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La visite de Vladimir Poutine en Chine a été l’un des rares déplacements à l’étranger du président russe depuis près de cinq ans de guerre à grande échelle contre l’Ukraine. Il est arrivé à Pékin avec une grande délégation, des déclarations retentissantes sur le partenariat et une démonstration habituelle de proximité avec Xi Jinping.

Mais derrière la belle image persiste l’ancien problème de Moscou : la Chine est prête à soutenir la Russie là où cela est avantageux pour Pékin, mais elle n’est pas pressée de payer les attentes politiques russes par des concessions économiques propres.

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Le principal résultat de la rencontre ne réside pas dans les accords signés, mais dans ce qui ne s’est pas produit à nouveau. La Russie n’a pas obtenu d’accord final sur le gazoduc « Force de Sibérie — 2 » — un projet qui, pour Moscou, devait remplacer la direction énergétique européenne perdue.

Pourquoi Pékin ne se précipite-t-il pas avec la « Force de Sibérie — 2 »

Au sommet, Poutine et Xi ont confirmé le partenariat stratégique, parlé d’amitié, signé plus de 20 accords, y compris des documents sur l’intelligence artificielle et les frontières ouvertes. Formellement, l’image semblait confiante.

Mais l’espoir central de Moscou est à nouveau suspendu.

Il s’agit du projet « Force de Sibérie — 2 ». Ce gazoduc devait aller de la Sibérie occidentale à travers la Mongolie vers la Chine et fournir jusqu’à 50 milliards de mètres cubes de gaz par an. Par son ampleur, il est souvent comparé au « Nord Stream », qui était auparavant la route clé du gaz russe vers l’Europe.

Pour la Russie, ce projet est important non seulement en tant qu’affaire. C’est un symbole politique : montrer qu’après la rupture avec l’Europe, Moscou aurait trouvé un nouveau marché puissant à l’Est.

Mais la Chine ne se précipite pas.

La Chine négocie durement, car elle le peut

Les experts notent : les négociations sur la « Force de Sibérie — 2 » durent depuis longtemps, mais Pékin reste la partie forte dans ce jeu. La Chine comprend que la Russie est devenue beaucoup plus dépendante de la direction orientale après la perte d’une part importante du marché énergétique européen.

C’est pourquoi Pékin ne fait pas de cadeaux à Moscou.

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Le prix, les conditions du contrat et les engagements à long terme restent controversés. Les représentants russes ont déclaré après la visite que les parties étaient « proches » d’un accord, mais c’est précisément ce mot que Moscou prononce déjà depuis un certain temps.

Le sens est simple : la Chine achète des ressources russes, mais veut les acheter à ses propres conditions. Et si la rhétorique politique parle d’une « amitié sans frontières », les négociations énergétiques montrent les frontières très clairement.

Le détroit d’Ormuz n’a pas changé la donne

Même la tension autour du détroit d’Ormuz n’a pas poussé Pékin à accélérer. La logique de la partie chinoise est pragmatique : les risques à court terme au Moyen-Orient ne sont pas une raison de se lier par un contrat énergétique décennal avec la Russie à des conditions défavorables.

Pour Israël, ce moment est également important.

Dans le contexte de la guerre, du facteur iranien et des discussions sur la sécurité des routes maritimes, il est clair que la Chine ne prend pas de décisions stratégiques sous l’influence d’une seule semaine de crise. Elle compte l’argent, les risques, les routes et la dépendance future. En ce sens, Pékin agit plus froidement et plus calculateur que Moscou ne l’avait espéré.

Amitié contre les États-Unis — mais sans cadeaux excessifs à la Russie

La partie politique de la visite avait une apparence différente. Dans la rhétorique de Poutine et Xi, il y avait beaucoup de critiques à l’égard des États-Unis, même si elles n’étaient pas toujours directes.

Les deux dirigeants ont parlé de la lutte contre « l’hégémonie unilatérale ». Poutine a cité Mao Zedong sur « l’impérialisme américain », et la rencontre elle-même ressemblait à une démonstration de front commun contre Washington.

Le contexte ici est particulièrement intéressant : peu avant la visite de Poutine, le président américain Donald Trump s’était rendu à Pékin. On pouvait s’attendre à ce que la Chine adopte un ton plus prudent après cela. Mais c’est le contraire qui s’est produit — le signal à Moscou était chaleureux, et la rhétorique à l’égard des États-Unis est restée dure.

Et pourtant, cela ne signifie pas que la Chine est prête à suivre la Russie jusqu’au bout.

Pékin utilise Moscou, mais ne se dissout pas en elle

La Chine voit en la Russie un partenaire contre la pression américaine, une source de matières premières et un allié politique pratique sur la scène internationale. Mais Pékin ne veut pas devenir un participant mineur à la guerre russe ou payer pour les échecs du Kremlin.

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C’est précisément pourquoi la situation semble ambivalente.

Au niveau diplomatique — embrassades, déclarations, formules conjointes. Au niveau financier — négociations dures. Au niveau de la guerre contre l’Ukraine — soutien non officiel à Moscou, mais sans entrée ouverte du côté russe.

Au milieu de cette histoire NAnewsNouvelles d’Israël | Nikk.Agency voit un signal important pour le public israélien : la Chine n’agit pas par émotion ni par idéologie d’une seule « amitié anti-américaine ». Elle soutient la Russie exactement dans la mesure où cela renforce les positions de Pékin et ne crée pas pour elle un coût excessif.

Ce que cette visite signifie pour l’Ukraine et la guerre

Pour Kiev, la principale question après la rencontre entre Poutine et Xi est de savoir si la ligne chinoise sur la guerre changera. Selon les évaluations des experts, il n’y a pas eu de revirement brusque.

En Occident, la position de la Chine est souvent qualifiée de « neutralité prorusse ». Formellement, Pékin n’est pas un participant à la guerre. Mais l’achat de ressources énergétiques russes, l’exportation de semi-conducteurs et de biens à double usage aident effectivement Moscou à tenir.

Ce n’est pas un soutien militaire maximal, mais ce n’est pas non plus une neutralité pure.

La Chine remplit l’économie russe d’argent par le biais des matières premières et donne simultanément à Moscou accès à des biens technologiques importants. Si Pékin coupait complètement ce soutien, la position de la Russie dans la guerre contre l’Ukraine deviendrait beaucoup plus difficile.

La Chine est satisfaite d’une situation où la Russie ne gagne pas et ne perd pas

L’une des conclusions clés des experts est désagréable pour l’Ukraine : la Chine peut être satisfaite d’un état prolongé de la guerre, dans lequel la Russie ne subit pas de défaite totale, mais n’atteint pas non plus une victoire rapide.

Un tel scénario distrait l’Occident, épuise les ressources des États-Unis et de l’Europe, augmente la dépendance de Moscou envers Pékin et laisse la Chine dans le rôle d’un acteur prudent mais influent.

Si la situation pour la Russie commence à se détériorer brusquement, la Chine peut renforcer son soutien à Moscou. Pas nécessairement ouvertement et bruyamment. Peut-être — par l’économie, la technologie, la logistique et les constructions diplomatiques.

Pour Israël, ce n’est pas non plus un sujet éloigné. Plus la guerre de la Russie contre l’Ukraine reste une partie de la confrontation mondiale, plus elle est liée à d’autres fronts — l’Iran, le Moyen-Orient, la politique américaine, les sanctions, l’énergie et la sécurité des alliés.

Vue ukrainienne : le jugement se fera sur les actions de la Russie

À Kiev, le résultat de la visite est évalué avant tout à travers les actions futures de Moscou. L’orientaliste ukrainienne Natalia Plaksienko-Butyrska estime que la dépendance de la Russie envers la Chine ne fait que croître, et que les résultats réels des négociations ont pu être atteints non pas devant les caméras, mais à huis clos.

Selon sa logique, si après la rencontre il y a une nouvelle escalade, cela signifiera que Poutine a obtenu suffisamment d’air politique pour poursuivre la guerre.

Elle ne s’attend pas non plus à ce que la Chine commence à faire pression sur la Russie pour mettre fin rapidement à l’agression. Pékin pourrait plutôt s’impliquer plus activement lorsque Moscou sera elle-même prête à négocier — y compris sous la pression des frappes ukrainiennes et des contraintes internes.

C’est-à-dire que la Chine pourrait venir non pas comme un médiateur honnête, mais comme une force qui aidera la Russie à sortir de la guerre dans des conditions plus favorables pour Moscou.

Conclusion principale après Pékin

La visite de Poutine chez Xi n’a pas montré la force de la Russie, mais les limites de sa manœuvre.

Moscou peut démontrer son amitié avec la Chine, signer des documents et parler d’un nouvel ordre mondial. Mais quand il s’agit du prix du gaz, des contrats à long terme et des engagements réels, Pékin se comporte comme un partenaire senior qui n’a pas l’intention de sauver le Kremlin à ses propres frais.

Pour l’Ukraine, cela signifie que la Chine continuera probablement à jouer un double jeu : ne pas laisser la Russie perdre trop rapidement, mais ne pas devenir un participant ouvert à la guerre.

Pour Israël, il y a ici une leçon plus large. Les alliances des régimes autoritaires semblent souvent monolithiques uniquement sur les affiches. À l’intérieur, il y a toujours un calcul, un prix et une dépendance. Aujourd’hui, la Russie parle de plus en plus fort de son amitié avec la Chine, mais c’est précisément cette amitié qui montre à quel point Moscou a perdu son autonomie après la guerre contre l’Ukraine.