Le 13 mai 2026, l’ambassadeur d’Israël en Ukraine, Michaël Brodsky, a publié sur les réseaux sociaux le texte de son discours lors d’une réception à Kiev, dédiée à la fête de l’indépendance d’Israël. La réception a eu lieu le lundi 11 mai 2026, après la date officielle de Yom HaAtsmaout, qu’Israël a célébrée en 2026 le soir du 21 avril et le 22 avril.
Le sens principal de ce discours s’est avéré plus large que le protocole diplomatique. Brodsky a parlé non seulement du 78e anniversaire de l’indépendance d’Israël, mais aussi de la manière dont la guerre, les inquiétudes, les technologies de défense et la lutte pour la liberté ont rapproché Israël et l’Ukraine.
« Il y a peu de pays dans le monde qui se comprennent mieux »
Au début de son discours, l’ambassadeur s’est adressé au vice-ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Evgueni Michtchenko, aux invités et aux collègues. Il les a remerciés pour leur participation à la réception et a immédiatement souligné l’idée clé : Israël et l’Ukraine se comprennent aujourd’hui non pas théoriquement, mais à travers une expérience commune de vie sous la menace.
Selon Brodsky, il y a peu de pays dans le monde capables de ressentir aussi bien la situation de l’autre. Ces dernières années, les sirènes d’alerte aérienne ont souvent retenti en Israël et en Ukraine. Pour le public israélien, cette comparaison est particulièrement compréhensible : l’alerte aérienne a cessé d’être une nouvelle et est devenue une partie du quotidien, tant pour les habitants de Sderot, Ashkelon, Tel Aviv ou du nord d’Israël que pour les habitants de Kiev, Odessa, Kharkiv et d’autres villes ukrainiennes.
Brodsky a particulièrement noté que l’Ukraine suit en grande partie le chemin qu’Israël a parcouru en 78 ans d’existence. Il ne s’agit pas de copier, mais d’une logique de survie similaire : lorsqu’un pays est contraint de construire sa défense, ses technologies, ses relations internationales et sa résilience nationale simultanément.
La diplomatie comme la médecine : « ne pas nuire »
L’une des parties les plus fortes du discours était consacrée aux relations entre Israël et l’Ukraine. L’ambassadeur a reconnu que la dernière année a été difficile pour les deux pays, et que des moments complexes ont surgi dans les relations bilatérales.
Cependant, Brodsky a comparé les relations entre Israël et l’Ukraine à celles d’une famille. Dans une famille, il y a des difficultés, parfois l’aide d’un « psychologue familial » est nécessaire, mais la proximité elle-même ne disparaît pas pour autant.
Cette formulation est importante : elle montre que le diplomate n’a pas essayé de lisser tout jusqu’à une phrase protocolaire vide. Il a directement reconnu l’existence de problèmes, mais les a présentés comme faisant partie de relations vivantes, proches et concernées.
Brodsky a rappelé séparément qu’il avait autrefois envisagé de devenir médecin, et a établi un parallèle entre la médecine et la diplomatie. Selon lui, dans les deux domaines, le principe « ne pas nuire » prévaut avant tout. Pendant presque cinq ans de travail en Ukraine, comme il l’a dit, il a essayé de ne pas s’écarter de ce principe.
Pour Israël et l’Ukraine, cela résonne particulièrement. Dans les relations entre les deux pays, il y a effectivement eu des périodes de tension : en raison des attentes de Kiev envers Israël, de la position d’Israël sur les questions de sécurité, de la réaction de l’Ukraine à l’agenda du Moyen-Orient et de la pression générale de la guerre. Mais c’est précisément pour cette raison que la prudence diplomatique devient parfois non pas une faiblesse, mais un moyen de maintenir le contact là où les émotions pourraient tout détruire.
Golda Meir, Kiev et le droit de ne pas être pessimistes
Dans son discours, Brodsky a évoqué Golda Meir, l’une des figures les plus symboliques de l’histoire d’Israël. Elle est née à Kiev, et aujourd’hui cette circonstance prend à nouveau un sens particulier pour le dialogue israélo-ukrainien.
L’ambassadeur a cité sa phrase : « Le pessimisme est un luxe que les Juifs ne peuvent jamais se permettre ». Brodsky a ajouté qu’aujourd’hui ces mots s’appliquent également aux Israéliens et aux Ukrainiens.
À ce moment-là, le discours a cessé d’être uniquement diplomatique. Il est devenu une conversation sur le caractère national de deux sociétés qui vivent sous la menace, mais n’ont pas le droit de construire leur avenir uniquement autour de la peur.
De telles déclarations sont particulièrement importantes aujourd’hui pour le public israélien. NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency note que le thème des relations israélo-ukrainiennes dépasse de plus en plus le cadre de la diplomatie ordinaire : ici se rejoignent mémoire, guerre, histoire juive, sécurité, technologies et la question de savoir comment les pays libres résistent à la pression du terrorisme et de l’agression.
Le mandat de Brodsky touche à sa fin
Le moment le plus personnel a été la reconnaissance par l’ambassadeur de la fin prochaine de son mandat en Ukraine. Brodsky a dit que son travail à Kiev avait été spécial, et a ajouté : il ne regrette qu’une chose — que la paix ne soit pas venue avant la fin de sa mission en Ukraine.
Puis une phrase a été prononcée, qui est devenue un signal politique : « Je m’adresse à ceux dont cela dépend : vous avez encore trois mois. C’est le moment d’intensifier ces efforts ».
Ces mots peuvent être lus comme un souhait diplomatique, mais aussi comme un point émotionnel dans une mission complexe. Brodsky a pris la tête de l’ambassade israélienne en Ukraine en 2021, ce qui signifie qu’une grande partie de son mandat a coïncidé avec la période de la guerre russe à grande échelle contre l’Ukraine. Le fait que son mandat touche à sa fin a déjà été rapporté par des sources ukrainiennes et israéliennes : le nouvel ambassadeur d’Israël en Ukraine devrait être Roi Rosenblit.
Pourquoi ce discours est important
Le discours ne contenait pas de promesses retentissantes ni de déclarations politiques tranchantes. Mais il contenait plusieurs signaux importants.
Premièrement, Israël reconnaît publiquement la résilience ukrainienne et le développement des technologies de défense comme une expérience significative.
Deuxièmement, Brodsky a de nouveau lié Israël et l’Ukraine à travers la réalité commune de la guerre, des inquiétudes et de la lutte pour l’indépendance.
Troisièmement, il a en fait tiré un bilan personnel de son travail à Kiev — sans ton triomphal, mais avec un regret clair que la paix n’est pas venue.
En conclusion, l’ambassadeur a remercié le personnel de l’ambassade, ainsi que les organisations partenaires : Nativ, Keren Kayemeth LeIsrael, Keren HaYesod, Keren HaYedidut, Joint et Sochnut.
Pour Israël, c’était un discours sur l’indépendance. Pour l’Ukraine — sur la guerre et l’espoir. Pour les relations entre les deux pays — un rappel que même dans les périodes difficiles, le lien ne disparaît pas si les deux parties comprennent le prix de la liberté.