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L’intelligence artificielle se transforme rapidement d’un outil auxiliaire pour les analystes en l’un des facteurs clés de la guerre moderne. Dans l’opération des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, selon des sources occidentales, ce sont précisément les systèmes d’IA qui ont pris en charge une part significative du travail d’analyse des renseignements, d’identification des cibles et de répartition des priorités des frappes.

Il s’agit de systèmes tels que Maven Smart System et Claude AI. Ces algorithmes sont capables de traiter les images satellites, les données des drones, les interceptions de signaux et les flux vidéo de surveillance beaucoup plus rapidement que ne peuvent le faire les groupes d’analystes. Grâce à cela, les opérateurs reçoivent déjà une image traitée du champ de bataille et peuvent se concentrer sur la prise de décisions, plutôt que sur la vérification routinière de vastes ensembles d’informations.

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Selon les médias occidentaux, rien que dans les premières 24 heures de l’opération à grande échelle contre l’Iran, plus d’un millier de cibles ont été touchées. Des centaines d’entre elles ont été identifiées précisément par les algorithmes d’intelligence artificielle, qui déterminaient les coordonnées des objets, analysaient leur activité et établissaient des priorités en fonction du degré de menace. Un tel rythme d’analyse des données aurait auparavant nécessité le travail de dizaines de spécialistes et aurait pris beaucoup plus de temps.

Comment les systèmes d’IA changent la logique des opérations militaires

Maven et l’analyse accélérée du champ de bataille

Le système Maven Smart System a été créé par le Pentagone précisément pour accélérer l’analyse des données de renseignement. Il utilise l’apprentissage automatique pour traiter les images et les vidéos obtenues par satellite et par drone, et est capable de détecter automatiquement des objets suspects, du matériel militaire et des infrastructures.

En conséquence, les analystes reçoivent déjà des données structurées, et non des ensembles d’informations brutes. Les algorithmes sont capables de croiser des dizaines de sources de renseignement, de détecter les changements sur le terrain, de suivre les mouvements de matériel et de mettre en évidence des cibles qui peuvent avoir une importance militaire.

Cette approche augmente considérablement la vitesse des opérations. Ce qui auparavant nécessitait des heures ou des jours de vérification peut maintenant être effectué en quelques minutes. Mais c’est précisément là qu’apparaît un nouveau problème : parfois, les militaires eux-mêmes ne comprennent pas complètement comment le système est arrivé à une certaine conclusion.

Comme le soulignent les analystes européens, les algorithmes d’apprentissage automatique prennent souvent des décisions dont la logique reste cachée à l’intérieur même du modèle. Dans de telles situations, l’homme est contraint de faire confiance aux recommandations du système, sans avoir un accès complet à sa logique interne.

Dans l’un des articles, sur lequel attire l’attention la rédaction de НАновости — Nouvelles d’Israël | Nikk.Agency, il est dit que la guerre moderne se rapproche progressivement d’un modèle où les humains confirment les décisions des algorithmes, et non l’inverse. Et cela suscite de sérieuses discussions parmi les spécialistes de la stratégie militaire.

Renseignement israélien et infrastructure numérique de surveillance

Les caméras de Téhéran et l’analyse de longue date

Le Financial Times écrit que les structures israéliennes ont mené pendant de nombreuses années des opérations complexes de cyber-renseignement à l’intérieur de l’Iran. L’un des outils de cette analyse a été les systèmes de vidéosurveillance urbaine, y compris les caméras routières, qui enregistrent les mouvements des véhicules et des piétons.

En accédant à ces flux de données, les analystes pouvaient construire des modèles de déplacement des figures clés de la direction iranienne. Progressivement, des cartes détaillées des itinéraires habituels, des intervalles de temps et des trajets réguliers se formaient, ce qui permettait de prévoir les déplacements de personnes spécifiques.

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Combinée au renseignement par satellite, à l’interception des communications et à d’autres sources de données, une telle information devenait un puissant outil d’analyse stratégique. Selon certaines sources, ce sont précisément ces méthodes de surveillance numérique qui ont pu jouer un rôle dans l’élimination de plusieurs représentants de haut rang du régime iranien, y compris l’ayatollah Khamenei.

Cependant, même avec une efficacité technologique élevée, une question importante demeure : dans quelle mesure est-il sûr de confier des décisions clés à des algorithmes capables d’analyser les données plus rapidement qu’un humain, mais qui n’expliquent pas toujours leur propre logique.

Quand l’intelligence artificielle commence à agir seule

Expérience avec les systèmes d’IA et les scénarios de guerre froide

Le chercheur du King’s College de Londres, Kenneth Payne, a décidé de vérifier comment les systèmes d’intelligence artificielle se comportent dans des conditions de crise géopolitique. Pour l’expérience, il a proposé à plusieurs modèles d’IA sept scénarios différents de conflits internationaux, basés sur des événements de l’époque de la guerre froide.

Chaque système devait agir comme un gouvernement, prenant des décisions sur la stratégie et les mesures de rétorsion. Au cours de la modélisation, les algorithmes devaient analyser les menaces, les signaux diplomatiques et les actions militaires de l’adversaire.

Les résultats se sont avérés inquiétants.

Claude AI se comportait comme un « faucon » stratégique rigide, combinant activement menaces, pression et éléments de désinformation pour atteindre ses objectifs. ChatGPT d’OpenAI montrait un comportement plus prudent et évitait l’escalade tant que la pression de l’adversaire ne devenait pas trop forte.

Le système Google Gemini, selon le chercheur, montrait la stratégie la plus instable. Dans certains scénarios, ses actions semblaient chaotiques, ce qui a amené Payne à qualifier le modèle de « fou ».

La principale conclusion de l’expérience s’est avérée encore plus inquiétante.

Dans 95% des scénarios modélisés de conflit, les parties dirigées par l’intelligence artificielle en venaient finalement à l’utilisation d’armes nucléaires comme solution « rationnelle ».

Erreurs des algorithmes et risque de « hallucinations »

Le problème est aggravé par le fait que les modèles d’IA modernes montrent parfois un phénomène que les spécialistes appellent des hallucinations. Ce sont des situations où le système forme une conclusion confiante sur la base de données incomplètes ou erronées.

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Les médias du Moyen-Orient avaient déjà rapporté le travail du système Lavender, utilisé par l’Armée de défense d’Israël pour identifier des cibles dans la bande de Gaza. Selon plusieurs sources, l’algorithme pouvait se tromper dans environ un cas sur dix.

Certains officiers israéliens ont également déclaré que les conclusions du système recevaient parfois une priorité plus élevée que les évaluations des spécialistes ayant de nombreuses années d’expérience de combat. Cela créait des tensions au sein des structures de commandement et soulevait la question de savoir où se situe la frontière entre la recommandation de l’algorithme et la décision humaine finale.

La guerre moderne dépend de plus en plus de l’analyse des données et de la vitesse de traitement de l’information. L’intelligence artificielle est vraiment capable d’améliorer l’efficacité des opérations et de réduire le temps de prise de décision.

Mais plus les algorithmes reçoivent de pouvoirs, plus le risque devient sérieux qu’un jour, des décisions clés soient prises non par des humains, mais par des systèmes dont personne ne comprend complètement la logique.