Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a prononcé un discours virulent à l’occasion de l’anniversaire du retrait de l’armée israélienne du sud du Liban, et a effectivement refusé de discuter du désarmement de l’organisation selon les conditions de Beyrouth, Washington ou Israël.
Le sens clé de sa déclaration n’était pas seulement une nouvelle attaque contre Israël. Kassem a également frappé l’État libanais lui-même : il a exhorté les autorités à renoncer aux négociations directes avec Israël, a accusé le gouvernement de ne pas être capable de défendre la souveraineté et a déclaré que le peuple avait le droit de descendre dans la rue contre le « projet américano-israélien ».
Pour Israël, c’est un signal important. Il ne s’agit pas simplement de la rhétorique du Hezbollah, mais de la lutte pour savoir qui contrôle le sud du Liban – l’État officiel ou une structure armée pro-iranienne.
Pourquoi la date est importante : que signifie le 26e anniversaire du retrait d’Israël du sud du Liban
Le discours de Kassem était lié à l’une des dates les plus symboliques pour le Hezbollah – le retrait des militaires israéliens du sud du Liban en mai 2000.
Israël a achevé le retrait de ses forces du sud du Liban le 24 mai 2000, se retirant à la frontière internationale conformément à la résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU. Au Liban, cette date s’est ancrée dans la mémoire politique comme le « Jour de la résistance et de la libération », généralement célébré le 25 mai. C’est pourquoi en 2026, il s’agit précisément du 26e anniversaire de ces événements : de mai 2000 à mai 2026, 26 ans se sont écoulés.
Pour le Hezbollah, cette date est depuis longtemps devenue une partie de sa propre légitimation. L’organisation présente le retrait d’Israël comme une preuve de l’efficacité de la « résistance » armée et utilise cet argument chaque fois qu’on lui demande de remettre ses armes à l’État.
Mais pour Israël et une grande partie de la communauté internationale, cette logique semble différente. Après 2000, le sud du Liban n’est pas devenu une zone paisible à la frontière. Au contraire, la question de la présence armée du Hezbollah est devenue une source constante de menace pour le nord d’Israël, pour les habitants de Galilée, pour les kibboutzim frontaliers et pour la souveraineté libanaise elle-même.
Ce qu’a dit Naïm Kassem et pourquoi cela sonne comme un défi pour Beyrouth
Dans son discours, Kassem a déclaré que le Hezbollah ne se rendrait pas et n’accepterait pas la logique du désarmement si, selon lui, cela ouvrait la voie à Israël pour frapper le Liban. Il a présenté les exigences de désarmement de l’organisation comme faisant partie de la pression américano-israélienne sur Beyrouth.
Son attaque contre le gouvernement libanais a été particulièrement virulente. Selon la citation rapportée, Kassem a effectivement déclaré aux autorités : si l’État n’est pas capable d’assurer la souveraineté, il doit partir. Il est allé encore plus loin en parlant du droit du peuple à descendre dans la rue et à renverser le gouvernement dans une confrontation avec le « projet américano-israélien ».
C’est cette partie qui rend le discours particulièrement dangereux. Ce n’est plus simplement un refus de se désarmer. C’est une tentative de traduire le débat sur la sécurité en une pression interne sur les institutions étatiques du Liban.
Le désarmement comme ligne principale du conflit
La pression sur le Hezbollah s’intensifie depuis plusieurs mois. Les États-Unis et Israël exigent que le Liban limite réellement les structures armées hors du contrôle de l’État. En mai 2026, Washington a imposé de nouvelles sanctions contre des politiciens libanais, des forces de sécurité et des personnalités liées au Hezbollah, les accusant de soutenir l’influence de l’organisation sur les institutions étatiques et d’entraver les efforts de désarmement.
La position du Hezbollah reste la même : les armes ne peuvent pas être discutées sous la pression d’Israël, des États-Unis ou dans le contexte des frappes sur le Liban. Kassem avait déjà déclaré que l’organisation ne permettrait pas de se désarmer et était prête à ne parler que d’une « stratégie de défense » plus large, mais pas d’une simple remise de l’arsenal à l’État.
Pour le Liban, c’est une impasse.
L’État essaie de paraître souverain, mais en son sein agit une force qui a sa propre armée, sa propre politique étrangère et son propre lien avec l’Iran.
Pourquoi c’est important pour Israël maintenant
Pour le public israélien, cette histoire est directement liée à la sécurité du nord du pays. Il ne s’agit pas de la politique intérieure lointaine du Liban, mais de savoir si une structure armée qui décide elle-même quand lancer des roquettes, des drones ou des moyens antichars opérera à la frontière avec Israël.
Kassem a déclaré séparément que les drones du Hezbollah continueraient de poursuivre les militaires israéliens dans le sud du Liban. Dans le contexte des rapports sur les frappes continues et les tensions sur le front sud-libanais, cela sonne comme un avertissement direct : l’organisation ne compte pas se retirer dans l’ombre politique et ne considère pas l’étape actuelle comme terminée. Les analyses régionales indiquent également que le Hezbollah s’oppose aux négociations israélo-libanaises et continue de développer le composant drone contre les forces israéliennes.
Dans ce contexte, НАновости — Новости Израиля | Nikk.Agency attire l’attention sur le principal paradoxe : Kassem parle de « souveraineté du Liban », mais refuse en même temps de reconnaître le monopole de l’État libanais sur la force. Autrement dit, la souveraineté dans sa version n’est pas un État fort, mais le droit du Hezbollah à maintenir un centre de pouvoir armé distinct.
Le sud du Liban redevient un point central de risque
Après le retrait d’Israël du sud du Liban en 2000, on s’attendait à ce que la frontière devienne progressivement plus stable. Mais en 26 ans, la région ne s’est pas transformée en une zone frontalière ordinaire. Elle est restée un espace de pression constante, de frappes mutuelles, d’évacuations, de menaces et de manœuvres politiques.
Maintenant, Kassem essaie de ramener l’ancienne formule : « l’arme de la résistance » comme prétendument le seul moyen de protéger le Liban. Mais en réalité, c’est précisément cette arme qui entraîne encore et encore le pays dans un conflit avec Israël, détruit les régions du sud et fait du gouvernement libanais l’otage de décisions qu’il ne contrôle pas toujours.
Pour Israël, la conclusion est évidente : tant que le Hezbollah maintient une infrastructure militaire indépendante, la question de la sécurité du nord ne peut être résolue uniquement par des déclarations diplomatiques.
Ce qui se cache derrière les mots sur les États-Unis et l’Iran
Une partie distincte du discours de Kassem concernait un éventuel accord entre les États-Unis et l’Iran. Sa phrase selon laquelle un tel accord « inclut le Liban » montre comment le Hezbollah voit son rôle : non pas comme un parti libanais interne, mais comme un élément d’un grand accord régional.
C’est un détail important. Si le Liban devient l’objet de négociations entre Washington, Téhéran, Jérusalem et Beyrouth, alors le Hezbollah tente de s’assurer à l’avance un droit de veto. Kassem dit en fait : sans nous, aucune décision sur le sud du Liban ne sera durable.
C’est pourquoi son discours ressemble non pas à un discours défensif, mais à un ultimatum politique.
Formellement, il parle de résistance à Israël. Pratiquement, il avertit le gouvernement libanais que tenter de retirer les armes du Hezbollah pourrait conduire à une pression de rue et à une explosion interne.
Pour Israël, le Liban et toute la région, cela signifie une chose : l’anniversaire du retrait des militaires israéliens du sud du Liban est redevenu non pas une date du passé, mais un rappel d’une guerre inachevée pour le contrôle de la frontière.