israël pour lui n’est pas seulement un sujet politique, mais un pays réel où vivent des proches, des familles, des enfants, des rapatriés et ceux qui construisent une vie normale sur fond de menaces constantes.

L’attitude de Muzhdabaev envers Israël dans ses commentaires publics est assez claire : il considère Israël comme un pays qui se défend, et non comme un agresseur. Dans la vidéo sur l’« arme pro-palestinienne » de la Russie, il place l’Ukraine et Israël dans une même ligne de sens — comme des sociétés contre lesquelles fonctionnent des mécanismes de propagande similaires : substitution des causes et des effets, égalisation de la victime avec l’attaquant, pression émotionnelle à travers les médias et tentative de détruire la clarté morale.

C’est pourquoi sa position sur Israël ne sonne pas comme une réplique extérieure d’un commentateur, mais comme une continuation de l’optique anti-Kremlin générale. Muzhdabaev voit dans l’hystérie anti-israélienne non seulement une dispute sur le Moyen-Orient, mais un outil pratique pour la Russie : à travers des slogans, TikTok, des marches de rue, des mouvements d’extrême gauche et d’extrême droite, le Kremlin, selon lui, tente simultanément de frapper Israël, l’Ukraine et les sociétés occidentales.