Le 22 mars 2026, le prince héritier d’Iran en exil, Reza Pahlavi, a publiquement demandé à Donald Trump et Benjamin Netanyahu de ne pas frapper les infrastructures civiles de l’Iran et de se concentrer sur le régime lui-même et son appareil répressif. Sa déclaration est intervenue dans un contexte d’escalade rapide autour du détroit d’Ormuz et après que Donald Trump a menacé de frapper les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne débloquait pas la navigation dans les 48 heures.
Il a publié cette déclaration le 22 mars sur le réseau social X.
Ce qu’a dit exactement Reza Pahlavi
Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran et l’une des figures les plus en vue de l’opposition iranienne en exil, a déclaré qu’il ne fallait pas réduire l’Iran à la République islamique. Selon sa logique, le pays n’est pas le régime, mais le peuple et l’État futur après le changement de pouvoir. Par conséquent, selon lui, il est nécessaire de continuer à faire pression sur le système actuel, mais sans détruire les infrastructures qui appartiennent à la population civile et qui seront nécessaires pour reconstruire le pays après la chute du régime.
Le sens de son appel est très clair : les frappes sur les infrastructures peuvent affaiblir Téhéran à court terme, mais augmentent en même temps le coût du futur transit pour les Iraniens eux-mêmes. Les centrales électriques, les réseaux, les infrastructures civiles ne sont pas seulement des actifs de l’État, mais aussi le cadre de la vie quotidienne de millions de personnes. C’est cette frontière que Pahlavi a proposé de ne pas effacer.
Cette déclaration est également importante car elle fixe la position d’une partie du camp anti-régime iranien : la lutte contre la République islamique ne doit pas se transformer en guerre contre l’Iran en tant que pays. Pour le public israélien, c’est une nuance fondamentale. Elle montre que même parmi les opposants les plus durs au régime de Téhéran, il y a une demande non pas pour une destruction chaotique, mais pour un démantèlement ciblé du pouvoir.
Pourquoi son appel a-t-il été lancé maintenant
Le contexte est ici difficile. Donald Trump a exigé que l’Iran ouvre complètement le détroit d’Ormuz à la navigation dans les 48 heures, menaçant sinon de frapper les centrales électriques iraniennes. En réponse, Téhéran a menacé de fermer complètement le détroit et d’attaquer les infrastructures énergétiques et hydrauliques des pays du Golfe si les États-Unis mettaient en œuvre ce scénario.
Ainsi, l’appel de Pahlavi n’est pas apparu dans une discussion académique ni à un moment calme, mais en plein milieu d’une crise où la question des infrastructures civiles est déjà devenue l’objet de menaces militaires directes. Dans ce contexte, sa formule — « protéger l’Iran, éliminer le régime » — sonne comme une tentative de séparer l’objectif stratégique des dommages humanitaires et politiques possibles.
Pourquoi cela est-il important pour Israël
Pour Israël, cette histoire ne se résume pas aux paroles d’un politicien d’opposition en exil. Un véritable enjeu stratégique est en jeu : comment faire pression sur l’Iran de manière à affaiblir le régime, mais sans détruire ce qui deviendra ensuite la base de l’Iran post-islamiste.
Israël part depuis longtemps du principe que la principale menace n’est pas le peuple iranien, mais le régime, sa machine militaire, son programme nucléaire, le Corps des gardiens de la révolution islamique et son réseau de proxys dans toute la région. En ce sens, la déclaration de Pahlavi coïncide en partie avec ce que beaucoup en Israël considèrent déjà comme fondamental : si l’objectif est de changer l’équilibre des forces au Moyen-Orient, il faut frapper les centres de répression, la logistique militaire, les nœuds de commandement et l’infrastructure du régime, et non le fondement civil du pays. Ce n’est plus un slogan, mais une question de savoir quel Iran restera après la crise.
Pour les lecteurs de NAnews — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, un autre aspect est également important. Israël vit dans une région où la destruction de l’énergie, de l’eau, des ports et de la logistique dépasse presque instantanément les frontières d’un seul pays. Une frappe sur une grande infrastructure en Iran pourrait provoquer une réponse sur des sites dans les pays du Golfe, sur la navigation, sur les prix du pétrole, sur les marchés et sur la sécurité des Israéliens eux-mêmes. Reuters et AP écrivent directement que la partie iranienne menace déjà les infrastructures énergétiques et hydrauliques des alliés des États-Unis dans la région si Washington frappe le système énergétique iranien.
C’est pourquoi ce sujet n’est pas théorique pour Israël. Ici, le débat ne porte pas sur une abstraction humaniste, mais sur la manière de ne pas transformer une campagne militaire contre un régime dangereux en une réaction en chaîne régionale aux conséquences difficiles à prévoir.
Où se situe la véritable frontière ici
Pahlavi propose essentiellement un cadre : continuer à faire pression, mais ne pas confondre le régime avec l’État et le peuple. En pratique, cela signifie se concentrer sur les structures répressives, les capacités militaires, les chaînes de commandement et l’appareil politique de la République islamique. C’est plus difficile que d’élargir simplement la liste des cibles. Mais c’est précisément cette logique qui donne généralement un résultat politique plus clair et laisse moins de place à la propagande de Téhéran selon laquelle une « guerre d’extermination du peuple » est menée contre lui.
Cependant, il faut être honnête : dans une véritable guerre, il est presque impossible de tracer une ligne absolument stérile. Même les frappes sur des cibles considérées comme stratégiques peuvent toucher l’environnement civil. Par conséquent, la déclaration de Pahlavi n’est pas une instruction technique prête à l’emploi, mais un guide politique. Et aujourd’hui, elle résonne beaucoup plus fortement qu’un simple post sur un réseau social.
Que signifie cet appel dans le contexte d’Ormuz et des menaces de Trump
L’histoire du détroit d’Ormuz rend tout encore plus aigu. Par ce corridor étroit passe une part importante du pétrole et du gaz mondiaux, et toute escalade là-bas devient instantanément un problème mondial. Dans ce contexte, la menace de Trump de frapper les centrales électriques iraniennes et les menaces de Téhéran contre les infrastructures du Golfe montrent que le conflit a déjà dépassé le cadre d’une confrontation purement bilatérale.
C’est pourquoi l’appel de Pahlavi peut être lu comme un signal politique adressé à plusieurs destinataires. À Trump — qu’il ne faut pas remplacer la pression sur le régime par des frappes sur les systèmes de survie de base. À Netanyahu — qu’une partie de l’opposition iranienne attend d’Israël non pas une destruction maximale, mais une frappe précise au cœur du problème. À l’Occident — que même dans le camp des opposants à la République islamique, il y a une compréhension : l’Iran après le régime devra non seulement être libéré, mais aussi reconstruit.
La conclusion finale est simple, bien que désagréable. Pahlavi ne demande pas d’alléger la pression sur Téhéran. Il demande de la rendre plus intelligente. Pour Israël, c’est un moment important : dans la guerre actuelle, la question n’est plus seulement de savoir comment arrêter la menace iranienne, mais aussi de savoir à quoi ressemblera la région le lendemain de l’affaiblissement du régime. Et si cette perspective est vraiment prise au sérieux, alors les mots sur la préservation des infrastructures civiles ne sonnent pas comme de la sentimentalité, mais comme un calcul froid.
