La Russie tente à nouveau de jouer sur la peur autour des frappes possibles sur Kiev. Après les attaques contre les raffineries de pétrole russes, l’énergie et les installations de l’industrie militaire, Moscou a intensifié sa rhétorique et a commencé à menacer l’Ukraine de nouvelles frappes sur la capitale.
Mais derrière les déclarations bruyantes du Kremlin peut se cacher non pas de la confiance, mais une réaction nerveuse. La menace d’utiliser le « Oreshnik » contre Kiev représente pour la Russie non seulement un risque militaire, mais aussi politique : ce missile n’est pas une arme précise, et son utilisation possible dans une grande ville peut entraîner des conséquences que le Kremlin aura du mal à contrôler.
Pourquoi Moscou augmente-t-elle à nouveau les enjeux
La tactique russe est bien connue de l’Ukraine : lorsque la guerre revient sur le territoire russe sous forme de frappes sur les dépôts de pétrole, les raffineries, les installations énergétiques et la logistique militaire, le Kremlin tente de répondre non seulement par des missiles, mais aussi par une pression psychologique.
Le sens de ces menaces est de faire en sorte que la société ukrainienne soit nerveuse et que les partenaires internationaux de l’Ukraine doutent de leur soutien futur. À Moscou, on espère que les discussions sur un « nouveau niveau d’escalade » fonctionneront comme une arme à part entière.
Cependant, la logique même de ces déclarations montre autre chose. La Russie réagit aux frappes douloureuses sur ses points vulnérables et tente de reprendre l’initiative, ne serait-ce que dans le domaine de l’information.
Pour le public israélien, le principe familier est important ici : le terrorisme repose souvent non seulement sur la frappe elle-même, mais aussi sur l’attente de la frappe. La menace devient une partie de la pression sur les civils, les diplomates, les entreprises et les politiciens.
Pourquoi le « Oreshnik » est dangereux précisément comme arme de peur
Le « Oreshnik » est présenté par la propagande russe comme un symbole de nouvelle puissance. Mais si l’on enlève le bruit propagandiste, la question principale reste : à quel point une telle frappe sur une métropole sera-t-elle contrôlable.
Le problème est que ce n’est pas une arme de frappe précise. Il s’agit d’un système capable de couvrir une vaste zone, et non de frapper précisément un point choisi. Dans les conditions de Kiev, où se trouvent à proximité des quartiers résidentiels, des missions diplomatiques, des bureaux de sociétés étrangères, des infrastructures et des installations civiles, une telle frappe devient imprévisible.
C’est précisément cela qui peut dissuader Moscou d’utiliser le « Oreshnik » contre la capitale ukrainienne. Pas l’humanité, pas la peur des victimes parmi les Ukrainiens, mais le risque de frapper là où la Russie elle-même ne l’avait pas prévu.
Ce qui peut retenir le Kremlin de frapper Kiev
Kiev n’est pas un objet militaire isolé. C’est la capitale d’un État européen, où travaillent des ambassades étrangères, des organisations internationales, des représentants des entreprises occidentales, des journalistes et des diplomates.
Si un missile imprécis ou ses sous-munitions frappent un objet diplomatique, les conséquences peuvent aller bien au-delà de la guerre russo-ukrainienne. Les ambassades des États-Unis, de la Chine, des pays de l’UE ou d’autres États dont les représentants se trouvent dans la ville pourraient théoriquement être menacées.
Pour le Kremlin, c’est le risque d’un scandale diplomatique qui ne pourra pas être facilement attribué à un « objectif militaire ». Surtout si la frappe entraîne la mort d’étrangers ou la destruction d’un objet lié à une grande puissance.
En ce sens, les menaces russes ressemblent à une tentative d’intimider Kiev, mais pas nécessairement à une volonté d’aller jusqu’au bout. Moscou aime augmenter les enjeux, mais le fait souvent de manière à se laisser un espace de repli.
НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère cette situation précisément dans ce contexte : il ne s’agit pas seulement des caractéristiques techniques du missile, mais du prix politique d’une frappe sur la capitale, où toute erreur peut devenir une crise internationale.
Pourquoi c’est important pour Israël
Les Israéliens comprennent bien la logique des villes vivant sous la menace de missiles et de drones. L’alerte aérienne n’est pas une formalité abstraite, mais un avertissement qui peut sauver des vies.
L’Ukraine est actuellement confrontée à une réalité similaire : les attaques russes peuvent combiner « Shaheds », missiles de croisière, balistique et nouveaux types d’armements. Même si une partie des menaces est utilisée pour la pression psychologique, cela ne signifie pas qu’elles peuvent être ignorées.
Particulièrement dangereuse est la mise de la Russie sur la masse. Moscou peut ne pas atteindre la précision, mais elle tente de surcharger le système de défense aérienne avec le nombre de cibles, différentes trajectoires et des attaques nocturnes.
L’Ukraine doit se préparer à de nouvelles attaques
Même si une frappe du « Oreshnik » sur Kiev reste pour la Russie un scénario risqué, la menace de nouvelles attaques massives ne disparaît pas. Le Kremlin dispose toujours de « Shaheds », de missiles balistiques et de missiles de croisière, et tente d’utiliser les périodes où la défense aérienne ukrainienne manque de munitions.
Par conséquent, la principale conclusion est simple : les déclarations russes ne doivent pas être perçues comme une prévision précise, mais elles ne doivent pas non plus être rejetées comme une simple propagande vide. La guerre a déjà montré à plusieurs reprises que Moscou est capable de combiner bluff, chantage et frappes réelles sur les infrastructures civiles.
Il est important pour les Ukrainiens de réagir aux alertes aériennes, d’avoir à l’avance une réserve d’eau, des chargeurs, des documents, des médicaments et un sac d’urgence minimal. Ce n’est pas de la panique, mais une préparation civile normale dans un pays contre lequel la Russie mène une guerre de missiles.
Ce que l’on sait de la frappe du 24 mai
Dans la nuit du 24 mai, la Russie a utilisé contre l’Ukraine un missile balistique de moyenne portée « Oreshnik ». Selon les forces aériennes ukrainiennes, c’était déjà le troisième cas d’utilisation par l’armée russe de ce type d’armement.
Le missile a été lancé depuis le polygone de Kapustin Yar. La frappe a touché Bila Tserkva dans la région de Kiev, où un impact a été enregistré dans l’un des quartiers de la ville.
Bien que l’objectif principal de l’attaque nocturne ait été annoncé comme étant Kiev, le « Oreshnik » lui-même a probablement été dirigé précisément sur Bila Tserkva. Parmi les cibles possibles, un aérodrome a été mentionné, mais dans le segment OSINT ukrainien, des informations ont émergé selon lesquelles le missile avait touché une coopérative de garages.
Des rapports ont également circulé selon lesquels cette nuit-là, la Russie aurait pu lancer deux « Oreshniks ». Selon les estimations des analystes, l’une des cibles aériennes aurait probablement échoué et serait tombée sur le territoire de la région occupée de Donetsk.
Cela souligne une fois de plus le principal risque : lorsque le Kremlin utilise des armes imprécises et lourdes à proximité de grandes villes, non seulement les cibles déclarées sont menacées, mais aussi les infrastructures civiles, les quartiers résidentiels et les objets internationaux.