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L’Ukraine s’efforce de faire en sorte que le futur tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine ne devienne pas un procès uniquement contre la direction russe. À Kiev, on estime que si l’agression n’était pas seulement une décision de Moscou, mais aussi le résultat de l’aide des alliés de la Russie, alors la responsabilité doit dépasser les limites du Kremlin. Le tribunal doit couvrir non seulement la haute direction de la Fédération de Russie, mais aussi ceux qui ont clairement facilité l’agression russe. Parmi ces participants, elle a nommé la Biélorussie, la Corée du Nord et, peut-être, l’Iran.

C’est ce qu’a déclaré dans une interview à « European Truth » le 5 mai 2026, Irina Mudraïa, adjointe du chef de l’Office du président de l’Ukraine, qui s’occupe de la question de la responsabilité internationale de la Russie.

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Pour Israël, ce sujet ne semble pas lointain. Les régimes qui sont directement ou indirectement liés à la guerre contre l’Ukraine et à l’axe anti-occidental général se retrouvent à nouveau ensemble : la Russie, la Biélorussie, la RPDC et l’Iran. Et c’est précisément l’Iran qui rend cette histoire particulièrement importante pour le public israélien.

Pourquoi l’Ukraine veut élargir le cadre du tribunal

Le futur tribunal spécial doit examiner le crime d’agression — c’est-à-dire le fait même de déclencher la guerre.

Cela diffère de l’enquête sur des crimes de guerre individuels : meurtres, tortures, déportations, frappes sur des cibles civiles.

Selon Mudraïa, plus de 250 000 cas de crimes de guerre ont déjà été enregistrés en Ukraine. Mais le crime d’agression est un autre niveau de responsabilité : il concerne un cercle de personnes beaucoup plus restreint, environ 30 représentants de la haute direction politique et militaire. Au centre de cette construction se trouvent ceux qui ont pris la décision d’attaquer, l’ont préparée et ont lancé le mécanisme de la grande guerre.

C’est pourquoi Kiev ne veut pas se limiter uniquement aux noms de la direction russe. Si d’autres régimes ont fourni un territoire, des armes, des munitions, des missiles, des drones, des spécialistes militaires ou une couverture politique, leur rôle doit également être examiné.

La Biélorussie occupe une place évidente dans cette logique. Son territoire a été utilisé par la Russie pour attaquer l’Ukraine, y compris en direction de Kiev. La Corée du Nord apparaît comme un régime qui aide Moscou avec des ressources militaires. L’Iran est un participant potentiel au soutien de la guerre russe, y compris par le biais de technologies militaires et de composants de drones.

La Haye, Chisinau et les délais : quand le tribunal pourrait-il commencer à fonctionner

Selon Irina Mudraïa, les 14 et 15 mai 2026, lors de la réunion ministérielle du Conseil de l’Europe à Chisinau, l’étape de la décision politique sur la création du tribunal devrait être achevée. Il est prévu de signer un instrument juridique du Conseil de l’Europe — un accord partiel élargi, qui achèvera la préparation de la structure du tribunal.

Le tribunal lui-même devrait, selon les attentes, fonctionner à La Haye. Les Pays-Bas ont déjà désigné un bâtiment spécifique pour la phase initiale — le soi-disant Tribunal Squelette. À cette phase, un comité directeur devrait être en place, chargé de recruter des juges, des procureurs et des enquêteurs.

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Cela signifie que les déclarations politiques retentissantes ne se transforment pas en verdicts en un jour. Mudraïa dit clairement : le travail des procureurs et des enquêteurs, selon les attentes de Kiev, ne commencera pas avant la fin de 2027, voire en 2028. En conséquence, les premiers verdicts ne sont également possibles qu’à partir de 2028.

À ce jour, selon elle, 24 pays ont confirmé leur volonté de rejoindre l’accord, mais Kiev attend au moins 40 États participants. C’est important, car un tel tribunal ne doit pas apparaître comme une initiative ukrainienne isolée, mais comme un mécanisme international de responsabilité pour une guerre agressive.

Pourquoi ce n’est pas seulement symbolique

À première vue, il peut sembler que le procès de Poutine ou de son entourage à La Haye sera principalement symbolique. La Russie est peu susceptible de livrer volontairement ses dirigeants. Une partie des procès pourrait se dérouler par contumace.

Mais dans l’interview, Mudraïa explique : le sens du tribunal ne réside pas seulement dans le fait que le monde verra Poutine personnellement sur le banc des accusés. Ce qui est important, c’est de savoir si le monde est capable de qualifier juridiquement l’agression de crime et de condamner ceux qui l’ont commencée. Selon elle, si l’acte d’agression reste sans réponse, cela deviendra une invitation à de nouvelles invasions.

Pour Israël, cette logique est compréhensible. Lorsque le droit international ne fonctionne pas contre l’agresseur, le prochain pas n’est pas la paix, mais la vérification des limites du possible. Les régimes autoritaires observent attentivement comment se terminent les guerres des autres.

Si l’occupation de territoires, les frappes sur les villes, les déportations et la destruction des infrastructures peuvent être attendues, puis revenir dans la politique mondiale sans punition, c’est un signal dangereux non seulement pour l’Ukraine. C’est un signal pour tout le Moyen-Orient.

L’Iran dans cette histoire n’est pas un détail fortuit

La mention de l’Iran aux côtés de la Russie, de la Biélorussie et de la Corée du Nord est particulièrement importante pour le lecteur israélien. Pour l’Ukraine, l’Iran est un participant potentiel au soutien militaire de l’agression russe. Pour Israël, l’Iran est un ennemi stratégique qui construit un réseau de menaces par le biais de proxys, de missiles, de drones et d’infrastructures militaires autour des frontières israéliennes.

C’est pourquoi le sujet du tribunal spécial dépasse le cadre de la guerre ukraino-russe. Il montre un tableau plus large : autour de Moscou se forme un cercle de régimes qui s’entraident pour contourner l’isolement, soutenir les guerres et tester la solidité du système de sécurité occidental.

NANouvelles — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency considère ce sujet non seulement comme une initiative juridique ukrainienne, mais aussi comme une partie d’une lutte plus large pour la responsabilité internationale. Si l’Iran se retrouve effectivement dans le champ de vision du futur tribunal, cela aura de l’importance pour Israël : pour la première fois dans un tel contexte, la question du rôle de Téhéran pourrait être posée non pas comme « fournisseur » ou « allié », mais comme participant au mécanisme d’agression.

Biélorussie, RPDC, Iran : rôles différents, même résultat

Ces régimes ont des fonctions différentes.

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La Biélorussie a donné à la Russie un espace pour attaquer. La Corée du Nord renforce la machine militaire russe avec des ressources et un soutien politique. L’Iran, si son rôle est prouvé dans le cadre du futur processus, pourrait figurer comme source de technologies, d’armes ou d’autres aides ayant permis à Moscou de poursuivre la guerre.

Mais le résultat global est le même : l’agression russe n’a été rendue possible non seulement par les décisions du Kremlin. Elle repose sur un réseau d’alliés qui estiment que l’ordre international peut être brisé sans conséquences graves.

C’est ce réseau que l’Ukraine tente de sortir de l’ombre.

Pourquoi la Russie a si peur du sujet de la responsabilité

Dans l’interview, Mudraïa souligne séparément : la question de la responsabilité de la Russie n’est pas un sujet de négociation.

Selon elle, l’Ukraine ne prévoit pas d’échanger la justice contre des concessions de négociation, et les partenaires ne demandent pas à Kiev de renoncer à la poursuite juridique de Moscou.

Cela explique la réaction nerveuse de la Russie au sujet du tribunal. Pour le Kremlin, ce ne sont pas seulement les sanctions qui sont dangereuses, ni seulement les actifs gelés. Ce qui est dangereux, c’est la fixation juridique elle-même : qui a commencé la guerre, qui a aidé l’agresseur, qui a donné les ordres, qui a assuré la couverture politique et militaire.

La Russie est habituée à vendre au monde l’idée d’un « conflit complexe », où prétendument toutes les parties sont coupables de quelque chose. Le tribunal détruit cette construction. Il ramène la question au début : qui a attaqué, qui a aidé l’attaque et qui doit en répondre.

Compensations et actifs gelés

Parallèlement au tribunal, l’Ukraine promeut un mécanisme de compensation. Selon Mudraïa, avec les pertes de l’État, des entreprises et des citoyens, il pourrait s’agir de montants supérieurs à 1 000 milliards de dollars. Elle parle également de 300 milliards de dollars d’actifs russes gelés comme d’une source légale possible pour le futur fonds de compensation.

C’est une partie importante de toute la construction. L’Ukraine cherche non seulement des condamnations, mais aussi une responsabilité financière. Pour l’agresseur, la guerre ne doit pas devenir un moyen d’étendre son influence, mais une source de catastrophe politique, juridique et matérielle.

Ce que cela signifie pour Israël

Israël devrait suivre de près la création du tribunal. Pas parce que La Haye résoudra à elle seule toutes les questions de sécurité. Et pas parce que le droit international fonctionne toujours rapidement et équitablement.

Mais parce qu’ici se forme un précédent : l’agression ne doit pas se dissoudre dans des formulations diplomatiques. Les assistants de l’agresseur ne doivent pas se cacher derrière la phrase « nous n’avons pas combattu directement ». Les régimes qui fournissent des armes, ouvrent un territoire, donnent des technologies ou une couverture politique ne peuvent pas rester en dehors du champ de responsabilité.

Pour l’Ukraine, c’est une question de justice après l’agression russe.

Pour Israël, c’est un rappel que l’Iran n’agit pas isolément. Il est intégré dans un camp plus large d’États qui considèrent la faiblesse de l’Occident comme une opportunité de pression, de guerre et de chantage.

Et si le futur tribunal de La Haye touche effectivement non seulement la Russie, mais aussi ses alliés, ce sera un signal important : l’ère de l’impunité doit se terminer non seulement pour Poutine, mais aussi pour ceux qui ont aidé sa guerre.

Tribunal spécial pour l’agression contre l’Ukraine : dates clés et étapes

24 février 2022 — début de l’agression à grande échelle

La Russie a commencé une invasion à grande échelle de l’Ukraine. C’est après cette date que Kiev a commencé à chercher un mécanisme international distinct pour punir ceux qui ont pris la décision d’attaquer.

19 janvier 2023 — résolution du Parlement européen

Le Parlement européen a adopté une résolution appelant à la création d’un tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine.

Lieu : Parlement européen.

17 mai 2023 — Registre des dommages à Reykjavik

Lors du sommet du Conseil de l’Europe à Reykjavik, un Registre des dommages causés par l’agression de la Russie contre l’Ukraine a été créé.

Lieu : Conseil de l’Europe.

Signification : premier élément pratique du futur système de responsabilité et de compensations.

3 juillet 2023 — centre ICPA à La Haye

À La Haye, le Centre international pour la poursuite du crime d’agression contre l’Ukraine — ICPA a commencé à fonctionner.

Lieu : Eurojust, La Haye.

Tâche : collecte de preuves et préparation des dossiers sur le crime d’agression.

9 mai 2025 — accord politique à Lviv

À Lviv, des représentants de 35 États et du Conseil de l’Europe ont convenu de progresser vers la création d’un tribunal spécial. À cette étape, les instruments juridiques ont été pratiquement préparés.

Lieu : Lviv.

Initiateurs : Ukraine, Conseil de l’Europe et pays du Core Group.

14 mai 2025 — demande officielle de l’Ukraine au Conseil de l’Europe

L’Ukraine a officiellement demandé au Conseil de l’Europe de créer un Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine.

Lieu : Conseil de l’Europe.

24 juin 2025 — décision du Comité des ministres du Conseil de l’Europe

Le Comité des ministres du Conseil de l’Europe a autorisé la création d’un accord partiel élargi et a mandaté le secrétaire général du Conseil de l’Europe pour signer un accord bilatéral avec l’Ukraine.

Lieu : Conseil de l’Europe.

25 juin 2025 — signature de l’accord à Strasbourg

L’Ukraine et le Conseil de l’Europe ont signé un accord pour établir un Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine.

Lieu : Strasbourg.

Signataires : Ukraine et Conseil de l’Europe.

15 juillet 2025 — ratification par la Verkhovna Rada

La Verkhovna Rada d’Ukraine a ratifié l’accord entre l’Ukraine et le Conseil de l’Europe sur la création du tribunal spécial.

Lieu : Kiev.

17 octobre 2025 — les Pays-Bas ont confirmé leur volonté d’accueillir le tribunal

Les Pays-Bas ont officiellement confirmé leur proposition d’accueillir le tribunal spécial sur leur territoire à l’étape préparatoire.

Lieu : Pays-Bas.

23 janvier 2026 — accord du Conseil de l’Europe et de l’UE sur le financement

Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne ont signé un accord de financement pour l’équipe avancée — l’équipe de pointe qui doit préparer le lancement du tribunal spécial.

Lieu : Conseil de l’Europe / UE.

2027–2028 — lancement attendu du travail à part entière

Selon l’évaluation ukrainienne, les procureurs et enquêteurs du futur tribunal pourront commencer à travailler au plus tôt fin 2027 ou déjà en 2028.

Tâche de l’étape : passer de la structure organisationnelle à de véritables enquêtes et procédures judiciaires.