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Le 24 avril 2026, un nouveau scandale politique a éclaté autour de la Biennale de Venise : le jury international de la 61e exposition d’art contemporain a déclaré qu’il ne prendrait pas en compte la Russie et Israël parmi les candidats aux principaux prix — le « Lion d’or » et le « Lion d’argent ». Cependant, les pavillons nationaux des deux pays restent au programme de l’exposition, dont l’ouverture est prévue pour le 9 mai 2026.

Officiellement, la décision du jury est expliquée par une référence à la Cour pénale internationale et aux accusations liées aux dirigeants de ces États.

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En pratique, il s’agit d’une histoire beaucoup plus large : une grande plateforme artistique se retrouve à nouveau au centre d’un débat sur la guerre, la responsabilité, le boycott, la liberté de l’art et les limites de la pression politique.

Pour le public israélien, ce sujet est particulièrement sensible. Israël se retrouve dans ce cas mis sur le même plan que la Russie — un pays qui mène une guerre à grande échelle contre l’Ukraine et utilise la culture comme partie de sa présence diplomatique.

Cette proximité soulève déjà en soi des questions : où se situe la frontière entre une formule juridique, un geste politique et une substitution morale ?

Ce que la Biennale de Venise a décidé

Le jury de la Biennale de Venise a déclaré qu’il s’abstiendrait d’examiner les pays dont les dirigeants, selon la formulation des communications internationales, figurent dans les affaires de la Cour pénale internationale. En conséquence, la Russie et Israël sont effectivement exclus de la course aux principaux prix.

Important : cela ne signifie pas l’exclusion des pavillons de l’exposition.

La Russie et Israël pourront présenter leurs projets, les spectateurs pourront les voir, mais le jury ne considérera pas ces œuvres comme des candidats potentiels aux principaux prix. Ainsi, la biennale a choisi un modèle intermédiaire : ne pas interdire la participation, mais limiter la reconnaissance symbolique.

Pourquoi cela ressemble à un compromis

Les organisateurs de la biennale soulignent que le jury international agit de manière autonome et détermine lui-même les lauréats. Le service de presse de l’exposition a spécifiquement indiqué que l’organisation ne s’immisce pas dans les décisions du jury et ne se réserve pas le droit d’interdire la participation des pavillons nationaux des États reconnus.

C’est ici que surgit le principal conflit.

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D’une part, la biennale tente de conserver son statut de plateforme internationale ouverte. D’autre part, le jury introduit effectivement un filtre politico-éthique qui influence la hiérarchie finale de l’exposition. Les pavillons restent, mais la participation complète à la course aux prix prestigieux n’est plus possible.

Pour l’art, ce n’est pas un détail technique. Le « Lion d’or » de la Biennale de Venise n’est pas seulement un prix, mais un signe de reconnaissance mondiale. L’exclusion des récompenses ne ferme pas les portes du pavillon, mais change le statut du pays au sein de l’événement.

La Russie, Israël et la nature différente des accusations

Dans le contexte ukrainien et européen, l’accent principal est actuellement mis sur le pavillon russe. Après l’invasion à grande échelle de la Russie en Ukraine, la participation de Moscou à de grands événements culturels est perçue non pas comme de la « culture ordinaire », mais comme une question de normalisation politique d’un régime responsable de la guerre, de la destruction des villes, des frappes sur les infrastructures civiles et de la destruction du patrimoine culturel ukrainien.

La Russie n’a pas participé à l’exposition de 2024, et son retour en 2026 a suscité une réaction vive de la part de l’Union européenne, de l’Ukraine, des pays baltes, de la Finlande et d’un grand nombre de personnalités culturelles. Associated Press rapporte que l’UE a déjà annoncé une réduction de la subvention de 2 millions d’euros pour la Biennale de Venise en raison du retour du pavillon russe.

Avec Israël, la situation est différente, mais non moins politisée. La décision du jury est liée aux critiques internationales des actions d’Israël à Gaza et au mandat de la CPI à l’encontre du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Cependant, pour la société israélienne, cette formulation de la question est perçue comme particulièrement douloureuse : Israël mène une guerre après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, et la menace de l’Iran, du Hezbollah et d’autres groupes proxy reste une partie de la sécurité réelle du pays.

Pourquoi la comparaison entre Israël et la Russie suscite de l’irritation

Pour beaucoup en Israël et dans la diaspora juive, l’association « Russie et Israël » dans une même décision semble problématique. La Russie est l’agresseur dans la guerre contre l’Ukraine. Israël, aussi intense que soit le débat international autour de ses actions à Gaza, considère sa guerre comme une lutte contre une infrastructure terroriste après la plus grande attaque contre les Juifs depuis l’Holocauste.

Cela n’annule pas les débats sur le droit, les conséquences humanitaires et la responsabilité des dirigeants politiques.

Mais l’association mécanique de deux pays dans une même formule crée une impression d’équivalence morale, qui devient en soi une déclaration politique. C’est pourquoi la décision du jury sera discutée non seulement dans les cercles culturels, mais aussi dans les contextes diplomatique, juif, ukrainien et israélien.

En ce sens, НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency attire l’attention sur un détail clé : la biennale n’évalue pas simplement l’art, mais participe effectivement à un débat mondial sur qui les institutions internationales considèrent comme un interlocuteur acceptable, qui est un participant problématique, et qui est un symbole d’un retour inacceptable à la normalité.

Réaction internationale : la pression sur la biennale s’intensifie

L’Union européenne a frappé le financement

La mesure pratique la plus sérieuse est pour l’instant liée à la Russie. La Commission européenne a fermement condamné la décision d’autoriser le pavillon russe et a annoncé une réduction de la subvention de 2 millions d’euros, prévue pour une période de trois ans. Selon AP, la biennale a reçu 30 jours pour justifier sa position sur la participation de la Russie.

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C’est un signal important : le débat a dépassé le cadre de la discussion culturelle.

Si auparavant il s’agissait de lettres, de déclarations et de pressions publiques, la question est maintenant passée au niveau de l’argent, des contrats et de la responsabilité institutionnelle. L’Union européenne dit en substance : si la plateforme donne une scène à la présence étatique russe, elle ne peut pas compter sur le même niveau de soutien européen.

La Lettonie, la Finlande, l’Ukraine et les protestations des artistes

La Lettonie a annoncé un boycott de l’ouverture de la biennale le 9 mai, la Finlande limite le format de sa participation tout en maintenant le pavillon russe, et les ministres de la culture et des affaires étrangères de 22 pays se sont prononcés contre le retour de la Russie à l’exposition. Les représentants européens et ukrainiens lient cela non pas à la censure, mais à l’impossibilité de faire semblant que l’État russe reste un participant culturel ordinaire après la guerre contre l’Ukraine.

L’Ukraine a également demandé à l’Italie de ne pas délivrer de visas aux participants russes liés au pavillon. Selon le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha, Kiev a déjà imposé des sanctions contre des individus impliqués dans l’organisation de la participation russe et attend des décisions correspondantes du pays organisateur.

Une pression distincte vient des artistes. Plus de 70 participants ont adressé une protestation à la direction de la biennale contre la participation d’Israël, de la Russie et des États-Unis. Cela montre qu’il n’y a pas de ligne unique au sein du milieu artistique : certains exigent des exclusions et des boycotts, d’autres estiment que l’art doit rester un espace de dialogue même dans les périodes les plus difficiles.

Comment répondent les organisateurs et l’Italie

La Biennale de Venise insiste sur le fait qu’elle n’a pas enfreint les règles et n’a pas le pouvoir d’interdire la participation d’un pays reconnu par la République italienne. Les organisateurs indiquent également que le pavillon russe dans les jardins Giardini appartient historiquement à la Russie, et pour participer, Moscou devait informer le fonds de son intention d’ouvrir une exposition.

En Italie, la réaction est également hétérogène.

Le ministre de la Culture italien Alessandro Giuli, selon les rapports, s’est distancé de la visite du pavillon central et a choisi un voyage à Lviv — un geste symbolique en direction de l’Ukraine. En même temps, le vice-premier ministre Matteo Salvini a critiqué la pression de Bruxelles, et le président de la région de Vénétie Alberto Stefani a qualifié les actions de l’UE d’inacceptables, affirmant que l’art doit créer un espace pour le dialogue culturel.

La Russie, comme d’habitude, a présenté la situation comme une attaque de l’Occident contre la culture. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe Maria Zakharova a qualifié la possible réduction du financement de « pas en arrière » et a accusé l’Occident de « contre-culture ». Pour Moscou, c’est un cadre pratique : au lieu de parler de la guerre contre l’Ukraine — parler de la culture prétendument opprimée.

Mais c’est précisément cela qui fait partie du problème. L’État russe utilise depuis des années les plateformes culturelles comme une force douce, puis exige de séparer l’art de la politique au moment où la politique devient inconfortable.

Ce que cela signifie pour Israël

Pour Israël, la décision du jury de la Biennale de Venise est un signal désagréable. Elle montre que les institutions culturelles internationales passent de plus en plus souvent de critères artistiques universels à des restrictions politiques, et ces restrictions peuvent être appliquées dans des associations très larges et controversées.

Le pavillon israélien reste à l’exposition. C’est important.

Mais l’exclusion de la course aux prix signifie que même avec une présence formelle, le pays fait face à un boycott symbolique. Ce modèle peut se répéter sur d’autres plateformes internationales : pas d’interdiction totale, pas d’exclusion directe, mais une diminution du statut par des décisions de jury, de curateurs, de fonds et de partenaires.

Pour l’Ukraine, la question principale est d’empêcher la normalisation de la présence russe. Pour Israël, c’est de ne pas permettre que la guerre contre les organisations terroristes soit automatiquement placée dans la même catégorie morale que la guerre agressive de la Russie contre l’Ukraine.

C’est précisément à ce carrefour que se trouve la Biennale de Venise actuelle.

Formellement, c’est une exposition d’art contemporain. En réalité, c’est un miroir de la politique internationale de 2026, où les pavillons, les prix, les subventions et les boycotts sont devenus le langage de la diplomatie.